Un nouveau coronavirus identifié chez la chauve-souris : faut-il craindre une nouvelle pandémie ?

Publié par Edouard Korvaul
le 01/05/2026
chauve-souris et coronavirus
New Planet Media
Photo d'illustration
Des chercheurs ont identifié un nouveau coronavirus chez une chauve-souris d’Afrique de l'Est capable d'infecter les cellules humaines via un récepteur inédit, une découverte majeure. Sans céder à la panique à ce stade, les chercheurs invitent à une surveillance accrue.
 

Les maladies infectieuses d'origine animale continuent de faire l'objet d'une traque scientifique mondiale depuis la crise du Covid-19. De fait, les changements climatiques modifient les aires de répartition des animaux sauvages, ce qui rapproche certaines espèces réservoirs des populations humaines avec des risques de transmissions bien réels. Au cœur de cette vigilance, l'étude des agents pathogènes hébergés par la faune permet d'anticiper les futures menaces sanitaires. C'est dans ce contexte qu'une équipe scientifique britannique vient de mettre en évidence un nouveau virus nécessitant toute notre attention : une nouvelle forme de coronavirus capable d’infecter l’humain.

Coronavirus : une nouvelle souche identifiée au Kenya

Cette étude publiée dans la prestigieuse revue Nature le 22 avril 2026 révèle l'identification d'un nouveau coronavirus. Il a été détecté chez la chauve-souris au nez en cœur, une espèce spécifique présente au Kenya. Cette dernière présente d'ailleurs une particularité étonnante : partiellement carnivore, elle chasse d'autres petits mammifères, ce qui favorise la diversité des brassages viraux. Des chercheurs de l'Université de Cambridge et du Conseil pour la recherche en biotechnologie et sciences biologiques ont analysé 40 virus de chauves-souris différents. Leurs résultats montrent de façon univoque que ce nouveau variant est le seul de l'échantillon capable de pénétrer dans les cellules pulmonaires humaines.

Le récepteur CEACAM6 comme porte d'entrée inédite

Pour infecter notre organisme, ce pathogène recourt à un mécanisme inattendu. Contrairement au SARS-CoV-2 qui se fixait au récepteur ACE2, ce nouveau coronavirus se lie au récepteur humain CEACAM6. Ce dernier est naturellement très présent dans l'épithélium de nos voies respiratoires. Sur les milliers de virus hébergés par les animaux, seule une infime fraction possède la bonne clé génétique pour s'arrimer à nos cellules. L'identification de cette nouvelle porte d'entrée biologique aide les scientifiques à mieux comprendre le phénomène de zoonose, c'est-à-dire la façon dont les virus franchissent la barrière des espèces. De manière intéressante, ce récepteur est déjà bien identifié en oncologie car il est souvent surexprimé dans certains cancers du poumon.

Faut-il craindre un risque pandémique immédiat ?

Malgré ces caractéristiques troublantes, la situation actuelle ne justifie pas d'alarme précipitée rassurent les chercheurs : “Ce n'est pas le début d'une nouvelle pandémie” explique Stephen Graham, professeur de virologie à l'université de Cambridge, même si “Nous ne pouvons pas dire ce que l'avenir nous réserve.
À ce jour, aucun cas d'infection chez l'homme n'a été recensé dans le monde. Néanmoins, l'évolution génétique constante des virus et la multiplication des interactions entre les humains et la faune sauvage augmentent mathématiquement les probabilités de débordement viral à l'avenir. D’autant que l'empiétement humain sur les habitats naturels détruit progressivement les zones tampons écologiques.

Quelles stratégies de prévention pour l'avenir ?

L'anticipation reste la meilleure arme de la santé publique face aux menaces émergentes. Les équipes de recherche insistent lourdement sur la nécessité de développer rapidement des outils de diagnostic spécifiques pour détecter la moindre apparition de ce virus chez l’humain. En parallèle, des campagnes de sensibilisation locales s'imposent pour informer les populations des dangers liés à la consommation de viande de brousse et aux contacts étroits avec ces animaux nocturnes. Cette découverte scientifique valide la pertinence de l'approche globale promue par l'Organisation Mondiale de la Santé qui consiste à renforcer la surveillance épidémiologique à la frontière entre la santé humaine, la santé animale et l'équilibre environnemental.

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