Vaccin contre le chikungunya : de graves effets secondaires rapportés par l'Agence du médicament
Le moustique tigre, très bien implanté aujourd’hui partout sur notre territoire y compris en France métropolitaine, est, vous le savez sans doute, à l’origine de maladies vectorielles parfois graves. Le chikungunya en fait partie. Transmise par le moustique tigre, cette infection virale tire son appellation d'un dialecte tanzanien signifiant « marcher courbé », en référence à l'intensité des douleurs articulaires subies. Une maladie qui a connu un pic épidémique inédit en 2025.
Santé publique France rapporte 54 500 cas sur l'île de La Réunion (15 personnes sont décédées) et un record historique dépassant les 770 cas autochtones en métropole. Le moustique vecteur infeste aujourd'hui 81 départements, recouvrant 84 % du territoire hexagonal et facilitant la propagation locale. Santé Publique France note que “depuis le printemps 2025, les autorités sanitaires françaises observent une forte augmentation des arbovirus sur le territoire métropolitain, marquée par une circulation accrue du chikungunya et de la dengue.” Dans ces conditions, le vaccin Ixchiq développé par le laboratoire Valneva soulevait beaucoup d’espoir. Les résultats publiés cette semaine par l’agence du médicament rebattent les cartes.
Un vaccin sous haute surveillance en France, interdit aux Etats-Unis
Les effets indésirables survenant après l’injection déjà documentés ces derniers mois et se confirment. Selon le dernier rapport de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), 62 cas d'effets indésirables ont été signalés sur le territoire français depuis le début de la campagne de vaccination en mars 2025. Parmi ces signalements, les autorités sanitaires identifient 21 cas graves, incluant de multiples hospitalisations et des décès. La grande majorité de ces patients durement touchés présente un profil similaire : des personnes âgées de 65 ans et plus, souffrant de comorbidités chroniques comme l'hypertension ou le diabète. L'agence indique que la plupart des manifestations rapportées s'apparentent à un syndrome dit chikungunya-like, reproduisant fidèlement les symptômes de la maladie naturelle.
Des complications neurologiques et systémiques préoccupantes chez les plus jeunes
Plus préoccupant, des cas d'encéphalite et d'encéphalopathie, une grave inflammation cérébrale, ont été recensés avec une issue parfois fatale. L'Agence européenne des médicaments (EMA) a également confirmé un risque de méningite aseptique, une affection susceptible d'émerger même chez de jeunes adultes en pleine santé. Les spécialistes soulignent un signalement rare de microangiopathie thrombotique, provoquant la formation de caillots sanguins dans les petits vaisseaux chez une patiente sans prédisposition génétique. La forte réactivité immunitaire au produit engendre parfois une dégradation globale de l'état de santé, entraînant de graves malaises et des chutes particulièrement dangereuses pour les patients seniors.
Vaccin Ixchiq : est-il encore recommandé ?
Le vaccin Ixchiq a obtenu son autorisation européenne en juin 2024 mais son déploiement reste toutefois semé d'embûches. Aux États-Unis, la licence a fait l'objet d'une suspension fin août 2025 à la suite de l'apparition de quatre cas sévères. En France, les autorités ont brièvement interrompu les injections pour les seniors en avril 2025 avant de réévaluer le dossier. Ce traitement repose sur l'utilisation d'un virus vivant atténué, raison pour laquelle il demeure formellement contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées.
Récemment, l'organisme européen de régulation a levé ses restrictions d'âge, tout en préconisant d'évaluer « rigoureusement le rapport bénéfice-risque » de façon purement individuelle. Dans tous les cas, l’Agence européenne du médicament (EMA), recommande de consulter immédiatement un médecin en cas de confusion, somnolence, fièvre, maux de tête, convulsions ou raideur de la nuque après avoir reçu une injection.
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