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Quelle est la fréquence du diabète chez l'enfant et l'adolescent ?

Le diabète le plus fréquent chez les enfants est le diabète de type 1 (ou diabète insulinodépendant), qui touche plus de 20 000 enfants de moins de 20 ans en France. Toutefois, depuis quelques années, le diabète de type 2 se rencontre plus souvent notamment chez les adolescents, un phénomène qui s’expliquerait par la hausse de l’obésité et de la sédentarité chez les jeunes.

Que ce soit le diabète de type 1 ou le diabète de type 2, le nombre d’enfants touchés est de plus en plus important chaque année (plus 3 à 4% selon les données officielles), et les enfants sont touchés de plus en plus jeunes. Or le diabète infantile (ou juvénile) est une maladie sérieuse, qui impacte lourdement le quotidien de l’enfant et de son entourage.

Quelles sont les spécificités du diabète chez l'enfant et l'adolescent ?

De quel type de diabète souffrent les enfants ?

Dans 98% des cas, l’enfant souffre d’un diabète insulinodépendant (diabète de type 1) entraîné par la destruction de certaines cellules du pancréas, cellules chargées de produire l’insuline qui régule le taux de sucre dans le sang. L’enfant diabétique se retrouve donc en état d’hyperglycémie.

L’hérédité est-elle en cause ?

Les prédispositions génétiques peuvent parfois être en cause dans le diabète infantile, même si le diabète de type 1 est une maladie auto-immune généralement isolée.

Toutefois, un enfant dont l’un des parents est diabétique a 10% de risques en plus de développer un diabète. D’après les spécialistes, c’est surtout ajoutées au terrain environnemental (exposition à certains virus par exemple) que les prédispositions génétiques entrent en compte.

Pourquoi le diagnostic est-il souvent tardif ?

Contrairement au diabète de type 2 prédominant chez les adultes, le diabète infantile ne s’installe pas silencieusement.

Il peut se déclencher subitement après un choc émotionnel ou une infection mais ses symptômes ne sont pas toujours identifiés comme un diabète.

Résultat ? Le diabète est souvent révélé lors d’une complication.

Pourquoi le diagnostic est-il souvent tardif ?© Istock

Quels sont les symptômes du diabète chez l'enfant ?

Les symptômes du diabète infantile sont globalement les mêmes que chez l’adulte :

  • Soif intense.
  • Envie d’uriner fréquente, parfois l’enfant souffre soudainement d’énurésie nocturne alors qu’il ne faisait plus pipi au lit.
  • Pâleur.
  • Fatigue.
  • Perte de poids.
  • Douleurs abdominales.
  • Nausées.

Comment s'effectue le diagnostic ?

Il doit être posé le plus rapidement possible pour éviter la complication grave d’un diabète non traité chez l’enfant.

L’acidocétose diabétique est la complication grave la plus courante en cas de diabète infantile. Elle est liée à l’acidification du sang provoquée par une hyperglycémie non traitée et peut provoquer un malaise, voire même, mettre la vie de l’enfant en danger. Un tiers des cas de diabète de type chez l’enfant est découvert suite à une crise d’acidocétose.

Quels sont les traitements du diabète chez l'enfant ?

Une fois diagnostiqué, le diabète infantile est traité immédiatement. Le but est de permettre à l’enfant de mener une vie aussi normale que possible et de limiter au maximum les complications courantes du diabète sur le long terme (rétinopathie, néphropathie, maladies cardio-vasculaires).

L’insuline est le seul traitement possible et peut s’administrer sous deux formes :

  • Le stylo à insuline : le nombre d’injections et les quantités seront déterminées au cas par cas par le médecin diabétologue, en fonction du profil de l’enfant et de son âge. Dans tous les cas, le traitement comprend deux à quatre injections d’insuline par jour.
  • La pompe à insuline : ce petit boîtier relié à un cathéter permet la délivrance de l’insuline en continu et des dosages plus précis en fonction des besoins de l’enfant.
  • L'autosurveillance : elle est indispensable pour adapter les quantités d’insuline et repose sur :
  1. Des glycémies instantanées (3 à 6/jour) à partir d’une goutte de sang prélevée avec un autopiqueur ou réalisée avec un capteur de glucose (qui mesure la glycémie en continu et évite d’avoir à piquer le bout du doigt).
  2. Des analyses d’urine au réveil, sur des bandelettes test (plus occasionnellement).

L’insuline est le seul traitement possible et peut s’administrer sous deux formes :© Adobe Stock

Quelles sont les mesures d’hygiène de vie ?

L’enfant diabétique a les mêmes besoins nutritionnels qu’un enfant non diabétique mais son alimentation doit être la plus saine et équilibrée possible. Il convient notamment d’observer :

  • Une bonne répartition des glucides au cours des repas.
  • Des repas -autant que possible-, à heures fixes (avec les nouveaux traitements, les horaires peuvent être plus souples).
  • Des quantités régulières d’un jour sur l’autre.
  • Éviter les sucres simples (rapides) en dehors des repas.

Comment les parents peuvent-ils accompagner au mieux leur enfant diabétique ?

Conseils de Delphine Sury, Diététicienne-nutritionniste, Réseau Diabète et Grossesse :

"Le premier élément qui me paraît essentiel est de collaborer sereinement avec un diabétologue afin d’aider l’enfant et sa famille à comprendre la maladie pour pouvoir apprendre à gérer le traitement. Il est important aussi d’être accompagné d’une équipe pluridisciplinaire formée à l’éducation thérapeutique, afin de pouvoir définir avec l’enfant les objectifs de la prise en charge.Un autre point clé concerne la communication avec l’enfant concernant ses attentes, ses préoccupations, ses peurs... La communication englobe aussi la famille proche et un cercle plus éloigné (copains, grands-parents, professeurs) qui sont souvent insuffisamment informés sur la prise en charge du diabète. Le manque d’information entraîne souvent la peur et tendent à stigmatiser l’enfant vis à vis de sa maladie ce qui peut conduire à l’isoler socialement. Un enfant diabétique peut vivre comme les autres enfants de sa classe ou comme ses cousins, il peut faire du sport ou voyager, mais il sera nécessaire d’anticiper et d’organiser un peu plus ses activités, ses repas et son traitement. Cette régularité et ces contraintes liées au diabète sont parfois difficiles à accepter pour les ados. Dans ces cas-là, il n’y a pas de recettes miracles : il faut laisser passer la « tempête de l’adolescence » en veillant au moins à rappeler aux ados les objectifs de sécurité chez un diabétique de type 1 : ne jamais arrêter les insulines et prévoir de quoi compenser une hypoglycémie."

Sites d’informations et associations

https://www.ajd-diabete.fr/

http://enfance-adolescence-diabete.org/le-diabete-en-chiffres/

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