Maladie cœliaque (intolérance au gluten) : symptômes, diagnostic et traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa maladie cœliaque est un trouble chronique de l’intestin dont les villosités sont endommagées lors de l’absorption de gluten. Cette substance est contenue principalement dans le seigle, l’avoine, le blé et l’orge, donc présente dans beaucoup d’aliments. La maladie se manifeste principalement par des symptômes digestifs parfois violents. Le traitement est l’éviction totale du gluten de l’alimentation.

Qu'est-ce que la maladie cœliaque ?

La maladie cœliaque est une maladie au cours de laquelle l’ingestion de gluten entraîne une réaction immunitaire anormale dans l’intestin grêle, qui endommage la paroi intestinale et détruit les villosités de l’intestin grêle.

Les villosités sont des replis de l’intestin qui permettent l’absorption des nutriments, des vitamines et des minéraux. L’intestin endommagé devient incapable d’assimiler certains nutriments, vitamines et minéraux. Ce trouble entraîne une malnutrition. En éliminant le gluten de l’alimentation, l’ensemble des symptômes peuvent disparaître.

Photo : schéma d'un intestin grêle supérieur montrant une maladie cœliaque

 Photo : schéma d'un intestin grêle supérieur montrant une maladie cœliaque© Creative Commons

Crédit : The Titou Wikipedia Licence : CC BY SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

Différences entre l'intolérance au gluten et la maladie cœliaque

La maladie coeliaque n’est pas une intolérance au gluten puisqu’une réaction immunitaire est présente. C'est une maladie auto-immune induite par l’ingestion de gluten.

L’intolérance au gluten ou sensibilité au gluten non-cœliaque (SNGC) se manifeste par des symptômes semblables à ceux de la maladie coeliaque et du syndrome de l’intestin irritable lors de la consommation d’aliments contenant du gluten. La prévalence estimée de la SNGC est de 3 à 6% mais la fréquence d’autodiagnostic sans avis médical la rend plus aléatoire.

Le gluten, c'est quoi ?

Le gluten, dont le nom vient du latin "glu" qui signifie colle, est une masse protéique élastique et visqueuse que l’on trouve dans plusieurs céréales, dont le blé, l’avoine, l’orge et le seigle. Il est donc présent dans de nombreux aliments comme le pain, les biscuits, les pâtes.... Il est également souvent utilisé dans des sauces, des plats préparés, etc. Dans le cas du blé, la réaction immunitaire est dirigée contre la gliadine, fraction protéique présente dans le gluten du blé. Dans le cas de l’orge, le problème est du à l’hordéine, et pour le seigle, il s'agit de la sécaline.

Quelle est la fréquence de l'intolérance au gluten ?

En Europe, aux États-Unis, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Inde, la maladie cœliaque toucherait 0,7 à 2% de la population. La fréquence est probablement sous-estimée en raison de l'existence de formes non diagnostiquées car peu symptomatiques. Les populations caucasiennes sont les plus touchées, la prévalence allant de 1/100 personnes à 3/100 personnes. La maladie est rare en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne.

On observe aujourd’hui que la diffusion des aliments contenant du gluten associée à des facteurs prédisposants augmente la prévalence mondiale de la maladie coeliaque.

Quels sont les symptômes de la maladie cœliaque ?

Les symptômes de la maladie coeliaque sont principalement digestifs, mais d'autres signes peuvent être également présents. On peut observer :

  • une diarrhée chronique pouvant alterner avec une constipation ;
  • des douleurs abdominales chroniques, des gaz et des ballonnements ;
  • des vomissements ;
  • un retard de croissance ou une petite taille ;
  • un retard de la puberté ;
  • une anémie avec une pâleur cutanéo-muqueuse ;
  • un manque d’appétit ;
  • des c hangements d’humeur et une irritabilité ;
  • une fatigue chronique ;
  • des troubles de l’émail dentaire ;
  • une perte de poids ;
  • un état dépressif ;
  • des douleurs osseuses et articulaires ;
  • des crampes musculaires ;
  • une infertilité ou une absence de règles ;
  • des engourdissements ou des douleurs neuropathiques dans les membres ;
  • des éruptions cutanées, comme de l’eczéma ;
  • des aphtes ou ulcères dans la bouche.

