Prosopagnosie (trouble de reconnaissance des visages) : symptômes et traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa prosopagnosie se caractérise par une difficulté ou une incapacité à reconnaître les visages. Ce trouble peut être congénital et présent dès l’enfance, apparaître progressivement en raison d’une maladie neurodégénérative ou brutalement à la suite d’une lésion cérébrale aiguë.
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Qu'est-ce que la prosopagnosie ?

La prosopagnosie est caractérisée par une difficulté ou une incapacité totale à identifier les visages. C’est un trouble de la reconnaissance par la vue ou agnosie visuelle. Les personnes atteintes n’arrivent pas à traiter les informations envoyées par les traits du visage pour les associer à un visage connu.

Il existe trois types de prosopagnosies :

  • la prosopagnosie congénitale qui se manifeste dès l’enfance ;
  • prosopagnosie progressive qui s’installe progressivement ;
  • la prosopagnosie acquise qui survient brutalement.

Ce trouble de la reconnaissance est-il fréquent ?

Il est impossible de déterminer avec précision la prévalence de la prosopagnosie. Les personnes atteintes de ce trouble n’en sont pas toutes conscientes ou ne l’évoquent pas. Il existe une compensation du manque de reconnaissance des visages par la voix, le comportement ou la démarche.

Quels sont les symptômes de la prosopagnosie ?   

Les personnes prosopagnosiques ne sont pas toujours conscientes de leur trouble en raison des phénomènes de compensation de reconnaissance par la voix ou la démarche. Parfois, ils en ont conscience, mais ne l’évoquent pas. Les symptômes les plus courants de la prosopagnosie sont l’absence de reconnaissance par les personnes atteintes :

  • des visages de leurs proches, aussi bien sur une photographie qu’en face-à-face ;
  • des visages de personnages publics, que ce soit sur un écran ou une photographie ;
  • de leur propre image dans un miroir.

Elles ont également des difficultés à apparier des visages identiques, mais présentés sous des angles de vue différents : des visages vus sous des conditions d’éclairage différentes notamment. Elles ont aussi du mal à identifier le sexe correspondant au visage, à définir l’expression émotionnelle, à identifier son animal de compagnie...

Quelles sont ses causes ?           

Les causes sont différentes selon le type de prosopagnosie.

La prosopagnosie progressive est due à un processus neurodégénératif, comme dans le cas de la maladie d’Alzheimer.

La prosopagnosie brutale acquise est la conséquence d’une lésion cérébrale, comme :

  • un accident vasculaire cérébral ;
  • un traumatisme crânien ;
  • un hématome intracérébral ;
  • une encéphalite infectieuse ;
  • une tumeur cérébrale ;
  • une lobectomie cérébrale (ablation d’une partie du cerveau).

Quelles sont ses causes ?           © Istock

Facteurs de risques

Les facteurs de risque de la prosopagnosie sont les atteintes neurologiques centrales et les troubles neurodégénératifs.

Personnes à risque

Les personnes à risque de développer une prosopagnosie sont les sujets dont un parent est atteint et les personnes atteintes de dégénérescence cérébrale, comme la maladie d’Alzheimer.

Durée

La prosopagnosie est une maladie chronique et sa durée est celle de sa cause. Elle peut être définitive.

Quelles sont les complications de cette pathologie ?

Il n’existe pas de complication propre à la prosopagnosie en dehors des difficultés sociales qu’elle peut provoquer.

Est-ce un mal contagieux ?

La prosopagnosie n’est pas une maladie contagieuse.

Qui, quand consulter ?

Lorsque le trouble est reconnu par la personne atteinte ou son entourage, il est nécessaire de consulter son médecin traitant qui, après un interrogatoire et un examen clinique précis fera réaliser un bilan ophtalmologique et un bilan neurologique pour en identifier la cause.

Examens et analyses     

Les examens à réaliser en cas de doute sur une prosopagnosie sont :

  • un bilan ophtalmologique pour évaluer l’acuité visuelle ;
  • un bilan neuropsychologique portant sur le fonctionnement intellectuel général, l’attention, la mémoire, le langage, les fonctions exécutives et les capacités visio-perceptives ;
  • un scanner ou une IRM cérébrale à la recherche d’une étiologie organique.

Quels sont les traitements de la prosopagnosie ?

Il n’existe pas encore de traitement médicamenteux pour soigner la prosopagnosie. Une prise en charge psychologique est nécessaire.

Comme l’explique Maria Vinals Garcia, psychologue : « En neuropsychologie, on va faire de test pour connaitre de quel type de prosopagnosie il s’agit, puis des exercices adaptés seront proposés. » Plusieurs techniques d’identification peuvent être utilisées comme le fait de retenir les grains de beauté, se rappeler de la forme du nez, la couleur de cheveux, la taille, etc. pour une identification plus rapide.

Prévention

Aucune mesure de prévention de la prosopagnosie n’existe, en dehors de celles qui permettent de lutter contre les maladies neurodégénératives. Il s’agit essentiellement de mesures hygiéno-diététiques comme :

  • le maintien d’une alimentation saine et équilibrée ;
  • la pratique d’une activité physique régulière ;

Faut-il faire des exercices d'entraînement cérébral ?

Mon conseil de médecin généraliste :

"il est nécessaire de pratiquer régulièrement des activités cérébrales pour « entrainer » son cerveau et éviter le développement des démences, par la lecture, les mots-croisés, les conférences…"

Sites d’informations et associations 

Des sites d’informations et associations sur la prosopagnosie, notamment liée à l’autisme, sont consultables sur internet.