portrait of a woman using continuous glucose monitoring to manage her diabetes at home mature woman using the latest heal...IllustrationIstock
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Isabelle vit un cauchemar depuis plus d’un an. Diabétique de type 2, elle se fait prescrire de l’Ozempic, un antidiabétique injectable au printemps 2023. Depuis, elle souffre d’une paralysie de l’estomac, appelé « gastroparésie », un effet indésirable rare de ce traitement. "Mes journées sont rythmées par de violentes douleurs abdominales et il n’y a jamais de répit, j’ai l’impression que l’on est en train de m’éviscérer en permanence. Dès que je bois un verre, je vomis ", témoigne-t-elle le 13 mai à notre confrère du quotidien Le Parisien.

Diagnostiquer diabétique de type 2 en 2018, son médecin lui prescrit dans un premier temps de la metformine, un antidiabétique oral couramment indiqué pour ce type de diabète. Avec une prise quotidienne, il permet de réguler le sucre dans le sang pour éviter l’hypo ou l’hyperglycémie.

C’est en 2023 que son médecin décide de modifier son traitement et d’introduire de l’Ozempic, un médicament qui s’administre par des injections en sous-cutanée dans le ventre. Elle témoigne alors un début de traitement plutôt efficace avec un taux de sucre dans le sang stabilisé. C’est au bout de 3 mois qu’elle commence à ressentir de violentes douleurs abdominales. Elle perd alors 1 à 2 kg par semaine.

"Ce traitement est connu pour ralentir la vidange de l’estomac et les symptômes sont apparus peu après l’avoir commencé"

Si ce type d’effet secondaire est connu chez les personnes diabétiques non traités par de l’Ozempic, il est très vite identifié par le corps médical comme un facteur de risque. "Ce traitement est connu pour ralentir la vidange de l’estomac et les symptômes sont apparus peu après l’avoir commencé", explique le Pr Maximilien Barret, son gastro-entérologue de l’hôpital Cochin au journaliste du Parisien.

Ce médicament commercialisé par le laboratoire pharmaceutique Novo Nordisk est autorisé en France depuis 2019. Il est destiné aux patients diabétiques de type 2. Ce médicament dispose d’une hormone digestive naturelle qui permet de réguler la glycémie. Sa première indication est de favoriser la libération d’insuline par le pancréas du patient diabétique. Mais cette hormone digestive présente un autre effet qui fait très vite parler de lui sur les réseaux sociaux : le ralentissement de la vidange de l’estomac et donc une diminution de l’appétit. Des influenceurs sur TikTok en font la publicité pour perdre du poids.

Le risque de gastroparésie induit par l’Ozempic

Une étude canadienne publiée le 5 octobre 2023 sur la revue médicale JAVA, met en avant le risque de développer des pathologies gastro-intestinales graves comme une pancréatite, une obstruction intestinale et une gastroparésie lorsque l’on est traité par de l’Ozempic.

Après une suspicion de cancer du côlon, le diagnostic de gastroparésie est alors posé par un gastroentérologue. Ce médecin spécialisé dans les pathologies digestives lui fait stopper ce traitement antidiabétique.

Comme en témoigne la quinquagénaire, la gastroparésie présente des effets indésirables qui handicap sa vie. "Tout ce qui peut sembler anodin dans une vie quotidienne est réduit à néant", livre-t-elle. Nausées, vomissements, douleurs abdominales, ballonnements, sa vie devient un véritable combat.

" On dirait le darknet, c’est terrifiant !"

L’agence nationale de sécurité du médicament, ANSM alerte sur l’usage inapproprié de ce traitement face aux risques graves d’effets indésirables lorsque celui-ci n’est pas surveillé par un médecin. Par ce témoignage, Isabelle souhaite avertir toutes les personnes qui utilisent ce traitement pour ses propriétés de coupe faim, des risques qu’ils encourent. Elle raconte d’ailleurs trouver des seringues d’Ozempic vendu sur les réseaux sociaux pour 500 euros. "On dirait le darknet, c’est terrifiant !".

Isabelle a subi une intervention chirurgicale pour sa paralysie de l’estomac en avril dernier dans un hôpital parisien. Elle souhaite aujourd’hui pouvoir être reconnue comme victime d’aléa thérapeutique et obtenir des indemnités. Elle déclare entamer des poursuites judiciaires auprès du laboratoire pharmaceutique qui produit ce traitement pour ne pas suffisamment avertir de ses dangers.

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