Chaussettes et bas de compression : 60 Millions de consommateurs déconseille ces marques
Près de 20 millions de Français souffrent d'une mauvaise circulation veineuse, ce qui explique sans doute que le marché des dispositifs de soutien grimpe à plus de 400 millions d'euros. Autrefois cantonnées aux pharmacies, les chaussettes de compression envahissent désormais les supermarchés et Internet avec des prix attractifs.
L'essor d'un marché low-cost dénoncé par 60 Millions de consommateurs
Un véritable virage s'est opéré ces dernières années concernant les bas et chaussettes de compression. Ce type de dispositif médical autrefois jugé austère s'est transformé en un “accessoire de mode sportif” et coloré, visant un public actif. Selon une enquête publiée ce mois de juillet 2026 dans 60 Millions de consommateurs, les supermarchés et les géants du e-commerce comme Amazon ou Temu proposent aujourd'hui plus d'une centaine de modèles. Cette prolifération s'accompagne de tarifs agressifs, souvent sous la barre des 10 euros, contre 20 à 60 euros en officine. Une bonne affaire pour les consommateurs et patients ? Pas si sûr.
Le terme compression, un nouveau piège marketing ?
L'appellation même pose problème en l'absence d'un cadre réglementaire strict. N'importe quel fabricant peut utiliser ce mot sans valider le moindre cahier des charges thérapeutique. Cette zone de flou est critiquée par les spécialistes de la santé. "Les fabricants de dispositifs médicaux ont demandé depuis de nombreuses années une mise à jour du cadre réglementaire pour mieux circonscrire l'utilisation de ce terme", indique Bertrand Vialle, directeur développement chez Sigvaris, cité dans l'enquête. "Ce sujet est toujours en attente de traitement." En attendant, les marques rivalisent alors de formules floues comme "soutient la jambe" pour esquiver l'interdiction de faire des allégations médicales sans certification.
Bas de compression : quels sont les critères d'un produit réellement efficace ?
Pour garantir une action bénéfique, la certification de l'Asqual reste un indicateur de confiance. Cet organisme indépendant valide l'efficacité d'un modèle, conditionnant ainsi son inscription sur la liste des produits remboursables par l'Assurance maladie. La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle l'exigence d'une pression graduée, mesurée précisément en millimètres de mercure (mmHg) à la cheville. Une vraie chaussette médicale est fabriquée avec un fil élastique circulaire, rendant la zone de la cheville visiblement plus étroite que celle du mollet. L'efficacité repose aussi sur des mesures morphologiques précises. L'achat exige la mesure du tour de cheville, du mollet et de la cuisse, et non le simple choix d'une pointure standard.
Quelles sont les marques et modèles pointés du doigt par l'enquête ?
L'enquête de 60 Millions de consommateurs met en lumière plusieurs produits à éviter d'emblée. Les modèles s'arrêtant à mi-mollet, comme ceux des marques Elastrap ou Ulla Popken, ainsi que les leggings, s'avèrent inefficaces car ils n'enserrent pas la cheville. La prudence s'impose également face aux lots vendus sur Temu ou par Dreshow sur Amazon, dont le niveau de pression échappe à tout contrôle. L'ajustement pose également un souci chez Decathlon (Silvini), Amazon (Danish Endurance) ou Dim (Perfect Contention Up), qui se basent sur le poids ou la pointure, sans aucune garantie physiologique. Le magazine dénonce enfin les produits trop transparents, comme ceux de la marque Falke, jugés trop fins pour exercer une action mécanique suffisante.
Chaussettes de maintien en grandes surfaces : quels sont les risques pour la santé et les modalités de remboursement ?
Le choix d'un dispositif inadapté expose à de vrais dangers. Un article publié dans La Revue du Praticien souligne le risque de l'effet garrot. Un bas mal ajusté obstrue le retour veineux, ce qui peut se révéler dangereux pour le patient. Il est ainsi impératif de consulter un médecin afin d'écarter toute pathologie artérielle incompatible avec ce type de traitement. Côté finances, l'Assurance maladie encadre la prise en charge, avec un remboursement avoisinant 22 euros pour les chaussettes et 30 euros pour les bas, dans la limite de huit paires par an.