Pourquoi le diabète et l'hypertension artérielle sont-ils les deux principaux responsables de la destruction de vos reins ?

Publié par Edouard Korvaul
le 22/06/2026
femme qui tient un dessin de reins
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Le diabète et l'hypertension artérielle sont les causes majeures de l'insuffisance rénale chronique : découvrez comment ces pathologies usent silencieusement vos reins et apprenez à repérer les signes précoces pour les protéger dès aujourd’hui.
 

Nos reins abattent un travail titanesque en filtrant environ 180 litres de sang chaque jour. Pourtant, cet organe extrêmement résilient se détériore souvent à bas bruit, sans le moindre symptôme évident lors des premières phases de la maladie. Deux coupables en particulier sont trop souvent ignorés : le diabète et l’hypertension.

Diabète et hypertension : un duo responsable de la moitié des cas

En France, les statistiques sont alarmantes. Le diabète et l'hypertension artérielle représentent les deux premières causes de mise en dialyse, avec respectivement 22,4 % et 22,3 % des nouveaux cas enregistrés, selon le rapport de l'Agence de la biomédecine publié en 2024. La Fédération internationale du diabète estime qu'environ 30 à 40 % des personnes diabétiques développent une maladie rénale chronique au cours de leur vie, souvent sans s'en rendre compte avant d'atteindre un stade avancé. Un véritable enjeu de santé publique se dessine : entre 600 000 et 900 000 Français souffrent d'une diminution de leur fonction rénale, mais une grande majorité l'ignore totalement faute de manifestations physiques précoces.

Comment le sucre et la pression usent les reins ?

L'excès persistant de glucose dans le sang déclenche une néphropathie diabétique. L'Assurance maladie indique que le sucre endommage directement les parois des minuscules vaisseaux rénaux. Les reins se retrouvent contraints de filtrer beaucoup plus de sang. Cette hyperfiltration finit par épuiser les reins et provoque des cicatrices fibreuses irrémédiables.

En parallèle, une tension artérielle trop élevée engendre une néphroangiosclérose. Elle exerce une forte pression mécanique sur les capillaires des glomérules, les véritables filtres du rein. Avec le temps, ces vaisseaux durcissent, s'épaississent et se rétrécissent fortement. Privés d'oxygène et de nutriments essentiels, les tissus rénaux meurent. L'atteinte rénale aggrave ensuite l'hypertension, car l'organe ne parvient plus à réguler correctement le volume d'eau et de sel dans le corps, ce qui accélère la destruction des unités filtrantes restantes.

Quatre signes discrets d'un rein qui peine à filtrer

Le corps compense admirablement la perte des premiers néphrons (les unités du reins qui assurent la filtration), si bien que les symptômes visibles n'apparaissent généralement que lorsque 75 % de la fonction rénale est déjà détruite. Soyez très attentif aux œdèmes. Un gonflement des chevilles, des pieds ou des paupières indique que le rein n'élimine plus l'excès de sodium. Pour vérifier la présence de cette rétention d'eau, les médecins utilisent le test du godet : s'ils pressent fermement la peau et que la marque reste visible, les tissus sont gorgés de liquide.

La présence persistante d'urines mousseuses dans les toilettes signale de son côté une protéinurie. Vos filtres sont endommagés et laissent s'échapper les protéines sanguines. De plus, une augmentation anormale des mictions nocturnes traduit une incapacité croissante du rein à concentrer correctement l'urine. Enfin, une baisse d'énergie inexpliquée ou une anémie survient quand les reins peinent à produire l'érythropoïétine (EPO), une hormone indispensable à la fabrication des globules rouges. En présence de ces manifestations, consultez immédiatement votre médecin.

Dépistage et mesures de protection pour agir tôt

Pour les patients diabétiques ou hypertendus, le bilan annuel constitue le seul moyen fiable de surveiller l'état des reins. Le dépistage s'appuie sur une prise de sang classique pour évaluer le débit de filtration glomérulaire via la créatinine, couplée à une analyse d'urine pour repérer la présence anormale d'albumine.

Maintenir une pression artérielle parfaitement stable et une glycémie équilibrée permet de ralentir efficacement, voire de stopper la progression de la pathologie. Adoptez une hygiène de vie protectrice au quotidien en réduisant drastiquement votre consommation de sel à moins de 5 grammes par jour. Hydratez-vous selon vos besoins physiologiques et pratiquez une activité physique régulière pour alléger le travail de filtration de vos reins.

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