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J’assume. J’assume de t’écrire, parce que tu vis en moi depuis que j'ai 30 ans. La première fois tu m’as prise de court, je devais sortir le soir pour enlever cette petite boule en ambulatoire et… je suis restée … « bah madame, vous nous faites quoi là ? C'est cancéreux ! Je vous garde la semaine … » j'étais seule et abasourdie dans ma chambre d’hôpital. Ma fille avait à peine deux ans et mon fils 5.

Cancer et chimiothérapie

Rayons, chimios, je perdais ma jeunesse, mes cheveux, mes cils et poils, ma vitalité, mon insouciance et mon mari.

Alors, toi, cancer, te nourrissant de ma faiblesse, tu es revenu en trombe, sur le même sein… à 32 ans. De nouveau, chimio, violente jusqu'à l’empoisonnement : à base d'if …L’if qui tue les singes dans les zoos, la belle guenon que j étais : j'ai reperdu cheveux et mes cils et mes poils et mes ongles mais aussi un sein, toujours le droit … Et comme j'avais pris à la naissance de ma fille un congé parental … Je devais retravailler, seule, en plein traitement : plus de droit !
Alors que je bossais depuis 10 ans… Lettre restée morte au ministre Douste Blazy d'ailleurs : un refus catégorique de prise en charge. J'ai trouvé cela injuste.

Mais cancer, je t'ai pris au mot : j'évoluerai au niveau professionnel pour assurer mes arrières, tu venais de lancer une carrière professionnelle semée d’embûches, mais celle la tu ne la voyais pas venir, avec mes petits bras pas musclés… Mes enfants, si je pars, me disais-je, doivent être à l’abris.

Ma petite maman qui culpabilise encore d’avoir reçu à son 5ème mois de grossesse du Distilbène pour stopper son hémorragie, produit interdit aux États Unis, en Europe bien avant la France, et qui a généré des centaines de cancers hormonaux aux « enfants Distilbène » et surtout aux filles … Un peu comme l’affaire du sang contaminé.

Cancer de l’utérus, anomalies hormonales, cancers du sein. Me battre ? Et dépenser mon énergie si précieuse ? Maman tu n'y es pour rien. Et je t’aime.

Cancer : une reconstruction douloureuse

Par la suite, j'ai eu droit à une reconstruction, douloureuse, mais réussie, deux à trois ans pour me remettre de l’opération par prélèvement du grand dorsal. Le traitement a continué avec une hormonothérapie très difficile, que j'ai encaissée 3 ans. Castration chimique, ménopause ultra violente et qualité de vie complexe à 32 ans. Plus d'enfant madame … surtout plus d'enfant ! Et puis l'arrêt du traitement quand d’autres complications sont arrivées.

Une nouvelle vie après le cancer ?

Et j'ai refait ma vie. Mes cheveux ont repoussés, beaux, bouclés, magnifiques :
contre toute attente la ménopause s’est envolée et mon activité hormonale a repris avec sa qualité de vie. Ouf !

J'ai repris ma vie sentimentale, enfin. Je t'ai demandé de me laisser tranquille. Il y a eu cette fausse couche inattendue qui fut perturbante, le signe pour mes médecins d’intervenir, j'ai subi une hystérectomie pour ne plus tomber enceinte.

Quelle chance ai-je eu pendant ces années ! Les plus belles de ma vie, chance amoureuse, familiale, et un épanouissement professionnel fort ! Merci cancer de m’avoir permise d’en profiter ! De faire ces voyages partout ! Quelle chance d’avoir su t’oublier !

La récidive du cancer

Et puis à 44 ans, j'ai eu mal au bras. Canal carpien ? Cervicales ? Capsulite ? Les radios et examens s'enchaînaient jusqu'à ce que je sente une masse au dessus de mon sein reconstruit dans le muscle du pectoral … Je suis devenue blême .

Petscan : tumeur de 4*2 cm, nodules poumons et suspicion ovaires.

Avec la surprise du chef : prothèse du sein PIP percée ! A remplacer vite … cause ? Ou Conséquence ?

