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S’il était disponible uniquement dans les centres de vaccination, le vaccin Moderna, vaccin à ARN messager, peut désormais être administré par des professionnels de santé en médecine de ville ou en pharmacie.

Pour se prémunir contre la Covid-19, ce vaccin est administré en deux doses de 0,5 ml chacune. L'injection s'effectue en intramusculaire, idéalement dans le muscle deltoïde du bras. Pour rappel, le Vaccin Moderna COVID-19 mRNA (nucleoside modified) a été co-développé par des chercheurs du Biomedical Advanced Research and Development Authority (NIAID) la biotech américaine Moderna.

Alors que la vaccination se poursuit en France, Medisite s’est entretenu avec deux patientes, Christel (40 ans), Annie (68 ans) et Pauline (28 ans), après leurs injections. Elles nous racontent les heures qui ont suivi le vaccin, leurs effets secondaires et leurs ressentis. Témoignages.

Christel, 40 ans : “j’ai fait un choc anaphylactique de grade 2”

"Je me suis rendue dans une pharmacie du cinquième arrondissement de Paris le 17 juillet dernier pour me faire vacciner. Sans grand enthousiasme, mais avec l’impression de ne pas avoir vraiment le choix, si je voulais reprendre une vie normale. L’endroit était bondé, j’ai donc attendu une bonne demi-heure. Une fois venu mon tour, la jeune femme qui s’occupait des injections m’a installée sur une chaise, sans me poser une seule question sur mon état de santé ou mes éventuels antécédents.

Rapidement, et tout en discutant, elle m’a administré l’injection. Après un bref aller-retour dans la salle d’à côté pour aller chercher le patient suivant, elle m’a simplement dit : “voilà, c’est bon pour vous”, tout en me reconduisant vers l’entrée principale. Me laissant là, sans aucune consigne particulière (Devais-je attendre ? Partir ?), elle est retournée à ses injections. Livrée à moi-même, je me suis retrouvée dans la rue, prête à rentrer chez moi.

“J’ai eu l’impression qu’une main invisible enserrait ma gorge”

Quasiment tout de suite, j’ai senti comme une décharge électrique dans le bas ventre. Mais comme elle s’est dissipée aussi vite qu’elle est arrivée, ça ne m’a pas trop inquiétée. J’ai donc commencé à marcher, en m’éloignant de la pharmacie. Au bout de deux minutes, j’étais mal à l’aise, mon nez coulait de façon anormale et j’ai commencé à tousser. Sauf que j’avais l’impression de m’étouffer, je ne parvenais pas à expulser l’air correctement ni à reprendre mon souffle. Comme personne ne m’avait prévenu que cela pouvait être un effet du vaccin, je me suis d’abord demandé si j’avais avalé de travers, ou même attrapé froid. Je l’ai appris plus tard, je fais un choc anaphylactique de grade II.

Me sentant de plus en plus faible, je me suis assise dans le premier café que j’ai croisé. Là, j’ai eu l’impression qu’une main invisible enserrait ma gorge, comme si elle était gonflée de l’intérieur. Suffoquant, j’ai demandé un verre d’eau pour essayer de dissiper cette sensation. Puis j’ai commencé à sentir des démangeaisons au niveau du cou, sur le côté gauche (côté où j’ai reçu l’injection), qui descendaient jusqu’à l’épaule et à l’intérieur du bras. Pas très consciente de ce qu’il m’arrivait, je n’ai pas eu l’idée de retourner à la pharmacie. J’ai donc attendu que cela se calme un peu et je suis rentrée chez moi.

Une grosse tache rouge est apparue sur mon bras

Depuis, j’ai eu d’innombrables autres problèmes de santé. Durant les jours qui ont suivi la vaccination, j’ai eu une forte douleur au bras et je me sentais un peu faible, mais ça allait encore. Quarante-huit heures plus tard, mes règles sont arrivées d’un seul coup, avec une semaine d’avance et un flux anormalement abondant.

J’ai commencé à avoir, de nouveau, des démangeaisons au niveau du bras. Une grosse tache rouge est rapidement apparue, qui s’est étendue jusqu’à recouvrir les trois quarts de mon bras. Épuisée, j’étais clouée au lit. J’ai d’abord été voir un médecin pour mon bras, sans penser à lui parler de ce qu’il s’était passé à la sortie de la pharmacie. Il m’a prescrit des anti-histaminiques, car je commençais à avoir des démangeaisons sur tout le corps.