Quelles sont les causes de cette pathologie due au gluten ?

La maladie coeliaque est une maladie héréditaire. La probabilité d’être atteint lorsqu’un membre proche de la maille est atteint est de 20%. Les gènes responsables sont les gènes HLA de type DQ2 et DQ8. 95% des patients atteints de maladie coeliaque expriment le génotype HLA DQ2, et les 5% restants le DQ8. Cependant, une grande part de la population générale est porteuse du gène HLA DQ2 sans déclencher la maladie. D’autres facteurs interviennent donc dans le déclenchement de la maladie cœliaque.

Des facteurs environnementaux, des infections intestinales, un traumatisme, le stress engendré par une opération ou une grossesse peuvent être responsables du déclenchement de la maladie.

Quels sont ses facteurs de risques ?

Les principaux facteurs de risque sont :

  • les facteurs génétiques avec la présence des gènes HLA DQ2 et DQ8 ;
  • les habitudes alimentaires du bébé.

Quelles sont les personnes à risque de faire cette réaction immunitaire ?

La maladie coeliaque peut survenir à tout âge, chez l’enfant, même très jeune, dès la diversification alimentaire complète, comme chez l’adulte. Les femmes sont de 2 à 3 fois plus souvent atteintes que les hommes. Les sujets plus à risque de développer une maladie coeliaque sont :

  • les personnes dont un parent proche est atteint de maladie coeliaque ;
  • les personnes ayant une grande perméabilité intestinale qui permet à une partie du gluten de pénétrer dans la paroi de l’intestin grêle et déclencher la réaction immunitaire ;
  • les personnes ayant une maladie auto-immune, comme le lupus, le diabète de type 1, la polyarthrite rhumatoïde et la thyroïdite de Hashimoto ;
  • les personnes atteintes de trisomie 21 (syndrome de Down).

Quelle est l'évolution de la maladie ?

Avec un régime sans gluten bien suivi, on peut observer :

  • la disparition des symptômes en quelques semaines ;
  • la disparition des anticorps au bout d’un an ;
  • la guérison des tissus intestinaux endommagés ;
  • la diminution du risque de complications ;
  • chez l’enfant, la fin de la diarrhée, la normalisation du comportement et le rattrapage du retard de croissance.

En l’absence de régime sans gluten bien conduite, les risques de la maladie coeliaque, après quelques années d’évolution sont :

  • les cancers digestifs comme le lymphome intestinal ou l'adénocarcinome de l'intestin grêle ou des cancers de voies aérodigestives supérieures et du foie ;
  • la stérilité ;
  • l’ostéoporose ;
  • un retard de croissance chez l’enfant.

La maladie cœliaque est-elle contagieuse ?

La maladie coeliaque, comme l’intolérance au gluten, ne sont pas des maladies contagieuses.

Qui, quand consulter ?

En cas de douleurs abdominales chroniques ou d’autres symptômes évocateurs, il est nécessaire de consulter son médecin traitant. Après un examen clinique, il fera réaliser les tests nécessaires au diagnostic et orientera si nécessaire le patient vers un gastro-entérologue et un nutritionniste.

Quelles sont les complications d'une maladie cœliaque ?

Si le régime sans gluten n’est pas suivi, la maladie coeliaque, dans ses formes les plus sévères, peut se compliquer en raison de la mauvaise absorption des nutriments dans l’intestin. Les principales complications sont :

  • une malnutrition provoquant une fatigue, un amaigrissement, une faiblesse musculaire et des carences ;
  • une intolérance au lactose qui disparaît après l’adoption d’une diète sans gluten ;
  • une anémie par mauvaise absorption du fer ;
  • une ostéoporose par mauvaise assimilation du calcium et de la vitamine D ;
  • des calculs rénaux en raison d’une absorption anormale des oxalates.

