Une récente découverte marque la fin d’une énigme médicale en Savoie. Cela faisait 10 ans que l’on enregistrait un nombre anormalement élevé de cas de maladie de Charcot vers la commune de La Plagne-Tarentaise, sans quel le corps médical puisse expliquer pourquoi. D’après une étude franco-américaine, publiée dans le Journal of Neurological Sciences, cette “épidémie” pourrait être due à la consommation d’un champignon toxique : le gyromitre géant.

Tous les malades avaient mangé un champignon toxique

La sclérose latérale amyotrophique, autre nom de la maladie de Charcot, “est une maladie neurodégénérative grave qui se traduit par une paralysie progressive des muscles impliqués dans la motricité volontaire”, définit l’Inserm. “Elle affecte également la phonation (la production de sons) et la déglutition”. La plupart du temps, elle entraîne le décès du patient au bout de 3 à 5 ans, en atteignant les muscles respiratoires.

Entre 1991 et 2013, pas moins de quatorze cas de SLA ont été enregistrés dans un rayon de quelques kilomètres autour de La Plagne-Tarentaise. Ce taux, vingt fois supérieur à la moyenne française, n’a pas manqué d’alerter les scientifiques.

Cinq chercheurs, dont Emmeline Lagrange, neurologue au CHU de Grenoble, et Peter Spencer, toxicologue à l'université de l'Oregon aux États-Unis, se sont penchés sur cet étrange phénomène. Ils ont découvert que tous les malades avaient consommé du gyromitre géant (ou “fausse morille”) au cours de leurs vies. D’après leurs conclusions, l’ingestion de ce champignon toxique, qui pousse à l’état naturel dans ce secteur, a été l’élément déclencheur de la maladie.

Un phénomène similaire s’était produit sur l’île de Guam

Avant cette découverte, plusieurs hypothèses avaient été avancées pour expliquer ce taux élevé de cas de maladie de Charcot. Notamment, la pollution liée à des pesticides ou des métaux lourds, ou la présence de radon dans les habitations. Elles avaient néanmoins été écartées par les experts.

Pour découvrir qu’un champignon était finalement en cause, le chercheur américain Peter Spencer a utilisé une méthodologie qu’il avait déjà éprouvée par le passé. En effet, il avait déjà étudié un phénomène similaire sur l’île de Guam, et démontré que les graines de cycas du Japon, une plante locale dégustée par les locaux, était responsable des cas de SLA dans cette zone.

Sources

An amyotrophic lateral sclerosis hot spot in the French Alps associated with genotoxic fungi, Journal of the Neurological Sciences, 24 juin 2021. 

Sclérose latérale amyotrophique (SLA) / maladie de Charcot, Inserm. 

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