Non, les soignants qui vivent dans votre immeuble ne vont pas vous contaminer !
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Les soignants ne transmettent pas plus le virus que d’autres

Les soignants ne transmettent pas plus le virus que d’autres© Istock

Une indignation partagée par Pierre Boquého, infirmier en libéral, que nous avons interrogé. “On a l’impression d’être des pestiférés, on nous met à l’écart par peur du virus”, déplore-t-il. Si lui n’a pas (encore) été la victime d’un corbeau, il n’en trouve pas moins cette action condamnable. “C’est très blessant. En plus, ces gens n’ont même pas le courage de leurs propos et se cachent sous l’anonymat, je trouve ça scandaleux”.

Selon lui, le problème vient du manque de connaissances quant à la propagation du virus. Celle-ci se fait par les gouttelettes de salive (lorsqu’on parle, tousse ou éternue), mais aussi, dans une moindre mesure, de façon manuportée : si l’on met sa main devant sa bouche en toussant, puis qu’on touche une poignée de porte par exemple. Aussi, n’importe qui peut vous transmettre le virus, et pas seulement le personnel soignant. “À l’heure actuelle, il faut tous se considérer comme porteur potentiel".

Les soignants sont très conscients des risques et redoublent de prudence

Par ailleurs, Pierre Boquého distingue les soignants de ville d'une part et le personnel hospitalier d’autre part. Et parmi ces derniers, “il y a ceux qui traitent les patients du Covid-19 et ceux qui s’occupent des patients habituels”. Il précise que ceux qui traitent des patients “classiques” ne présentent pas nécessairement plus de risques de transmettre le coronavirus.

Quant aux soignants de cas confirmés de Covid-19, ils sont très conscients de la "menace" qu’ils représentent, si bien qu’ils déménagent parfois pour ne pas contaminer leur famille : “parce qu’en famille, on ne porte pas de masque”, précise l’infirmier. Toutefois, ils ne représentent guère un danger pour leurs voisins, en raison des stricts protocoles d’hygiène qu’ils suivent.

“On se lave tellement les mains qu’elles finissent par saigner”

Au quotidien, le personnel soignant redouble donc de vigilance. “Comme la plupart de mes collègues, quand je rentre chez moi, j’enlève mes chaussures et me déshabille dans l’entrée, puis je vais directement prendre une douche. Parce que la meilleure façon d’inactiver le virus, c’est le savon. À partir du moment où on a pris cette douche, on est comme tout le monde”.

Quant aux halls d’immeuble et cage d’escaliers par lesquels il pourrait passer, il précise faire très attention. “On se lave les mains en quittant le travail, on se les frictionne avec du gel hydroalcoolique en sortant des transports, on ne se touche pas le visage…” De telle sorte que le risque de transmission du virus par les mains est réduit à néant.

“C’est lorsqu’on s’est souillé les mains en toussant ou éternuant et qu’on ne les a pas lavé que l’on peut propager le virus. Dès lors qu’elles sont lavées, il n’y a plus de risque”, explique Pierre Boquého. “Et on se lave tellement les mains qu’elles finissent par saigner”.

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Source(s):

Merci à Pierre Boquého, infirmier en libéral. 

Pressions, cambriolages : le sale quotidien de certains soignants en France, AFP médecine, 30 mars 2020. 

La Rochelle : une étudiante en soins infirmiers expulsée de son logement, Sud Ouest, 30 mars 2020.