D’autres complications, moins fréquentes, peuvent survenir en cas de maladie coeliaque évoluée. Il s'agit de :

  • une neuropathie avec des engourdissements et des douleurs dans les membres ;
  • des migraines, des crises d’épilepsie ou d’autres troubles neurologiques ;
  • une infertilité et des fausses-couches ;
  • une arthrite ;
  • une dermatite herpétiforme, caractérisée par des démangeaisons, une sensation de brûlure et l’apparition de cloques rouges, sur les coudes, les genoux et les fesses ;
  • un risque augmenté de lymphome intestinal, cancer de l’intestin et autres types de cancers.

Examens et analyses : comment diagnostiquer la maladie cœliaque ? 

Les examens complémentaires nécessaires au diagnostic de maladie coeliaque sont :

  • un bilan biologique avec recherche des anticorps anti-endomysium ou anti-transglutaminase tissulaire. Ce dosage ne suffit pas au diagnostic de certitude. Mais, il est évocateur d’une prédisposition à la maladie ;
  • une biopsie de l’intestin grêle réalisée par endoscopie : l’absence de villosités atteste de la présence de la maladie ;
  • un test de régime sans gluten confirme ou infirme le diagnostic. Celui-ci ne doit pas être débuté avant la consultation pour ne pas fausser les résultats.

Photo d'une biopsie duodénale d'une maladie cœliaque

Photo d'une biopsie duodénale d'une maladie cœliaque© Creative Commons

Crédit : Samir wikipedia - Licence CC BY-SA 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Traitements : comment guérir de la maladie cœliaque ?

Il n’existe pas de soin curatif contre la maladie coeliaque. Le seul traitement possible est le régime sans gluten à vie. En cas de symptômes de la pathologie, il est impératif de consulter un médecin avant de commencer un régime sans gluten, car cela peut retarder le diagnostic. Cette alimentation permet de faire disparaître les symptômes, d’éviter les carences et de prévenir les complications. L’amélioration apparaît au bout de quelques semaines, mais peut prendre de 2 à 3 ans.

L’adolescence est une période délicate pour les enfants atteints de la maladie coeliaque et le suivi médical et nutritionnel peut être d’une grande aide.

Régime alimentaire sans gluten : que peut-on manger ?

Les aliments à exclure en cas de maladie cœliaque :

  • toutes les variétés de blé (blé dur, épeautre, ...) ;
  • l'orge ;
  • le seigle.

En pratique, il ne faut pas ainsi consommer :

  • de pain, de viennoiseries (brioches, bagels, croissants, etc.) ni de pâtisseries (gâteaux, tartes) ;
  • de pâtes alimentaires ;
  • de biscuits salés ou sucrés ;
  • de céréales pour petit-déjeuner et pour nourrissons ;
  • d’a liments panés, enfarinés ou enrobés de pâte à frire ;
  • de pains de viande et de poisson contenant de la farine ou de la chapelure ;
  • de soupes en conserve ou en sachet, desserts et sauces liés avec de la farine de blé ;
  • de bière.

Il peut également y avoir du gluten dans :

  • la charcuterie ;
  • le sucre glace ;
  • les poivres moulus, mélanges d’épices et assaisonnements ;
  • les médicaments.

Il est donc indispensable d’apprendre à décrypter les étiquettes alimentaires indiquant la présence de gluten.

Comment éviter le gluten dans son assiette ?

Réponse de Stéphanie Janvier Michel, diététicienne :

"En cas d'intolérance au gluten ou maladie coeliaque, il faut éviter la consommation de certaines céréales comme le blé, l'épeautre, l'avoine, l'orge et le seigle. Éviter ces céréales est simple quand on pense aux pains, pâtisseries, pâtes ou semoules, mais il faut aussi supprimer les plats cuisinés du commerce. En effet, le gluten est alors présent comme liant. Attention également aux charcuteries, à la bière... qui en contiennent. Le plus simple reste donc de cuisiner des produits frais bruts le plus simplement possible."

