Dengue : symptômes, contagion, traitements, vaccin…

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa dengue est une infection virale transmise par les moustiques qui sévit en zone tropicale et subtropicale. Sa forme grave, la dengue hémorragique, peut s'avérer mortelle. Symptômes, risque de contagion, possibilités d’enrayer sa propagation… Voici tout ce que vous devez savoir sur ce virus en pleine recrudescence.

Définition : qu’est-ce que la dengue ?

La dengue, parfois appelée "grippe tropicale", est une maladie humaine sévissant en zone tropicale et subtropicale, de façon endémique.

Elle est due à un virus transmis par un moustique du genre Aedes qui vit en milieu urbain et affectionne les points d'eau stagnante autour des habitations. C’est la femelle qui pique le jour, pour se nourrir, et transmet le virus lorsqu’elle est infectée.

Cette maladie a été décrite pour la première fois à la fin du XVIIIe siècle, lors d’une épidémie au Caire. Elle tire son nom du dialecte africain Swahili "Ki Dengua Pepo", qui fait allusion aux crampes musculaires survenant durant la maladie.

Sous sa forme courante, le virus de la Dengue, est bénin. En revanche, sous sa forme grave, la dengue hémorragique peut se compliquer en état de choc, souvent mortel.

Ces dernières années, la recrudescence de la dengue, notamment en Martinique, inquiète les autorités.

Les quatre types du virus de la dengue

Le virus de la dengue est un arbovirus (un type de virus ayant pour vecteur les arthropodes hématophages : moustiques, tiques et phlébotomes) dont on connaît actuellement 4 sérotypes : DEN-1, DEN-2, DEN-3 et DEN-4.

Il est à noter que chez les personnes qui ont été infectées, la guérison entraîne une immunité à vie contre le sérotype à l’origine de l’infection, mais pas contre les trois autres. En théorie, une personne peut donc connaître au maximum quatre infections successives. Des infections ultérieures par d’autres sérotypes, surtout la deuxième, accroissent le risque de développer une dengue sévère.

Dengue : l'actualité expliquée

Un premier décès lié à l'épidémie de dengue vient de frapper la Martinique. Il a été annoncé ce mardi par l'Agence régionale de santé (ARS) de Martinique.

"Le 10 février, l'ARS Martinique a été informée par le Centre hospitalier universitaire de Martinique (CHUM) de la présence de trois patients hospitalisés pour dengue, présentant des signes de gravité de la maladie. Malheureusement un décès est à déplorer parmi ces trois patients", explique l'agence dans un communiqué.

Les investigations réalisées “confirment que ce décès est directement lié au virus de la dengue”. Depuis juillet 2019, “on estime à plus de 2 100, le nombre de cas cliniquement évocateurs de dengue” en Martinique, précise l’ARS.

La dengue en chiffres

  • L'OMS estime que plus de 55% de la population mondiale est aujourd’hui exposée au virus de la dengue.
  • La dengue a progressé dans le monde de manière spectaculaire au cours des cinquante dernières années : désormais 3,9 milliards de personnes y sont exposées dans 128 pays.
  • L’OMS estime que 390 millions de personnes par an sont infectées, parmi lesquelles 96 millions présentent des symptômes.
  • En Martinique, le nombre de patients infectés est estimé à plus de 2 100.



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Quels sont les symptômes du virus de la dengue ?

Les symptômes apparaissent 3 à 14 jours après la piqûre par le moustique infecté. Toutefois, l’infection par le virus peut rester muette et passer inaperçue.

Quand la maladie se déclare, après une incubation courte d’une semaine environ, la personne infectée présente brutalement une forte fièvre avec frissons et des maux de tête.

Elle peut se plaindre de troubles digestifs, de courbatures ou encore d’éruptions cutanées.

Habituellement, le malade guérit sans traitement particulier et en quelques jours, avec parfois une persistance de la fatigue pendant quelques semaines.

Malheureusement, dans quelques cas survient la forme grave de la maladie, la fièvre hémorragique de dengue.

