Médicaments en vente libre : 8 sur 10 posent problème selon 60 Millions de consommateurs
Mal de tête, mal de gorge, rhume, coup de fatigue ou constipation, les Français se tournent spontanément et en masse vers les médicaments et compléments alimentaires vendus sans ordonnance. vers leur officine dès l'apparition d'un mal de gorge, d'un coup de fatigue ou d'un rhume passager. Le hic ? Une majorité de ces médicaments posent de sérieux problèmes d’après le magazine 60 Millions de consommateurs qui a analysé 100 références.
Pourquoi l'automédication séduit-elle les Français ?
Selon un sondage Ifop pour le laboratoire Biogaran daté de 2023, près de 88 % des Français ont déjà eu recours à l'automédication, et sept personnes sur dix l'ont pratiquée au cours des douze derniers mois. Chaque jour, environ un million de personnes franchissent la porte d'une pharmacie pour acheter des traitements de premier recours. D'après l'association NèreS, qui représente les laboratoires, ce marché pèse plus de 3,7 milliards d'euros, représentant plus de 40 % des boîtes délivrées en pharmacie.
Que nous apprend l’enquête de 60 Millions de consommateurs ?
Face à cet engouement, le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible plus de 100 références courantes avec l'appui de spécialistes de santé. Le constat s'avère particulièrement sévère : seulement 15 % des produits évalués obtiennent un avis favorable, associant une efficacité clinique démontrée et un bon profil de tolérance. En parallèle, 44 % des références testées apparaissent superflues, sans danger immédiat mais reposant principalement sur un effet placebo ou encombrées d'additifs. Enfin, l'expertise classe 35 produits dans une catégorie problématique pour la santé, justifiant une mise à l'écart.
Cinq anomalies majeures dans les boîtes sans ordonnance
L'analyse dégage plusieurs motifs d'inquiétude précis. D'abord, des effets indésirables notables menacent les usagers, à l'image des pastilles anesthésiantes pour la gorge susceptibles de favoriser de fausses routes alimentaires, ou de sprays nasaux associés à des risques allergiques. Ensuite, l'absence d'efficacité clinique avérée caractérise de nombreux mélanges à base de plantes. L'enquête relève également des dépassements des seuils toxicologiques, comme des surdosages en vitamine B6 dans des compléments destinés à la ménopause. Certaines formules intègrent aussi des composants inadaptés, telles que des huiles essentielles appliquées sur des muqueuses irritées. Enfin, les notices omettent parfois des avertissements d'importance, à l'exemple des phyto-œstrogènes non signalés pour les femmes ayant des antécédents de cancers hormono-dépendants dans des produits censés soulager des symptômes de la ménopause.
Automédication : comment sécuriser cette pratique ?
L'un des principaux problème de l'automédication réside dans les interactions imprévues. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle ainsi que le paracétamol constitue la première cause d'hépatite médicamenteuse en France, souvent déclenchée par le cumul involontaire de plusieurs boîtes aux dénominations commerciales différentes. Pour écarter ces dangers, l'échange au comptoir reste indispensable. Mentionnez systématiquement l'ensemble de vos traitements en cours à votre pharmacien, y compris les compléments alimentaires et produits de phytothérapie. De même, respectez scrupuleusement une durée de traitement limitée à 3 ou 5 jours sans avis médical et consultez un professionnel dès l'apparition de signes d'aggravation.