A noter : les produits sans gluten font l’objet d’une réglementation stricte depuis 2009. La mention "sans gluten" correspond à un aliment contenant moins de 20 mg de gluten/kg de produit fini, l’indication "très faible teneur en gluten" figure sur des produits fabriqués avec des dérivés de céréales. Leur teneur maximale en gluten se situe entre 21 et 100 mg/kg de produit fini. Leur consommation est déconseillée en cas de maladie cœliaque.

Par quoi remplacer les céréales interdites ?

Il est possible de consommer :

  • du riz ;
  • du maïs ;
  • du sarrasin ;
  • des pommes de terre...

Comment corriger les carences liées à la maladie cœliaque ?

Il faut :

  • corriger des carences en fer (en cas d'anémie) ou en vitamine D (pour prévenir l’ostéoporose) ;
  • envisager une hospitalisation en cas de malnutrition importante.

À noter : la Caisse Primaire d’Assurance Maladie rembourse à 60% les aliments diététiques sans gluten pour les patients atteints d’une maladie cœliaque confirmée par biopsie digestive. Cette prise en charge prend la forme d’un forfait mensuel, de montant plus élevé à partir de l’âge de 10 ans.

Comment prévenir cette maladie ?

Il n’existe pas de réel moyen de prévenir la maladie coeliaque. En revanche, certaines pratiques alimentaires chez le nourrisson seraient à privilégier, surtout dans les familles à risque :

  • pratiquer l’allaitement maternel, s’il est possible ;
  • continuer l’allaitement pendant l’introduction d’aliments contenant du gluten ;
  • commencer la diversification et l’introduire les céréales à l’âge recommandé, pas avant 4 mois ½ ou 5 mois.

Mon conseil de médecin généraliste :

"La diversification alimentaire du nouveau-né ne doit pas intervenir trop tôt, en raison de l’immaturité digestive. En engageant la diversification très progressivement et autour de l’âge de 4-5 mois, les risques d’intolérances alimentaires sont moins grandes."

Comment vivre avec une intolérance au gluten ?

Un suivi avec une diététicienne ou un médecin nutritionniste peut aider au démarrage d'une alimentation sans gluten. Il est essentiel de respecter ce régime pour améliorer sa qualité de vie. De nombreuses gammes de produits sans gluten sont disponibles en supermarchés ou magasins bio, mais il faut rester vigilant au quotidien, notamment lorsque l'on mange en collectivité.

Le suivi médical nécessite des prises de sang, des biopsies de l'intestin grêle et l'observation des effets du régime sans gluten.

Pour mieux vivre au quotidien avec une maladie coeliaque, il est conseillé de :

  • respecter strictement le régime sans gluten ;
  • bien lire les étiquettes pour choisir les produits qui conviennent ;
  • compléter l’apport en fibres en consommant du riz, du maïs, des pommes de terre et des légumes ;
  • bien mâcher les aliments avant d’avaler pour améliorer l’absorption des nutriments ;
  • consommer des yaourts sans gluten, et au bifidus, pour restaurer la flore intestinale ;
  • appeler le restaurant avant d’y aller pour s’informer de la possibilité d’avoir des plats sans gluten ;
  • informer ses proches des ingrédients que l’on ne peut pas manger, leur fournir quelques recettes sans gluten ;
  • se faire aider par ses proches ;
  • se rapprocher des associations de patients.

Sites d’informations et associations

Des sites d’informations et d’intérêt sur la maladie coeliaque et l’intolérance au gluten sont consultables sur Internet. Il s’agit :

Source(s):

Guide de l'Intolérance au gluten (maladie cœliaque), Ameli

La fiche Maladie Cœliaque du site de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie