Déprogrammation d’opérations chirurgicales non-essentielles, chute des dépistages, baisse de la prise en charge des pathologies cardiovasculaires, mais aussi retards dans le calendrier vaccinal… Les conséquences sanitaires de la crise du Covid-19 sont nombreuses et vont au-delà des tensions hospitalières, dont nous avons beaucoup parlé.

Au total, près d’un million de vaccinations de rappel n’ont pas été assurées depuis le début de la pandémie, nous apprend le sixième Épi-phare de l’ANSM. D’après le Dr Robert Cohen, pédiatre-infectiologue au CHI de Créteil, cette situation a créé une véritable “dette immunitaire” chez les Français, qui risquent de se faire sentir lorsque les gestes barrières et la distanciation sociale seront assouplis.

La pandémie a engendré une dette immunitaire

Après la chute des vaccinations observée durant le premier confinement, les injections de rappel pour la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche ont accusé un déficit depuis début 2021, aussi bien chez l’enfant et l’adolescent que chez l’adulte. Ainsi, une piqûre sur quatre n’a pas été effectuée depuis le début de la crise sanitaire.

Ce phénomène a également été constaté pour les vaccins penta/hexavalents pour nourrissons, les vaccins anti-papillomavirus et les vaccins ROR (rougeole-oreillons-rubéole). Or, ce retard dans le calendrier vaccinal n’est pas sans risque : il pourrait entraîner la réapparition de certaines maladies infectieuses que l’on avait jusqu’à maintenant éradiquées. Celles-ci pourraient impacter toutes les tranches d’âge.

Graphique : les vaccins non-effectués en 2021

Graphique : les vaccins non-effectués en 2021

© Sanofi

Vaccins : 4 Français sur 10 ignorent l’âge des rappels

Une récente enquête menée par l’Institut CSA pour Sanofi souligne le manque de rigueur des Français en matière de rappels vaccinaux. Si les trois quarts de la population déclarent disposer d’un carnet de vaccination, moins d’un sur deux tient à jour ce document essentiel. Et il semble que plus on prend de l’âge, moins on est assidu, puisque 83 % des 18-24 ans en possèdent un, contre seulement 55 % des 65 ans et plus.

Par ailleurs, seuls 58 % des sondés se déclarent certains d’être à jour dans leurs vaccins ; et 32 % sont incapables de dire s’ils le sont ou non. Plus encore, quatre Français sur dix ne connaissent pas les âges auxquels il faut faire une piqûre de rappel, une fois adulte. Ces incertitudes disparaissent néanmoins lorsqu’on aborde le cas des enfants, puisque 97 % des parents déclarent que leurs enfants sont à jour dans leurs rappels.

Autre constat inquiétant : à l’arrivée du premier enfant ou petit-enfant, les parents et grands-parents n’ont pas tous le réflexe du vaccin contre la coqueluche. Parmi les personnes interrogées, 64 % étaient à jour, mais 31 % n’était pas au courant de cette nécessité. Un effort de pédagogie reste donc à mener, surtout auprès des seniors, puisque seuls 12 % des grands-parents de mineurs ont effectués un rappel contre cette maladie.

Sources

Retard des vaccinations de rappel en France, vers une « dette immunitaire », Sanofi - Conférence de presse et résultats d'une enquête menée par l'institut CSA. 

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