Les hommes et les femmes ne sont pas égaux face au sida. Une étude publiée ce jeudi 3 décembre dans le journal Plos Pathogens révèle que les femmes ayant un certain mélange de bactéries dans leur vagin peuvent courir un risque beaucoup plus élevé de contracter le VI H. Cela s’explique par le fait que les bactéries consomment des médicaments qui préviennent l’infection par le virus.

La PrEP efficae à seulement 50% chez les femmes

Comme le rapporte 2051.fr, les médicaments prophylactiques oraux pré-exposition (la PrEP) sont efficaces à 90% pour prévenir les infections à VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, mais leur efficacité tombe à 50% ou moins chez les femme s, qu’ils soient pris par voie orale ou vaginale.Une équipe de scientifiques de l’université du Minnesota, aux États-Unis, a donc fait des travaux et découvert qu’il peut y avoir une influence des bactéries vaginales sur le VIH.

Nichole Klatt, en charge de l’étude, estime que le microbiote vaginal pourrait avoir un impact sur les risques de contracter le virus et la capacité à s’en protéger. Dans de nombreux cas, la flore vaginale est dominée par des bactéries saines, les Lactobacilles, qui aident à maintenir une couche muqueuse protectrice qui réduit le risque d’inflammation et d’infection dans le vagin.

Si leur nombre baisse, une communauté bactérienne diversifiée apparaît, y compris des espèces comme les bactéries Gardnerella vaginalis. C’est dans ce type de cas que les femmes peuvent devenir plus vulnérables aux infections sexuellement transmissibles.

Les bactéries de type Gardnerella vaginalis métabolisent les médicaments

L’équipe de chercheurs a mené une série d’études pour voir ce qui se passe lorsque trois médicaments de prévention du VIH sont cultivés avec des microbes prélevés sur différents microbiotes vaginaux. Résultat : deux médicaments – le ténofovir et la dapivirine – ont rapidement commencé à disparaître des diverses cultures. Après 24 heures, les cultures avec majoritairement des bactéries de type Lactobacille avaient le double du niveau des médicaments de prévention du VIH observé dans les autres cultures. 2

Le problème réside dans le fait que les bactéries de type Gardnerella vaginalis métabolisent les médicaments. Ainsi, il se peut que le traitement n’atteigne pas les cellules vaginales qu’ils sont censés protéger. Cela aiderait à expliquer pourquoi les médicaments sont moins efficaces chez certaines femmes, selon Nichole Klatt. L’étude révèle d’importantes lacunes dans la recherche sur la santé des femmes quand on sait qu’un million de femmes contractent le VIH chaque année.

Sources

Les bactéries vaginales peuvent consommer des médicaments de prévention du VIH et exposer les femmes à des risques, 2051.fr, 3 décembre 2020. 

Impact of vaginal microbiome communities on HIV antiretroviral-based pre-exposure prophylaxis (PrEP) drug metabolism, 3 décembre 2020.  

Le microbiome vaginal peut influencer l'efficacité du traitement de prévention de VIH, News Medical, 3 décembre 2020. 

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