L’ovariectomie m’a replongé dans une ménopause difficile et violente, très violente, accouplée au traitement d’immunothérapie nouvelle génération qui a eu du mal à se mettre en place pendant plus de 6 mois. Je n'ai pas perdu mes cheveux mais beaucoup de masse capillaire pendant deux ans puis ils ont repoussé, ils sont fragiles comme mes ongles qui eux ne poussent plus et se fendillent désormais, mais le bouleversement hormonal était tel que je devenais méconnaissable. Mon couple n'a pas tenu : mes enfants partaient étudier, ma vie perso s'est écroulée. Je restais seule, avec toi …encore en moi.

Et je te connais, toi, tu te nourris de ma faiblesse … et lorsque tu es revenu après 2/3ans de rémission, avec ce petit nodule au poumon, le cancer de la tristesse … que je découvrais en médecine chinoise. Je me réveillais chaque nuit à l’heure où l’organe poumon travaille, entre 3 et 5h. Le méridien poumon débute du pouce et longe le bras … et s'arrête au dessus du pectoral … le tilt.

Je croise un homme qui, courageux, accepte de prendre le risque de m’accompagner un bout de chemin .

Ça suffit. Je ne peux pas m'attendre à un résultat différent si je ne change pas mes paramètres. Qi gong et stage de reiki niveau 1 au programme. Lectures positives : les clés de l'énergie de Natacha Calestrémé, les 9 clés de la rémission de Kelly À Turner qui ne s'est intéressée qu’aux guérisons miraculeuses, the miracle morning et j'en passe ! Je décide de réduire la longueur de mes journées au travail.

La confiance, une clé essentielle pendant le cancer

Acuponcture, réflexologie, kinesiologie, médecine chinoise, etc. Accompagnée d’un excellent médecin traitant et d’une équipe qualifiée sur Nancy. Faire confiance semble une clé : en eux, en moi. Se tourner vers le spirituel, moi qui était athée, oublier le sucre blanc raffiné définitivement et l’alcool sauf exception et avec modération, revenir à l’alimentation anti cancer de Servan Schreiber, et depuis un an 1/2, âge de ma chienne Reiko, marcher 5 à 6 km par jour pour repousser les effets corrosifs sur les articulations du traitement.

Je récidive aux poumons à 47 ans… Et depuis 3 mois j'ai une piqure avec un nouveau et dernier traitement de thérapie ciblée qui me defonce. C'est le mot … Il supprime les progestérones et œstrogènes produites au niveau des glandes surrénales, de la thyroïde, ( je n'ai plus d’ovaire). Plus rien . Plus de sérotonine. Rien. On a débranché la prise de la joie de vivre, du bonheur, de la vitalité et de l'énergie moi qui en avait tellement. Je refuse la réponse chimique au traitement mais je suis épuisée tout le temps. Tout le temps usée et je ne me reconnais pas. Mon amoureux jette l’éponge devant mes grands huits, je n'arrive pas à m’occuper de moi même Alors j'ai accepté de prendre cette réponse chimique pour remonter, revivre. De la féminité il ne me reste plus grand chose à l’intérieur du corps. Mais, à l’extérieur, si.

Cancer : le cri du coeur

Cancer, tu prends de la place et je vais te demander maintenant de me foutre la paix. J’ai touché le fond de la piscine et maintenant je mets un coup de pied dans ce fond. Tu me prends mes forces mais je suis résistante et ma condition physique n’a jamais été aussi bonne grâce aux sports. Tu me prends de l’énergie et je vais trouver la réponse en médecine chinoise. Tu as pris mes amours, et là, tu es allé trop loin. Tu n’avais pas le droit, de me faire cela, une ultime fois, avec cet homme si doux. La sexualité personne ne l'évoquait pendant ces traitements, pourquoi ? Je veux une qualité de vie, je veux vivre tout, et je te le dis tu es allé trop loin !

Stop ! Qui peut vivre sans amour ? Qui ? C’est ma plus grande souffrance ! Tu m’empêches de retenir, de leur dire je t’aimerai toute ma vie, on a un avenir ! Tu censures mes sentiments. Tu es allé trop loin. Bien trop loin .

Je t’écrirai chaque année cancer, tu en prendras … pour perpet !
Je trouverai cette clé qui te fera taire.

Une femme.

mots-clés : cancer, Témoignage
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