Yeux rouges, démangeaisons : attention, c'est peut-être déjà une kératite si vous avez ce signe
Face aux écrans ou à la climatisation, nos yeux souffrent souvent en silence. Pourtant, une rougeur oculaire persistante mérite votre attention immédiate, car elle constitue parfois le premier symptôme d'une atteinte infectieuse sévère.
Distinguer une rougeur banale d'une kératite
Les yeux réagissent aux agressions extérieures : écrans, poussières, climatisation, etc. Une sécheresse liée à la climatisation, une allergie saisonnière ou la fatigue numérique provoquent le plus souvent de simples irritations bénignes. Le stade suivant correspond souvent à la conjonctivite, une inflammation superficielle de la membrane blanche de l'œil, accompagnée de picotements et de sécrétions. Mais la situation dégénère vraiment lorsque l'infection atteint la cornée, la "fenêtre" transparente de l'œil. Cette pathologie plus profonde, nommée kératite, exige un traitement d'urgence pour éviter des cicatrices irréversibles altérant la vision, prévient la Société Française d’Ophtalmologie.
Les signes d'alerte pour consulter en urgence
Une rougeur inquiétante s'accompagne de symptômes intenses. Le signal majeur reste la douleur aiguë, souvent comparée à une sensation de "corps étranger" ou de "coup de soleil" dans l'œil. La cornée renferme en effet 300 à 600 fois plus de récepteurs de la douleur que la peau. Une intolérance brutale à la lumière, appelée photophobie, signale également une atteinte cornéenne. Si vous constatez une baisse d'acuité visuelle ou si vous observez une une tache blanche sur l'iris, consultez immédiatement. Ces manifestations caractérisent une urgence ophtalmique, votre vue est en jeu.
Qui consulter ? Votre médecin généraliste peut tout à fait traiter une conjonctivite classique, mais vous orientera vers un spécialiste si les troubles durent plus de 48 heures. En revanche, en cas de douleur intense, d'un flou visuel ou d'une intolérance à la lumière, c’est un ophtalmologue qu’il faut voir en urgence. Seul un examen spécialisé à la lampe à fente permet de vérifier l'état de la cornée. Le soir ou le week-end, n'hésitez pas à vous diriger vers les services d'urgences ophtalmiques pour écarter toute menace sur votre vue.
Comment protéger sa cornée ?
Certaines personnes sont plus vulnérables face aux infections oculaires. Les patients touchés par une sécheresse oculaire chronique manquent d'un film lacrymal protecteur, ce qui facilite les micro-lésions. Les diabétiques ou les personnes immunodéprimés présentent aussi une capacité de cicatrisation réduite, augmentant le risque d'ulcères de la cornée.
Enfin, il convient d’être particulièrement vigilant quand on utilise des gouttes oculaires (que l’on soit porteur de lentilles ou non). Toucher l'œil ou les cils avec l'embout d'un flacon de gouttes contamine le produit avec des bactéries cutanées. Une étude parue dans le Journal of Hospital Infection révèle que 30 % des collyres utilisés à domicile recèlent des agents pathogènes après quelques jours d'usage.
Partager un traitement avec un proche ou utiliser un produit ouvert depuis plus d'un mois favorise cette prolifération invisible. Les autorités sanitaires américaines ont d'ailleurs alerté sur l'émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques dans des larmes artificielles mal conservées. Se laver les mains avant toute instillation reste donc la meilleure protection.
Pour limiter les risques, l'Agence nationale de sécurité du médicament (l’Anses) recommande de son côté de choisir des unidoses sans conservateur et de respecter la péremption après ouverture, souvent fixée entre 15 et 28 jours.
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