Médicaments : les plus gros scandales
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Acomplia® : 10 décès dont 4 suicides, 250 cas graves

Nom : Acomplia®

Principe actif : rimonabant

Quelles étaient les indications de l'Acomplia® ?

Acomplia® était une préparation du labo Sanofi-Aventis, vendue en France dès mars 2007. Très médiatisée, elle a pour indication officielle de faire perdre du poids aux personnes obèses ou aux personnes en surpoids si elles présentent aussi certains troubles tels qu'un diabète de type 2. Ses effets secondaires psychiatriques ont été remarqués bien avant sa mise en vente et surveillés par un suivi de pharmacovigilance.

Combien de temps a-t-il fallu pour le retirer du marché ?

En juillet 2007, Acomplia® est contre-indiqué en cas de dépression ou de prise d'antidépresseurs. Les résultats des études de pharmacovigilance lancées au début de sa mise sur le marché font rapidement pencher la balance bénéfice-risque du médicament du mauvais côté. Acomplia est retiré du marché en octobre 2008 par l'Afssaps et l'Agence européenne du médicament.

Les autorités américaines, plus prudentes, ne l'ont jamais autorisé par manque de preuves de l'innocuité du produit. L'autorisation même du rimonabant, sa molécule, qui a été lourdement controversée en France. Chez nous environ 220 000 patients ont été traités avec Acomplia®.

Quels ont été les dégâts santé de l'Acomplia® ?

1148 notifications d’effets indésirables ont été recueillies (troubles psychiatriques, neurologiques et digestifs) dont 250 cas considérés comme graves par l'Afssaps. Dix décès dus à ce médicament ont été rapportés, dont quatre suicides. (Source : Afssaps)

"Le rimonabant fonctionne différemment des anorexigènes dangereux interdits en 1997, c'est pourquoi il a pu être autorisé", explique le Dr Xavier Jacques, pharmacien. Le rimonabant bloque les récepteurs cannabinoïdes situés dans le cerveau, agissant ainsi sur les réserves de graisses. Mais en agissant sur ces récepteurs, il entraîne des troubles dépressifs qui peuvent être puissants, similaires à ceux rencontrés par les consommateurs de cannabis. Les bénéfices apportés par Acomplia® ont finalement été jugé trop minces par rapport à ce risque psychiatrique.

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Source(s):

(1) DIECKMANN W.J. & Coll. Does administration of diethylstilbestrol during pregnancy have therapeutic value? Am. J. Obst. Gynecol. 1953 

(2) PONS J.C. & Coll. Devenir des grossesses des patientes exposées in utero au diéthylstilbestrol. Enquête du Collège national des gynécologues et obstétriciens français. J. Gynecol. Obstet. Biol. Reprod. 1988 

(3) Bernard Blanc, Florence Bretelle, Aubert Agostini, Le Distilbène® trente ans après, Springer, 2008. 

(4) Bombardier C, Comparison of upper gastrointestinal toxicity of rofecoxib and naproxen in patients with rheumatoid arthritis. VIGOR Study Group. N Engl J Med. 2000 Nov 23;343(21):1520-8, 2 p following 1528.