Deux à trois jours après le début de l’infection, l’état général de la personne se dégrade et on voit apparaître de multiples hémorragies. Cette forme sévère peut s'accompagner d'un syndrome de choc et elle devient alors mortelle, même avec une prise en charge en milieu spécialisé.

Dengue : combien de temps dure la maladie ?

En cas de dengue "normale", les symptômes perdurent en général de 2 à 7 jours et apparaissent à la suite d’une période d’incubation de 4 à 10 jours après la piqûre d’un moustique infecté. La guérison s’accompagne d’une convalescence d’une quinzaine de jours.

En cas de dengue sévère, les signes d’alerte (détresse respiratoire, hémorragies…) surviennent de 3 à 7 jours après les premiers symptômes. À partir de cette phase critique, ces signes peuvent vite s’aggraver et la mort peut survenir dans les 24 à 48 heures.

Dengue : quelles sont ses causes ?

D’après l’OMS, la dengue s’est propagée rapidement dans toutes les régions du monde ces dernières années à cause de la piqûre des femelles de moustiques infectées.

Cette maladie, largement répandue sous les tropiques, possède des variations locales de risque en fonction des précipitations, de la température et de l’urbanisation rapide et non maîtrisée.

En effet, les moustiques du genre Aedes, notamment l’Aedes aegypti et albopictus (moustique-tigre), se sont propagés à cause du commerce international de pneus usagés (un gîte larvaire) et du mouvement des marchandises (par exemple la canne chinoise). Ils pullulent tout particulièrement dans les milieux urbains.

Le moustique-tigre a également une très grande faculté d’adaptation et peut survivre dans les régions plus tempérées et plus fraîches de l’Europe. Sa propagation est due à sa tolérance aux températures en dessous de 0°, à sa possibilité d’hiberner et à sa capacité de s’abriter dans des micro-habitats.

Larves de moustique Aedes Aegypti, susceptibles de se développer dans très peu d'eau 

Larves de moustique Aedes Aegypti, susceptibles de se développer dans très peu d'eau© Creative Commons

Auteur : NIAID. 8 mars 2016. Sources : https://www.flickr.com/photos/niaid/26445073171/ Crédit Licence : https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/

Dengue : quels sont les facteurs de risques ?

L’urbanisation, les déplacements rapides de personnes et de marchandises, les conditions climatiques favorables et l’absence de personnel formé sont autant de facteurs ayant contribué à la recrudescence mondiale de la dengue.

Les eaux stagnantes qui permettent la reproduction du moustique constituent également un facteur de risque important.

À noter : toute personne ayant voyagé dans une zone endémique dans les 15 jours précédant l’apparition de signes cliniques, est potentiellement infecté par la dengue.

Les pays à risque

La dengue sévit principalement dans l'ensemble de la zone intertropicale. Longtemps limitée à l'Asie du Sud-est, elle ne cesse de s'étendre à l'Océan Indien, au Pacifique Sud, aux Antilles françaises et à l'Amérique Latine, où les cas annuels rapportés ont été multipliés par 60 entre 1989 et 1993 comparativement à la période précédente (1984-1988).

Dernièrement, l’Aedes albopictus, le vecteur secondaire de la dengue en Asie, s'est implanté en Amérique du Nord et en Europe, y compris en France. En 2019, le moustique vecteur est implanté dans 51 départements français. L’OMS estime à plus de 50 millions par an les cas de dengue.

La dengue existe-t-elle en Europe ?

La dengue a désormais touché l’Europe où les deux premiers cas autochtones ont été recensés en 2010. En 2014, le moustique vecteur est implanté dans 18 départements français. En effet, le moustique tigre est considéré comme l’espèce de moustique la plus invasive au monde. Il est originaire d’Asie du sud-est, d’où il a diffusé d’est en ouest à la faveur du transport marchand. En Europe, il a d’abord été isolé en Albanie en 1979 puis en Italie depuis 1990. Il est implanté dans le sud de la France depuis 2004 et s’étend progressivement depuis.

Quel risque en France métropolitaine ?

Selon les données de Santé Publique France, 51 départements métropolitains étaient colonisés par A. albopictus en 2019.

