Kératites, conjonctivites, yeux rouges : les adultes ne peuvent plus utiliser ce collyre, réservé aux enfants

Publié par Edouard Korvaul
le 21/10/2026
personne qui met du collyre dans les yeux
Istock
Photo d'illustration
En raison de vives tensions d'approvisionnement jusqu'en décembre 2026, l'ANSM réserve désormais le collyre Ikervis aux seuls enfants et adolescents. Ces derniers sont en effet directement impactés par la pénurie de Verkazia.
 

De nombreux patients suivis pour des atteintes des yeux vont devoir modifier leurs prescriptions de collyres. Une défaillance industrielle contraint les autorités à prioriser les jeunes malades pour écarter des séquelles visuelles définitives. Les adultes traités pour une sécheresse oculaire sévère doivent donc s'adapter et se tourner vers d'autres options thérapeutiques.

Pénurie de Verkazia et réquisition d'Ikervis : l'alerte de l'ANSM

Une rupture de la chaîne de production sur le site du sous-traitant Excelvision perturbe gravement la fabrication des collyres à base de ciclosporine 1 mg/mL. Selon les informations communiquées par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), ces difficultés d'approvisionnement vont persister jusqu'en décembre 2026.

Face à ce déficit prolongé, le régulateur a tranché. Le collyre Verkazia reste strictement réservé à son indication pédiatrique officielle : la kératoconjonctivite vernale sévère chez les enfants dès 4 ans et les adolescents. Pour combler les manques, une mesure d'urgence prise le 21 octobre 2026 réquisitionne le collyre Ikervis, d'ordinaire prescrit aux adultes souffrant de kératite avec sécheresse oculaire. Les stocks de dépannage d'Ikervis sont désormais fournis gracieusement et fléchés vers la pédiatrie.

Délivrance en pharmacie : quel est le nouveau protocole ?

Pour éviter toute interruption de soins, les pharmaciens d'officine disposent de l'autorisation de remplacer directement Verkazia par Ikervis sans exiger une nouvelle ordonnance médicale pour les enfants. Les deux traitements partagent la même molécule active et le même dosage, mais leur conditionnement diffère : Ikervis se présente en boîtes de 30 unidoses, contre 120 pour Verkazia.

La délivrance s'effectue toutefois sous contrôle. L'officine remet une boîte pour 15 jours en dose d'entretien, ou deux boîtes au maximum si les symptômes persistent, accompagnée d'un courrier d'information et de la notice de Verkazia. Les professionnels commandent les unidoses auprès du laboratoire Santen et doivent informer le médecin traitant de ce changement temporaire.

Patients adultes : comment s'organise la prise en charge ?

Ce choix thérapeutique repose sur un impératif médical clair : prévenir le risque de cécité ou de lésions cornéennes irréversibles chez l'enfant atteint de kératoconjonctivite vernale. Les adultes ne sont pas abandonnés pour autant, mais leur prise en charge doit s'adapter grâce à d'autres spécialités ou préparations hospitalières de ciclosporine autorisées chez l'adulte.

De leur côté, les ophtalmologistes mettent en garde contre tout abandon de traitement. Un arrêt non encadré provoque une reprise rapide des kératites même superficielles et dégrade la surface cornéenne. Autre conseil : ne partagez jamais les unidoses au sein de la famille et consultez immédiatement votre ophtalmologiste en cas d'aggravation de vos douleurs oculaires.

Automne : pourquoi les inflammations oculaires peuvent augmenter ?

Le calendrier de ces tensions coïncide avec une période souvent délicate pour les yeux sensibles. Si la kératoconjonctivite vernale s'atténue avec la baisse des rayons ultraviolets en automne, permettant souvent d'alléger les prises quotidiennes, d'autres agressions prennent le relais.

La baisse des températures extérieures et la mise en route du chauffage assèchent l'air ambiant, favorisant le réveil des conjonctivites allergiques aux acariens et aux moisissures. Parallèlement, la promiscuité dans les écoles et les bureaux multiplie la transmission des adénovirus hautement contagieux, sources de kératoconjonctivites épidémiques souvent confondues avec de simples allergies.

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