Cryptosporidium : ce parasite très inquiétant envahit les piscines du monde entier

Publié le 11 Juillet 2019 à 14h29 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Le cryptosporidium, un parasite microscopique qui se développe dans les piscines, est en plein essor. Il est à l’origine d’une maladie diarrhéique potentiellement grave.

Les épidémies de cryptosporidiose sont en plein boom. En cause : un parasite unicellulaire microscopique qui envahit les piscines. Quelques dizaines de ses oeufs suffisent à infecter un humain, et une personne contaminée peut engendrer plusieurs millions d’oeufs microscopiques, propageant ainsi la maladie.

Le parasite se développe et pond ses oeufs dans votre corps

D’après les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) le nombre d’épidémies de cryptosporidiose signalées aux Etats-Unis a augmenté de 13 %, entre 2009 et 2017. "Sur le plan international, il s'agit de l'un des agents pathogènes les plus importants à surveiller par tous", estime le Dr. Joseph Eisenberg, épidémiologiste à la U-M School of Public Health.

“L’infection se transmet par l’exposition au parasite sous sa forme d’oeuf”, indique le Dr. Vernon Carruthers, professeur de microbiologie et d’immunologie à l’U-M Medical School. Celui-ci pénètre généralement dans le corps lorsqu’on avale l’eau de la piscine. "Le parasite se développe alors à l'intérieur de la personne infectée, puis est expulsé par les selles, où le cycle recommence".

En outre, ce parasite est si petit qu’il passe facilement à travers les filtres, conçus pour éliminer d’autres parasites un peu plus gros, comme la Giardia. Le Dr. Carruthers invite à se méfier de la résistance de ces oeufs. “Ils peuvent vivre pendant des années, s’ils ne se dessèchent pas, ou si vous ne vivez pas dans une région au climat pouvant atteindre des températures glaciales. Le gel peut les tuer. Pas le chlore”.

Piscines, centres de loisirs, fermes… certains lieux sont plus à risque

Si la majorité des cas de cryptosporidiose sont liées aux piscines, 15 % d’entre eux sont causés pas la proximité avec le bétail, et 13 % par les structures d’accueil pour enfants (centres aérés, garderies, crèches…). Cette maladie touche d’ailleurs en grande majorité les enfants de un à quatre ans, qui sont plus susceptibles d’avaler de l’eau à la piscine. Ces derniers peuvent ensuite transmettre le parasite à leur entourage.

Selon l’Anses, les végétaux en culture irriguée et les élevages de coquillages peuvent aussi faire l’objet d’une contamination, par leur contact avec une eau infectée. Ils peuvent alors causer une intoxication alimentaire.

S’il est difficile d’empêcher l’exposition au parasite, le CDC livre quelques recommandations pour limiter sa propagation. Entre autres :

  • Ne pas laisser un enfant nager s’il a la diarrhée ou qu’il est en convalescence,
  • Emmener ses enfants aux toilettes et vérifier leur couche toutes les heures,
  • Changer leur couche dans une salle de bain ou une zone à langer, et non au bord de la piscine,
  • Changer de vêtements et prendre une douche après exposition au lieu d’habitat d’un animal - en particulier s’il s’agit d’un ruminant.

L’Anses précise que les œufs de Cryptosporidium “restent viables et infectieux dans l’eau et dans les [selles] jusqu’à six mois à des températures comprises entre 0 et 30°C, et jusqu’à un an dans l’eau de mer. Ils ne peuvent pas se multiplier dans l’environnement mais y survivent plusieurs mois en conditions fraîches et humides”.

Comment reconnaître une cryptosporidiose, et que risque-t-on ?

Les symptômes de la cryptosporidiose sont principalement intestinaux. Les patients présentent généralement une diarrhée souvent aqueuse, des douleurs abdominales, des nausées et vomissements, une déshydratation, de la fièvre et une perte de poids.

Le temps d’incubation de la maladie est de sept jours en moyenne, et les symptômes durent généralement onze à treize jours. Une personne infectée est contagieuse dès le début des symptômes, et jusqu’à plusieurs semaines après leur disparition.

Chez les personnes dont le système immunitaire est plus fragile - femmes enceintes, enfants, personnes âgées ou immunodéprimées - des complications peuvent survenir. Dans 30 % des cas, celles-ci peuvent souffrir d’une atteinte biliaire, pouvant être mortelle.

Les patients peuvent aussi conserver des séquelles extra-digestives, comme des douleurs articulaires et oculaires. “Cette maladie peut entraîner une situation persistante et intraitable pour ces groupes à haut risque", avertit le Dr. Carruthers. En outre, elle peut également entraîner le décès des enfants souffrant déjà de malnutrition.

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