Quel est le risque de propagation réel en métropole ?

Réponse du Docteur Guillaume Beraud : "Le risque est bien présent car, en raison notamment du réchauffement climatique, toutes les conditions sont réunies pour que l’épidémie progresse en France métropolitaine : Des moustiques à présent bien adaptés à notre climat, des zones urbaines très densément peuplées et une population qui n’est pas habituée à traquer systématiquement l’eau stagnante où se reproduisent les moustiques. On aura donc probablement plusieurs petites épidémies avant que la dengue deviennent endémique en métropole".

Quelles sont les personnes à risque face à cette maladie tropicale ?

En zone d’endémie, les formes graves de la dengue concernent essentiellement les enfants.

La forme simple de la dengue peut survenir à tout âge et chez tout individu, mais elle est d’autant plus sévère chez les sujets les plus vulnérables, comme les nourrissons, les personnes âgées et les femmes enceintes.

Bon à savoir : la mortalité des dengues sévères est très faible dans les pays où les structures sanitaires sont développées, mais peuvent atteindre 10 % dans les pays ne disposant pas des structures de réanimation adéquate.

Quels sont les risques en cas d’infection au cours de la grossesse ?

L'infection par le virus de la dengue pendant la grossesse n'entraîne guère d'augmentation du risque de maladie ou d'aggravation de la maladie chez la mère. Le taux de malformations n'est pas augmenté, mais les naissances prématurées et les avortements sont possiblement plus fréquents chez les patientes atteintes de dengue. L'infection du fœtus ne survient que quelques semaines avant la naissance, vers la fin de la grossesse.

La dengue est-elle contagieuse ?

La dengue n’est pas transmissible d’homme à homme. Toutefois, il est recommandé au patient et à son entourage d’appliquer les mesures de protection des moustiques afin de prévenir une transmission au domicile.

En effet, pendant la phase virémique les moustiques peuvent s’infecter en piquant le patient. On entend par période virémique, toute la période durant laquelle le virus est encore présent dans le sang. La personne infectée par la dengue n'est donc pas contagieuse pour un autre être humain, par contre elle peut contaminer d’autres moustiques du genre Aedes si elle est à nouveau piquée dans une période allant de 1 à 2 jours avant le début des symptômes et jusqu’à 7 jours après.

Qui, quand consulter en cas de suspicion de contamination ?

En cas d’apparition des symptômes liés à la dengue pendant et dans les 15 jours suivant le retour d’un séjour, la personne potentiellement infectée doit consulter au plus vite un médecin.

Elle doit également être signalée à l’ARS et faire l’objet d’une demande de confirmation biologique en utilisant la fiche de signalement, téléchargeable sur le site de l’InVS.

Cette procédure permet aux services de lutte antivectorielle d’intervenir rapidement afin d’éviter la propagation du virus.

Les cas suspects doivent se protéger de tout autre piqûre de moustique éventuelle en utilisant les répulsifs appropriés, ainsi que des moustiquaires.

Ils doivent aussi rester à domicile pour éviter la mise en place d'une chaîne de transmission de la maladie.

Virus de la dengue : quelles complications peut-il entraîner ?

Chez certains patients, le tableau clinique de la maladie peut évoluer selon deux formes graves :

  • La dengue hémorragique.
  • La dengue avec syndrome de choc mortel (les liquides de l’organisme sortent des vaisseaux allant s’accumuler dans divers organes, provoquant des œdèmes, épanchements de plèvre, du péricarde (membrane autour du cœur), ou du péritoine (membrane dans l’abdomen) et une chute de tension artérielle).

La forme hémorragique de la maladie, qui représente environ 1% des cas de dengue dans le monde, est extrêmement sévère : la fièvre persiste et des hémorragies multiples, notamment gastro-intestinales, cutanées et cérébrales, surviennent souvent.

Le décès peut survenir dans les 24 à 48 heures après l’apparition des premiers symptômes critiques.

La dengue présente-t-elle plus de risques de complications chez l’enfant ?

