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Préménopause : quels symptômes ?

"La transition ménopausique est la période la plus pénible à vivre pour les femmes". La ménopause correspond à une durée d'un an sans règles et intervient à un âge moyen de 51 ans, mais la préménopause ou péri-ménopause est une période que le Dr Odile Bagot, spécialiste en gynéco-obstétrique et psychosomaticienne et auteure de Ménopause, pas de panique !, préfère qualifier de "transition ménopausique". "Il s'agit de la période qui précède cette fameuse ménopause et qui peut durer chez les femmes de un à quatre ou cinq ans", explique la gynécologue. Selon la définition exacte de l'OMS, "la périménopause est la période pendant laquelle apparaissent les signes biologiques et/ou cliniques annonçant l’approche de la ménopause et se poursuivant au moins l’année qui suit les dernières règles".

Ainsi, autant il est facile de définir la ménopause via ses symptômes, autant la périménopause reste dans un certain flou artistique. Quand commence-t-elle ? Combien de temps dure-t-elle ? Que s’y passe-t-il ? Reste-t-il un risque de grossesse ? Beaucoup de questions au sujet de cette période que la gynécologue qualifie de "ménopause transitoire".

Il y a deux types de manifestations de cette période, qui peuvent alterner :

  • soit des périodes d'hypo-œstrogénie, qui se manifestent par la carence en œstrogènes, avec des absences de règles pendant deux, trois ou quatre mois et tous les symptômes de la carence en œstrogènes, à commencer par les bouffées de chaleur. "C'est le symptôme le plus caractéristique sachant que si ça dure dans le temps, on peut avoir des petits soucis de type sécheresse vaginale ou des troubles urinaires", détaille la gynécologue, qui estime que c'est plus rare en période de transition ménopausique. Selon elle, les symptômes les plus fréquents sont "les bouffées de chaleur, éventuellement les troubles de l'humeur et l'insomnie".
  • soit des périodes d'hyper-œstrogénie relative. En transition ménopausique, lorsque la femme a des cycles, ils se caractérisent d’un point de vue hormonal par une carence en progestérone. Bien que le taux d’oestrogène soit normal, la balance entre les deux hormones progestérone/œstrogène penchera du côté des œstrogènes et les symptômes seront ceux d’un excès - en l’occurence relatif - d’œstrogènes. "La femme ne va pas fabriquer plus d'œstrogènes, en réalité elle va être en carence de progestérone. "Une carence qui va faire que l'état ressenti est comme si on avait trop d'œstrogènes", détaille la diplômée de gynécologie psychosomatique.
  1. En pratique, cette carence en progestérone va donner des troubles du cycle avec des règles irrégulières et des règles qui vont se rapprocher.
  2. "Autre conséquence de ce déséquilibre œstro-progestatif, le syndrome prémenstruel peut s'aggraver. Pour rappel, il se caractérise par des mastodynies (douleurs et tensions mammaires), mais aussi des troubles de l'humeur et/ou de la boulimie.
  3. Troisième conséquence : la nature des règles va changer. Leur abondance et leur durée sont prédéterminées par l'imprégnation de l'endomètre par les œstrogènes et la progestérone. "L'endomètre est dit dysfonctionnel et donc ça va saigner trop fort et souvent trop longtemps", explique le Dr Bagot. Elle rappelle que la préménopause n'est pas un arrêt des règles progressif : "soit il y en a plus et on est comme en ménopause, ou alors c'est le bazar avec trop de règles, trop abondantes". "D'autant plus que ce phénomène de ménorragie, c'est-à-dire de règles trop abondantes est accentué du fait que les utérus vont tous évoluer entre 40 et 50 ans vers un mode fibromateux". Le muscle utérin va augmenter de volume, soit globalement, soit sous forme de boules, c'est-à-dire de fibromes". Or ces boules sont une des causes principales de ménorragies.
  4. Des métrorragies, des saignements intempestifs intervenant entre les règles, peuvent également subvenir.

Une période complexe à vivre qui peut avoir une durée très variable selon les femmes...

Sources

Merci au Dr Odile Bagot, médecin gynécologue, ancienne chef de clinique assistant des hôpitaux de Strasbourg, et auteure de "Ménopause, pas de panique !" (éd. Mango).

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