Médicaments : l'ANSM alerte à nouveau sur des effets indésirables sévères avec ces médicaments prescrits pour plusieurs pathologies courantes

Publié par Edouard Korvaul
le 13/05/2026
photo réaliste d'un tiroir à pharmacie contenant des médicaments
New Planet Media
Photo d'illustration
L’ANSM alerte à nouveau sur les médicaments dopaminergiques utilisés contre Parkinson ou le syndrome des jambes sans repos. Des effets secondaires sévères sont encore rapportés. Les signes d'alerte et la conduite à tenir pour sécuriser votre traitement : on vous dit tout.

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de mettre à jour sa documentation destinée aux patients et à leur entourage. Cette démarche s'inscrit dans un objectif de santé publique pour limiter les effets secondaires parfois méconnus de ces thérapies très spécifiques : les dopaminergiques.

Pourquoi l’ANSM alerte sur ces traitements ?

Ces médicaments ont pour fonction de mimer l'action ou d'augmenter la disponibilité de la dopamine. Cette substance naturelle agit directement sur le contrôle des mouvements, de l'humeur et des émotions. Selon l'ANSM, les prescriptions visent généralement trois pathologies majeures. On retrouve en premier lieu la maladie de Parkinson, pour laquelle ces thérapies limitent les raideurs et les tremblements.

Elles sont également indiquées pour traiter le syndrome des jambes sans repos, aussi appelé maladie de Willis-Ekbom, qui provoque un besoin irrépressible de bouger les membres. La troisième cible est l'hyperprolactinémie, qui cause des troubles du cycle menstruel, une infertilité ou une impuissance. Ponctuellement, ces molécules servent aussi à stopper la production de lait maternel à la suite d'un accouchement ou d'une fausse couche.

Dopaminergiques : surveiller les impulsions et les comportements anormaux

Les autorités sanitaires alertent sur les troubles du contrôle des impulsions. Ces comportements compulsifs s'installent souvent à l'insu du patient, même à de faibles posologies ou après des années de prise. L'entourage constate parfois une addiction soudaine aux jeux d'argent et des dépenses compulsives. Les notices mentionnent aussi des troubles du comportement alimentaire. Les patients absorbent de grandes quantités de nourriture, notamment sucrée, très rapidement.

Le développement d'une hypersexualité ou d'une forte agressivité constitue un autre signal majeur, avec des pulsions inadaptées ou des attitudes violentes. Certains malades développent enfin un besoin compulsif de manipuler et trier des objets. Ces désordres touchent jusqu'à 1 patient sur 10 avec certains médicaments comme le pramipexole.

Hallucinations, somnolence et chutes de tension

Ces patients développent parfois un usage compulsif du médicament, marqué par une envie irrépressible d'augmenter les doses. Le risque neurologique comprend des états de confusion et l'apparition d'hallucinations visuelles et auditives. Le traitement altère la vigilance, déclenchant une somnolence diurne sévère ou des endormissements brusques.

Ces molécules influent également sur la pression artérielle. Les malades s'exposent à des étourdissements ou des malaises (hypotension orthostatique) en se levant. Pour éviter les chutes, l'ANSM recommande de s'asseoir d'abord quelques instants avant de se mettre debout lentement. Des nausées et des vomissements surviennent fréquemment au début du traitement. Ne prenez aucun anti-nauséeux classique sans avis médical, sous peine d'aggraver la maladie initiale.

Comment sécuriser son traitement au quotidien ?

Première règle à laquelle il ne faut jamais déroger : le respect strict de l'ordonnance. Maintenez les doses exactes et les horaires fixes pour stabiliser votre équilibre thérapeutique. Impliquez votre famille dans votre suivi. Vos proches repèreront plus facilement les modifications de votre comportement.

Signalez tout effet inhabituel à votre pharmacien ou votre médecin, sans aucune honte. Surtout, ne stoppez jamais le traitement brutalement. Une interruption soudaine déclenche un syndrome de sevrage associant anxiété, douleurs et fatigue intense. Plus grave encore, elle expose au syndrome malin des neuroleptiques, caractérisé par une forte fièvre et une rigidité musculaire, avec un risque de décès. Enfin, bannissez toute automédication pour écarter tout risque d'interaction dangereuse.

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  • Communiqué ANSM
  • Livret ANSM médicaments dopaminergiques
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