Les enfants présentent surtout plus fréquemment des formes atypiques comme des atteintes neurologiques, qui peuvent égarer le diagnostic initialement, précise le Docteur Guillaume Beraud, infectiologue.

Les enfants de moins de 15 ans peuvent également souffrir d’un état de choc hypovolémique, c’est à dire un refroidissement, une moiteur de la peau et un pouls imperceptible qui signalent une défaillance circulatoire. Une prise en charge rapide et un traitement médical adapté sont nécessaires pour éviter les risques de complications qui peuvent aller jusqu’au décès. "Cette complication peut également se voir chez les adultes", conclut le spécialiste.

Les virus de la dengue au microscope électronique (groupement de points noirs)

Les virus de la dengue au microscope électronique (groupement de points noirs)© Creative Commons

Auteur : This image is a work of the Centers for Disease Control and Prevention. Crédit Licence : cette image est tombée dans le domaine public. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Dengue.jpg

Quels sont les examens et analyses nécessaires en cas de dengue ?

Le diagnostic de la dengue est confirmé par la mise en évidence, dans le sang, du virus ou de son ADN (technique PCR) pendant les cinq premiers jours de la maladie, ou d’anticorps spécifiques (sérologie) qui apparaissent cinq jours après le début de la maladie. Il est donc primordial d’identifier avec précision la date de début des signes afin de guider les examens.

Traitements : comment soigner la dengue ?

Il n’existe pas de traitement pour la dengue ou la dengue sévère, mais la détection précoce et l’accès à des soins médicaux adaptés permettent de ramener les taux de mortalité en dessous de 1 %.

Lors d’une dengue “classique”, le personnel médical soulagera le malade des douleurs musculaires, des maux de tête et de la fièvre grâce à des antalgiques et des antipyrétiques. En raison du risque hémorragique, il faut impérativement éviter la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoires.

Il est par ailleurs essentiel de bien s’hydrater pour éviter tout risque de déshydratation causée par la forte fièvre.

En cas de fièvre hémorragique de dengue (forme sévère), une surveillance particulière du sujet malade s'impose. Si le syndrome évolue vers un état de choc, la prise en charge relève d'un service de réanimation.

Vaccin contre la dengue : qui travaille sur l’éradication du virus ?

Fin 2015 et début 2016, le premier vaccin contre la dengue, Dengvaxia (CYD-TDV), mis au point par le laboratoire Sanofi Pasteur, a été enregistré dans plusieurs pays en vue d’une utilisation chez des personnes âgées de 9 à 45 ans vivant dans des zones d’endémie.

Ce vaccin est préconisé par l’OMS dans les zones géographiques où les données épidémiologiques indiquent une forte charge de morbidité due à cette maladie. Il n’est donc pas encore question que cette injection soit utilisée pour vacciner le voyageur.

Par ailleurs, d’autres vaccins sont également en phase d’essais cliniques afin d’endiguer la propagation du virus.

Quelles mesures de prévention appliquer ?

Quelles mesures de prévention appliquer ?© Istock

Il n'existe pas de traitement préventif particulier. La prévention de la maladie repose sur la lutte contre les moustiques et la protection de leurs piqûres, en adoptant les habitudes suivantes :

  • éviter que les moustiques n’aient accès aux gîtes larvaires (bacs de jardinage contenant de l'eau) ;
  • éliminer correctement les déchets solides et enlever les habitats créés par l’homme ;
  • répandre des insecticides adaptés sur les conteneurs pour la conservation de l’eau à l’extérieur ;
  • poser des moustiquaires aux fenêtres ;
  • mettre des vêtements à manches longues, en particulier dans les zones endémiques ;
  • utiliser du de matériel imprégné d’insecticides ;
  • en cas d’urgence épidémique, pulvériser des insecticides dans le foyer.

Dengue : sites d’informations et associations

Source(s):

La dengue : information et prévention, Ministère des Solidarités et de la Santé, 5 août 2019.

Dengue et dengue sévère, OMS, 4 novembre 2019.

Dengue, Pasteur, 3 janvier 2020.

La dengue, Institut Pasteur de Lille. 

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