Hospitalisations Covid multipliées par 6 depuis juin : devons-nous tous nous refaire vacciner ?
La circulation du Covid dans les eaux usées repart à la hausse. “Cet indicateur, qui est l’un des moyens les plus fiables et précoces pour la surveillance de l’activité du SARS-CoV-2, le coronavirus responsable du Covid-19, montre une progression de sa circulation en France aujourd’hui” indique l’épidémiologiste Antoine Flahault, de l’université Paris Cité et professeur honoraire de l’université de Genève auprès de nos confrères d’actu.fr, le 5 septembre dernier. Et ce n’est pas le seul indicateur d’une reprise de l’épidémie.
Les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 connaissent une progression notable sur le territoire national depuis la fin du printemps. Même constat du côté des consultations en ville. “La reprise du Covid-19 observée au niveau national semble également se dessiner dans les téléconsultations Qare, constate un communiqué de la plateforme de téléconsultation. Après une première hausse de 25,7 % la dernière semaine d’août, les consultations pour Covid progressent à nouveau de 15,8 % sur les 7 derniers jours par rapport à la semaine précédente.”
Covid-19 : une hausse marquée des admissions depuis le mois de juin
D'après les données du réseau Oscour de Santé publique France, le taux de passages aux urgences pour suspicion d'infection est passé de 10,9 pour 100 000 début juin à 66 pour 100 000 à la fin du mois d'août. Cette multiplication par plus de six témoigne d'une reprise de circulation incontestable, mais elle part d'un niveau plancher historiquement bas mesuré au début de l'été. Il n'est donc à ce stade pas utile de s’inquiéter.
D’ailleurs, les services d'urgence ne connaissent pas de submersion comparable aux premières vagues épidémiques. Notons enfin que les admissions consécutives concernent en écrasante majorité les personnes de 75 ans et plus, ainsi que les patients présentant de multiples pathologies chroniques.
Baisse de l'immunité et rentrée : les mécanismes du rebond
Ce regain d'activité s'explique principalement par l'érosion naturelle des anticorps neutralisants dans les muqueuses respiratoires, quelques mois après les campagnes précédentes de vaccinations ou les infections passées. Sans ce premier barrage immunitaire immédiat, la transmission s'accélère lors des regroupements festifs de l'été puis du retour dans les bureaux et les écoles.
Autre signe rassurant, les sous-lignées d'Omicron surveillées sur le territoire ne montrent pas de signe d’un virus plus virulent. Chez les personnes en bonne santé, l'infection se manifeste toujours par des signes classiques comme des maux de gorge, de la fièvre ou de la fatigue, sans provoquer de détresse respiratoire directe.
Campagne d'automne : qui sont les personnes prioritaires ?
La prochaine campagne vaccinale, contre le Covid et contre la grippe, débutera à la mi-octobre. La Haute Autorité de santé réserve ses rappels aux profils les plus vulnérables. Sont en premier lieu désignés les adultes de 65 ans et plus, les résidents en Ehpad et les personnes immunodéprimées.
Les recommandations englobent aussi les femmes enceintes et les personnes atteintes de facteurs de risque comme le diabète, l'obésité sévère, l'insuffisance rénale ou les maladies respiratoires chroniques. Les soignants et les proches vivant avec une personne fragile sont également encouragés à se protéger. Il est tout à fait possible de recevoir le vaccin contre la grippe et celui contre le Covid-19 lors du même rendez-vous, avec une injection distincte dans chaque bras.
Pourquoi un rappel systématique n'est-il plus d'actualité pour tous ?
Pour la population générale en bonne santé, une nouvelle injection de masse n'est plus recommandée. Une vaste méta-analyse dirigée par le chercheur N. Bobrovitz et parue en 2023 dans The Lancet Infectious Diseases confirme que l'immunité hybride confère une protection supérieure à 95 % contre les formes graves et les décès.
Les vaccins actuels servent avant tout de rempart contre les complications pouvant déboucher sur une hospitalisation, sans empêcher complètement les réinfections bénignes. La Haute Autorité de santé précise néanmoins que toute personne volontaire peut demander une dose sans reste à charge en pharmacie. Dès l'apparition de symptômes fébriles, l'aération régulière des pièces et le port du masque restent les gestes de prévention les plus efficaces pour protéger l'entourage.
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- Actu.fr
- Communiqué de presse
- Kirsebom, F. C. M., Andrews, N., Stowe, J., et al. Effectiveness of autumn 2023 COVID-19 vaccination and residual protection of prior doses against hospitalisation in England, estimated using a test-negative case-control study. Journal of Infection, volume 89, numéro 1, article 106177, juillet 2024. DOI : 10.1016/j.jinf.2024.106177.
- Bobrovitz, N., Ware, H., Ma, X., et al. Protective effectiveness of prior SARS-CoV-2 infection and hybrid immunity against Omicron infection and severe disease: a systematic review and meta-regression. The Lancet Infectious Diseases, volume 23, numéro 5, pages 556-567, 1er mai 2023. DOI : 10.1016/S1473-3099(22)00801-5.