Catherine Laborde : quand “l’aidée prend la place de l’aimée”

Cela fait déjà six longues années que Catherine Laborde se bat contre la maladie à corps de Lewy. Un combat qui n’est pas sans conséquence sur son couple, au sein duquel le verbe aider se superpose au verbe aimer. Elle raconte cette épreuve sans filtre, lors d’une interview poignante.
Catherine Laborde : quand “l’aidée prend la place de l’aimée” Capture TF1Capture vidéo
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Il y a six ans, le mari de Catherine Laborde a décelé les premiers symptômes de la maladie à corps de Lewy qui, désormais, la ronge à petit feu. Une démence neurodégénérative, à mi-chemin entre Alzheimer et Parkinson. C’est la raison pour laquelle, deux ans plus tard, l’ancienne présentatrice météo de TF1 a fait ses adieux à la chaîne.

Ce dimanche, elle est néanmoins revenue devant les caméras, le temps d’une interview bouleversante, accordée à l’émission Sept à Huit. Elle y décrit les symptômes dont elle souffre au quotidien mais, surtout, l’impact de sa pathologie sur sa vie quotidienne et sur son couple.

“J’ai des pertes de mémoire sans arrêt”

“Quand vous me demandez si je vais bien, je vous dirais que oui, quelquefois. Et quelquefois ça ne va pas très bien”, commence Catherine Laborde, en toute honnêteté. Cette dernière ne cache pas, d’ailleurs, qu’elle se sent peu à peu “engloutie” par le monstre de la peur. “La peur qui paralyse, qui empêche”. Et qu’elle a ressenti dès lors qu’elle a compris que sa maladie allait être de plus en plus grave.

“Ça m’a projetée hors du monde des autres humains”, explique l’ex-animatrice de 69 ans. “C’est un état extrêmement pénible, comme si j’avais un poids à porter, que je sois d’accord ou pas. C’est plus que lourd. Il faut me mettre à côté. À côté de ma vie, pas dedans”.

“Quand j’étais petite, je disais ‘je ne veux pas savoir que je vais mourir’. J’ai exaucé le vœu de la petite fille que j’étais”.

Perte de mémoire, déséquilibre, désorientation… des symptômes qui fluctuent

Ses symptômes, qu’elle subit en dents de scie - un peu comme des “montagnes russes” - sont typiques des maladies neurodégénératives. “J’ai des pertes de mémoire sans arrêt. Là je viens de vous parler, je ne sais plus ce que j’avais dit une demi-heure plus tôt”, détaille-t-elle. Elle parle “d’accès de mémoire”, puisque les moments où elle se rappelle succèdent à ceux où les souvenirs lui échappent.

Depuis peu, un autre signe commence à se manifester. “Je ne sais plus, quand je suis dans le noir, si je suis en haut, en bas… J’ai l’impression d’être dans une sorte de machine secouée et je ne sais pas trop où je suis, ni qui je suis. C’est un état d’esprit qui, là aussi, accentue la peur et que je connais depuis très peu de temps”.

Catherine Laborde ne sort plus dans la rue sans son mari

Catherine Laborde dit aussi perdre l’équilibre et trébucher très souvent. D’ailleurs, elle ne sort plus de chez elle sans son mari ou ses filles. “C’est une sécurité dont j’ai besoin maintenant”, précise-t-elle. Une condition qui lui fait ressentir “un désespoir total : comme un enfant qui a perdu ; comme une personne qui n’a plus de lien avec l’extérieur”.

“Le travail du neurologue, c’est d’équilibrer tout ça pour qu’il n’y ait pas de dinguerie apparente, [...] pour rester dans le monde des vivants”. Parfois, elle se sent mieux. Dans les bras de son mari, notamment, où elle décrit qu’elle tremble moins. “Ça me rassure”. Mais la maladie n’est pas dénuée d’impact sur son couple, comme nous vous le dévoilons à la page suivante…

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Source(s):

Catherine Laborde, mon couple face à la maladie, Sept à Huit, 4 octobre 2020. 

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