Des escargots responsables d’un type de méningite

Des chercheurs ont mis en évidence un lien entre l’escargot géant africain et une certaine forme de méningite. Cela leur a permis de mettre au point un nouveau test diagnostic rapide et fiable.
Des escargots responsables d’un type de méningiteIstock

Les achatines, ou “escargots géants africains”, sont très répandus aux Antilles. Et ces derniers seraient à l’origine de certains cas de méningite parasitaire. C’est ce qu’a mis en évidence un groupe de chercheurs de l’Institut Pasteur de Guadeloupe et du Centre Hospitalier de la Basse Terre, qui travaillaient en collaboration avec les CHU de Martinique et de Grenoble, dans le cadre du projet MALIN (Maladies Infectieuses en Milieu Insulaire Tropical).

La méningite à Angiostrongylus a une origine parasitaire

Eux-mêmes contaminés par des rongeurs, ces escargots géants transmettraient en fait une infection parasitaire appelée “angiostrongylose”, provoquée par des vers microscopiques. Cette infection peut entraîner des méningites, en particulier chez les personnes fragiles, comme les jeunes enfants. “Nous avons trouvé la présence des vers porteurs de la méningite chez presque 30 % de ces escargots, que nous avons tous dans nos jardins”, précise Antoine Talarmin, directeur de l’Institut Pasteur de Guadeloupe.

La méningite qui résulte de cette contamination est une forme très rare la maladie, dite “à éosinophiles”. En 2013, la Revue Médicale Suisse dénombrait 2800 cas liés à une infection parasitaire à Angiostrongylus cantonensis, depuis 1945. Le malade présente alors les symptômes classiques de la méningite, en particulier un état de fébrilité.

Un diagnostic fiable en 24 à 48 heures

Grâce à cette découverte, les chercheurs ont pu mettre au point “un diagnostic rapide et fiable de la méningite à Angiostrongylus”. Le but étant de prendre en charge ces infections au plus vite, “et de diminuer les risques de séquelles”. Ce nouveau test permet d’établir un diagnostic sur place, en 24 à 48 h. « Avant, nous devions envoyer les prélèvements aux États-Unis, et parfois en Suisse, ce qui allongeait considérablement les délais pour avoir les résultats », précise le chercheur.

Pour Antoine Talarmin, des campagnes de prévention par l’Agence régionale de Santé sont indispensables, afin de limiter le risque de contamination. En attendant, l’ARS recommande d’adopter quelques “bons réflexes” : éviter de manipuler les escargots à mains nues, bien se laver les mains après avoir jardiné, laver correctement les crudités et surveiller les enfants en bas âge.

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