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L’infection urinaire, appelée plus communément cystite, correspond à une infection de l’appareil urinaire par un agent bactérien, viral ou parasitaire. "Elle est due dans 90 % des cas à la bactérie E.colis [Escherichia coli, ndlr], explique l’Assurance Maladie. Cette infection urinaire survient quand cette bactérie, présente naturellement dans le tube digestif (colon, rectum), pénètre dans l’urètre, puis remonte dans la vessie et commence à se multiplier".

Une femme sur deux présente au cours de sa vie un ou plusieurs épisodes de cystite. "La faible longueur de l'urètre chez la femme explique que la cystite soit plus fréquente chez elle que chez l'homme", ajoute l’Assurance Maladie.

Contre toute attente, des scientifiques viennent de développer un nouveau test qui diagnostique les infections urinaires en 25 minutes, en utilisant l’appareil photo pour smartphone. L’innovation provient des ingénieurs biologiques de l’Université de Bath. Ces derniers ont mis au point une technologie capable d’identifier la présence de bactéries E.colis lors d’une infection bactérienne. D’après les scientifiques, ce nouveau test serait plus rapide et moins onéreux que ceux pratiqués en laboratoire.

La photographie de votre téléphone sera étudiée

Pour réaliser le test, il convient de passer un échantillon d’urine sur une bande micro-capillaire en plastique, contenant un anticorps apte à détecter les cellules bactériennes d’E.colis. Une enzyme est ensuite ajoutée à la bande. Elle provoquera un changement de couleur, en fonction de la présence, ou non, de la bactérie. Le tout doit ensuite être capturé par l’appareil photo d’un smartphone.

Votre échantillon d’urine pourra ensuite être analysé en étudiant la photographie de votre portable.

"Actuellement, les bactéries à l’origine des infections urinaires sont confirmées par des tests microbiologiques effectués sur un échantillon d'urine. C’est fiable, mais prend du temps (plusieurs jours)", témoigne le Dr Nuno Reis, du Département d’ingénieur chimiste de l’Université de Bath. Or, le nouveau test s’avère petit et transportable. "Il a donc un potentiel majeur pour une utilisation dans les établissements de soins primaires et dans les pays en développement", relève le Dr Nuno Reis, le chercheur à l’origine de l’innovation.

L’objectif ? Éviter de prendre des antibiotiques inutilement

Actuellement, les cystites sont traitées avec les antibiotiques. "Un traitement par fosfomycine trométhanol en dose unique est recommandé en première intention, confirme l’Assurance Maladie. En deuxième choix, le pivmécillinam est aussi une option. En troisième cas, les fluoroquinolones sont administrées. Elles ne sont prescrites qu'en troisième intention afin de préserver leur efficacité dans des infections plus graves".

"Nous espérons que donner aux professionnels de la santé la possibilité d'exclure rapidement certaines conditions leur permettra de traiter les patients plus rapidement et les aidera à prendre de meilleures décisions concernant la prescription d'antibiotiques", explique le Dr Nuno Reis.

En effet, un manque d'accès à un diagnostic plus lent pour les infections urinaires peut conduire à une prescription d'antibiotiques potentiellement inutiles, ce qui augmente le risque d'antibiorésistance (l'une des plus grandes menaces pour la santé dans le monde).

Infection urinaire : les symptômes et causes à connaître

Infection urinaire : les symptômes et causes à connaître© Istock

Les symptômes de la cystite peuvent se manifester de façon plus ou moins brutale. L’Assurance Maladie mentionne des brûlures ou douleurs au moment de l’urine, une sensation de poids dans le bas du ventre, des besoins pressants (une impression de ne pas pouvoir se retenir), des besoins d’uriner très souvent, sans pouvoir évacuer beaucoup d’urine, des urines troubles, dégageant une odeur inhabituelle et contenant des éventuelles traces de sang.

Qu’est ce qui provoque la cystite ?

"Chez la femme, certains facteurs peuvent être en cause dans la survenue d’une infection urinaire : la faible longueur de l’urètre qui facilite l’introduction anormale de micro-organismes dans la vessie par l’urètre, les rapports sexuels, surtout avec l’utilisation des spermicides, l’incontinence urinaire, le prolapsus génital et urinaire qui ne permet pas de vider complètement la vessie et prédispose à l’infection urinaire, le déficit en œstrogène après la ménopause, et la grossesse [la compression de la vessie par l’utérus favorise la stase urinaire et la mauvaise évacuation de la vessie, ndlr]", énumère l’Assurance Maladie.

Chez l’homme, en revanche, l’infection urinaire est rare et plus grave. "La survenue à un âge plus avancé d'une maladie de la prostate (adénome de la prostate, cancer de la prostate) gênant la vidange de la vessie favorise les infections urinaires associées à une infection de l'épididyme (épididymite) et de la prostate (prostatite)".

La cystite, plus grave chez les personnes fragiles

Chez les personnes fragiles, la cystite ne doit pas être prise à la légère. Des graves complications peuvent survenir. Soyez particulièrement prudent en cas d’anomalie de l’appareil urinaire ou après une intervention récente sur les voies urinaires. Les sujets immunodéprimés (cancer, VIH, greffe rénale…), les femmes enceintes, personnes de plus de 75 ans et souffrant de maladie rénale chronique sont vulnérables.

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Sources

Cystite : symptômes et causes, Ameli.fr, 13 septembre 2019

Biosensors and Bioelectronics, Janvier 2020

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