Une Anglaise de 28 ans s’est présentée aux urgences, car elle souffrait d’une infection oculaire. Depuis cinq jours, elle était sujette, en effet, à une sévère irritation de l'œil avec d’importantes rougeurs et des écoulements. Le rapport médical, publié dans le New England Journal of Medicine, dévoile que la patiente était en fait infectée par un variant rare de la variole qui avait touché son chat auparavant.

Les médecins craignaient qu’elle ne perde la vue de manière définitive

Après le premier examen, les médecins ont rapporté de nombreux symptômes tels qu’un gonflement péri-oculaire et des chémosis (œdèmes à l'oeil). La jeune femme a reçu de multiples traitements antibiotiques et anti-viraux, normalement administrés pour les conjonctivites. Mais cela s’est révélé inefficace : les manifestations infectieuses ont empiré. Sa paupière montrait des signes de cellulite orbitaire (infection des tissus de l'orbite postérieure). Par ailleurs, les tissus de son œil montraient des signes de nécrose.

Une canthotomie d'urgence (incision à la commissure des paupières) a été réalisée pour décompresser l’orbite oculaire. Le tissu nécrotique a également été débridé dans le but d'assainir l'œil dans sa globalité. “Nous avions peur que l'infection endommage définitivement sa vision, ou qu’elle se propage au-delà de l'orbite” déclare Dr. Miles Kiernan, ophtalmologiste au Royal Free Hospital de Londres et responsable de la prise en charge de la patiente.


Cowpox : la variole bovine responsable de l’infection

La jeune femme n’était pas la seule malade. Son chat aussi avait des lésions aux pattes et à la tête. Les médecins ont donc décidé d’étudier des échantillons provenant de ces blessures ainsi que de l'œil infecté. Les analyses ont révélé la présence d’un orthopoxvirus (famille des virus responsables de la variole), plus particulièrement du cowpox (CWPX). Ce dernier correspond au virus de variole bovine aussi connue sous le nom de vaccine. Des examens génétiques plus approfondis ont permis d’affirmer que la Britannique était infectée par cet agent pathogène.

Dans les semaines qui ont suivi la première prise en charge, la patiente a subi de nouvelles opérations chirurgicales afin de sauver son œil. Son traitement de Técovirimat (médicament antiviral) a également été prolongé. Six mois après l’intervention, son acuité visuelle était revenue à 20/20. L’Anglaise conserve toutefois un ptosis résiduel (affaissement de la paupière) et une légère restriction des mouvements extra-oculaires.

La variole bovine peut infecter différents animaux comme les chats, les vaches ou les humains. Elle est de plus en rare chez les bovins et le principal réservoir est établi dans la population de rongeurs. Les chats et autres animaux de compagnie peuvent être infectés lorsqu’ils tuent des petites espèces porteuses du virus (souris, rats, musaraignes…). Toutefois, la transmission du virus des félins à l’homme est plutôt rare, rassure le Dr.Kiernan.

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Sources

https://www.livescience.com/cowpox-eye-infection-cat.html

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMicm2033620

mots-clés : Infection des yeux
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