Une dizaine de jours après le vaccin, je me suis réveillée en pleine nuit complètement essoufflée, comme si je venais de courir un marathon. Au moindre déplacement, ne serait-ce que pour aller à la boulangerie, j’étais essoufflée, avec de vives douleurs thoraciques, comme des pointes dans le cœur. Je me suis donc rendue aux urgences. Heureusement, les examens n’ont pas révélé de grave problème au niveau cardiaque.

“Le vaccin Moderna m’a rendue asthmatique”

Une fois que cet épisode s’est apaisé, j’ai commencé à avoir une toux sèche, tellement forte que je me suis demandé si je n’avais pas attrapé la Covid. J’ai donc consulté un nouveau médecin, en visio. Cette fois-ci, j’ai pensé à évoquer ce qu’il m’était arrivé juste après la vaccination. La professionnelle de santé a rapidement fait le lien, en me disant que j’avais fait une réaction allergique au vaccin et que j’avais échappé au pire : heureusement que je n’avais pas fait d’œdème de Quincke.

Elle m’a prescrit de la ventoline en me précisant que si cette dernière atténuait ma toux, cela confirmerait qu’elle était bien la conséquence d’une allergie médicamenteuse. Elle m’a également expliqué que les symptômes allergiques pouvaient apparaître jusqu’à plusieurs semaines après l’exposition à la molécule. J’ai donc pris la ventoline et là, soulagement, j’avais l’impression de revivre.

Le dernier médecin que j’ai vu, pas plus tard que ce matin, m’a confirmé définitivement que je faisais de l’asthme, en réaction à la vaccination, et m’a prescrit du béclométasone pour au moins un mois. Le vaccin Moderna m’a donc rendue asthmatique : un comble pour moi, qui ne suis jamais malade et qui vit très sainement. Pour l’instant, si j’oublie malencontreusement de prendre mes médicaments, j’ai de l’urticaire partout et je tousse sans arrêt. J’ai l’impression qu’on m’a pris ma santé

À moitié vaccinée, je ne peux pas bénéficier du pass sanitaire

Mon autre inquiétude, c’est que je ne peux pas bénéficier du pass sanitaire et, pour l’instant, cela m’a contraint à mettre en suspens mon activité professionnelle. Le médecin m’a bien confirmé que je ne devais pas faire la deuxième injection, car en cas de nouvelle réaction allergique, elle pourrait me tuer. Mais il n’a pas voulu me donner de certificat médical, en me disant très clairement que sa hiérarchie lui mettait trop de pression sur le sujet. À force d’insister il a tout de même accepté de remplir le formulaire de l’ANSM pour remonter mes effets indésirables - chose que j’avais également faite de mon côté, en le téléchargeant sur Internet.

Je fais pourtant partie des cas exceptionnels, qui sont autorisés à recevoir le pass sanitaire sans recevoir la seconde dose. Problème : comme la pharmacie ne m’a pas surveillée après la vaccination, je ne peux pas prouver que je fais bien une réaction allergique au vaccin, malgré les trois diagnostics que j’ai reçus de trois médecins différents. L’un de mes recours serait de contacter l’Assurance maladie pour leur expliquer ma situation mais, pour l’instant, je n’ai pas réussi à les joindre, leur standard étant surchargé d’appels.

“Je me sens vraiment abandonnée”

En traversant tout cela, j’ai constaté qu’il y avait un gros souci au niveau de la remontée des effets secondaires : c’est à nous, patients, de faire la démarche auprès de la pharmacovigilance. Or, la plupart des gens l’ignorent et ne savent pas comment procéder. Cela m’inquiète pour toutes les personnes qui vivraient la même chose que moi.

Aujourd’hui, entre l’absence de surveillance par la pharmacie qui m’a vaccinée, le manque d’informations quant aux effets indésirables que peut occasionner le vaccin, la multitude de symptômes que je subis depuis un mois et le fait de ne plus pouvoir travailler ni avoir la moindre vie sociale, je me sens vraiment abandonnée."

Sources

Merci à Christel, Annie et Pauline pour leurs témoignages.

mots-clés : Effets secondaires
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