Hommes ou femmes : qui souffre le plus au cours de sa vie ? Une vaste étude répond enfin !

Publié par Edouard Korvaul
le 10/10/2026
un homme et une femme qui ont mal au ventre
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Photo d'illustration
Une vaste étude épidémiologique analysant les données de plus de six millions d'individus dans 118 pays confirme que les femmes souffrent nettement plus que les hommes tout au long de leur existence. Revue de détails.
 

La perception de la douleur physique nourrit de nombreuses idées reçues. Pour dépasser les simples observations cliniques isolées, une équipe internationale vient d'établir la première cartographie planétaire de nos maux physiques. Les résultats mettent en lumière des disparités de genre frappantes et un calendrier corporel bien précis des zones douloureuses les plus fréquentes.

Une cartographie mondiale inédite de la douleur physique

Pilotée par des chercheurs de l'université McGill à Montréal et publiée dans la revue Nature Medicine début octobre 2026, cette recherche compile les données de 6 125 459 participants issus de 902 sources réparties dans 118 pays et territoires. Les scientifiques ont analysé des déclarations recueillies entre 1990 et 2025 auprès d'individus âgés de 5 à plus de 100 ans, dont 55 % de femmes.

Contrairement aux travaux traditionnels limités aux diagnostics posés à l'hôpital, cette vaste modélisation s'appuie sur la douleur autodéclarée. Ce choix méthodologique permet d'intégrer les populations sous-médicalisées, souvent privées d'accès direct aux professionnels de santé. Pour prolonger ces travaux, l'équipe a d'ailleurs mis en ligne le Global Pain Benchmarking Tool, un outil permettant de comparer les données cliniques aux moyennes planétaires.

Les femmes en première ligne face aux souffrances physiques

L'analyse met en évidence une prédominance féminine sur l'ensemble de l'organisme. Les femmes présentent un risque plus élevé d'exprimer des souffrances sur l'intégralité des 11 localisations anatomiques étudiées par les chercheurs.

Les écarts les plus marqués concernent le visage avec un risque accru de 83 % chez la femme, les maux de tête (+74 %) ainsi que les douleurs abdominales et gastriques (+60 %). Le constat s'étend également à la sévérité des affections : les femmes affichent un surcroît de risque de 52 % pour les douleurs de haute intensité, cotées au moins à 7 sur 10, et de 50 % pour les douleurs généralisées touchant simultanément plusieurs régions du corps.

Hommes et femmes : quelle est l'évolution des maux au fil des âges ?

La progression des maux physiques frappe particulièrement fort avant 55 ans, à une période où se cumulent responsabilités familiales et activité professionnelle. Deux trajectoires corporelles distinctes se dessinent au cours de la vie.

Le haut du corps suit une courbe en cloche : les douleurs abdominales culminent dès 23 ans, les migraines à 34 ans et les douleurs faciales à 45 ans avant de régresser. En revanche, le bas du corps subit des contraintes mécaniques cumulatives : le dos, les hanches et les genoux voient leur prévalence grimper continuellement pour atteindre un pic vers 75 ans. Dans le monde, le mal de dos concerne jusqu'à 40 % de la population.

Douleur des femme : une prise en charge médicale insuffisante

Cette réalité corporelle contraste fortement avec la réponse thérapeutique actuelle. Comme le souligne dans The Guardian Rebeccah Slater, chercheuse à l'université d'Oxford : « Il y a un paradoxe troublant ; les femmes ont plus de douleurs, mais celles-ci sont plus susceptibles d’être négligées, diagnostiquées tardivement ou insuffisamment traitées. »

Ce décalage reste uniforme à travers le globe. La tendance persistante à banaliser les souffrances féminines ou à psychologiser les symptômes corporels retarde fréquemment la prescription de traitements antalgiques adaptés face à des pathologies comme l'endométriose ou les migraines chroniques.

Comment les conditions de vie influencent-elles la douleur ?

Le niveau de vie pèse aussi lourdement sur la santé physique. Un faible revenu au sein du foyer multiplie par deux le risque de souffrir d'affections thoraciques au cours de la vie adulte.

Une fracture nette sépare d’ailleurs les pays riches des nations moins développées. Chez les personnes de plus de 80 ans, l'écart de prévalence pour la douleur globale atteint 30,6 points de pourcentage au détriment des pays à faible indice de développement. Alors que le surpoids et le tabac dominent en Occident, la pénibilité des métiers manuels et le manque de structures de soins expliquent l'usure précoce observée dans les régions défavorisées.

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  • Fillingim, M., Tanguay-Sabourin, C., Neuert, L. et al. Global and regional reference curves for pain across the lifespan in 6.1 million individuals in 118 countries. Nat Med (2026). https://doi.org/10.1038/s41591-026-04696-w
  • Courrier International
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