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Il y a quelques mois, le Dr. Chrysoula Zacharopoulou, gynécologue et secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a fait l'objet de trois plaintes déposées par d'ex-patientes. Cette affaire ainsi que les nombreux témoignages de femmes sur les réseaux sociaux ont mis en lumière les violences gynécologiques dont certaines patientes peuvent être victimes. Nos experts, le Dr Odile Bagot, gynécologue médicale et obstétrique et Laura Bruneau, sage-femme libérale nous éclairent sur le sujet.

Quand parle-t-on de violences gynécologiques ?

“Les violences gynécologiques se traduisent par des examens (toucher vaginal, palpation de la poitrine, pose d’un spéculum, échographie endo-vaginale…) réalisés sans le consentement de la patiente. Les violences peuvent aussi prendre la forme de remarques blessantes sur le poids de la patiente, sur son désir ou non d’enfant, ou bien encore des jugements de valeur. En résumé, il s’agit de gestes et de paroles vécus comme violents et/ou intrusifs fait pendant la consultation par le soignant” explique Odile Bagot, gynécologue médicale et obstétrique. Pour pallier aux problématiques qu’ont soulevées ces récits parfois glaçants de patientes, le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNOF), a établi une charte de la consultation en gynécologie ou en obstétrique afin d’informer les patientes sur leurs droits et rappeler ainsi comment un examen gynécologue doit se dérouler. “Il faut rappeler que, fort heureusement, dans la majorité des cas, les examens gynécologiques se passent bien dès lors qu’on prend le temps d’informer la patiente et d’instaurer un climat de confiance. N’oublions pas que la consultation gynécologique et la zone qu’elle permet d’examiner est de toute façon sensible” précise la gynécologue.

Consultation gynécologique : des examens parfois indispensables

Je souhaite rappeler que les examens gynécologiques ne sont pas censés être douloureux sauf pathologie particulière dont la réaction douloureuse au toucher vaginal permet, entre autres symptômes, de faire le diagnostic comme l’endométriose ou une infection génitale haute. Le toucher vaginal, par exemple, doit être indolore. Cet examen permet de déceler certaines maladies, il ne faudrait pas passer à côté de quelque chose en se passant d’examen clinique” explique la gynécologue Odile Bagot. “Quant au frottis cytologique, il ne peut se faire qu’en introduisant un spéculum pour visualiser le l’aspect du col de l’utérus et faire un prélèvement valide. La palpation de la poitrine est elle aussi indispensable pour dépister un cancer du sein ou diagnostiquer une pathologie bénigne comme un fibro-adénome. Quant à l’interrogatoire, il peut parfois être vécu comme violent par certaines femmes du fait de leur rapport à la sexualité et ou au désir d’enfant par exemple. Il faut informer les patientes que les interrogations sur le poids, le nombre de partenaires sexuels, le désir d’enfant et la contraception sont nécessaire à l’évaluation de leur santé gynécologique et générale. L’idée n’est évidemment pas de porter un jugement mais d’apporter notre expertise sur ces sujets parfois délicats” souligne Odile Bagot.

Peut-on refuser un examen gynécologique ?

La réponse est… OUI ! Si on force la patiente, on parle de vraie violence” note Odile Bagot. Même son de cloche pour Laura Bruneau, sage-femme libérale : “les patientes ont toujours le droit de refuser un examen. C’est notamment le cas pour des femmes venant consulter pour une contraception. Evidemment, face à certaines situations, le refus de l’examen nous freine dans le diagnostic mais elles ont tout de même le droit de dire non.”

NB : la gynécologue médicale et obstétrique Odile Bagot précise que l’examen clinique n’est absolument pas obligatoire en particulier lors du premier rendez-vous pour toutes les femmes, quel que soit leur âge, et bien sûr si elles sont vierges. En effet, sauf évocation d’une douleur et/ou si la patiente le souhaite, la consultation gynécologique peut se dérouler sans examen. De même, les femmes atteintes de vaginisme doivent bénéficier d’une prise en charge spécifique du fait de l’impossibilité de réaliser tout examen impliquant une pénétration vaginale.

Consultation médicale : quand le contexte fait naître des violences gynécologiques

Laura Bruneau, sage-femme libérale qui a aupravant exercé en maternité l’avoue : “il m’est sans doute arrivée d’être maltraitante à mon insu face à une charge de travail importante par exemple. Le fait de ne pas toujours prendre le temps d’expliquer aux patientes ce qu’on vient faire et je comprends leur mécontentements… Les conditions de travail sont parfois sources de “violences involontaires””. La gynécologue Odile Bagot précise qu’effectivement, en fonction de la préparation de la patiente, certains gestes vont être vécus comme violents par certaines tandis que pour d’autres cela ne posera pas de problème. “Le lien de confiance entre le soignant et le soigné est essentiel et lors des consultations c’est important d’induire ce climat serein pour que la consultation se passe au mieux. Cela prend du temps, chose qui n’est pas toujours le cas en fonction des praticiens.”

Gynécologie et santé des femmes : des enjeux importants

“Face au bruit médiatique autours des violences gynécologiques, certaines femmes arrivent en consultation avec énormément d'appréhension ce qui rend parfois difficile le dialogue et c’est dommage” note Odile Bagot. “En tant que sage-femme, je suis souvent la confidente de certaines pratiques déplorables qui poussent les femmes à venir me consulter. Je trouve dommage qu'elles se retourne vers les sages femmes suite à de mauvais vécus avec des gynécologues (entre autres). En revanche, c'est positif que les femmes soient de plus en plus au courant que les sages femmes peuvent faire le suivi gynécologique de prévention, ce qui permet de désengorger les consultations des gynécologues médicaux qui peuvent alors se concentrer sur les suivis pathologiques, nécessitant une prise en charge spécifique.” explique Laura Bruneau. Certaines femmes en viennent parfois à ne plus consulter de spécialistes avec toutes les conséquences que cela peut avoir notamment sur la prévention de certains cancers (col de l’utérus, sein), mais aussi d’autres pathologies comme l’endométriose, syndrome des ovaires polykystiques… “Je pense vraiment qu’on peut tout faire si on prend le temps d’expliquer et de rassurer les patientes” conclut la gynécologue médicale et obstétrique Odile Bagot.

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Sources

file:///C:/Users/marie.lanen/Downloads/Charte-de-consultation-gynecologie%20-obsttrique-2021-10.pdf

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