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Bonne nouvelle pour les personnes déjà contaminées par le coronavirus ! Les anticorps développés par leur organisme pour combattre le SARS-CoV-2 pourraient persister “jusqu’à 13 mois après l’infection”, selon une étude du CHU de Strasbourg, en attente de publication. Ils seraient même efficaces contre le variant anglais.

Covid-19 : l’immunité persiste jusqu’à 13 mois après l’infection

La précédente étude sur le sujet, publiée en janvier dans la revue Science, faisait état d’une immunité d’au moins huit mois après l’apparition des symptômes de la Covid-19. Ces nouveaux travaux, conduits par la biologiste Floriane Gallais et la professeure Samira Fafi-Kremer, ont suivi 1 309 personnes pendant plus d’un an et concluent à une immunité d'au moins 13 mois.

Parmi elles, 393 avaient déjà contracté une forme légère de la maladie, avant le début de la recherche. “Un an après l'infection, 97 % de [ces] individus ont gardé leurs anticorps anti-S” révèle un communiqué du CHU. Ces anticorps sont dirigés contre la protéine Spike, qui permet au virus de pénétrer dans les cellules.

En outre, les personnes qui ont déjà eu la Covid ont 96,7 % moins de risque d’être infectées par le virus que celles qui ne l’ont jamais eu, grâce à “la persistance à long terme des anticorps anti-S”. Ce qui montre bien une immunité... Et suggère qu’être contaminé deux fois reste très rare.

Les anticorps sont efficaces contre le variant britannique

Par ailleurs, les chercheurs se sont penchés sur l’efficacité des anticorps anti-S contre les variants. S’ils permettent de neutraliser le virus sauvage (c’est-à-dire la souche initiale du coronavirus) jusqu’à 13 mois après l’infection, ils sont aussi efficaces contre le variant britannique. “Mais pas le Sud-africain”, précisent toutefois les scientifiques. En tout cas, lorsqu’ils sont à un taux d’environ 2,3 log AU / mL dans l’organisme.

Mais quand on fait monter ce taux d’anticorps à 3 log AU / mL ou plus, grâce à la vaccination, ces derniers sont capables de neutraliser “les trois variants”. “Ce taux est atteint par toutes les personnes convalescentes vaccinées quel que soit leur taux pré-vaccinal, le type de vaccin et le nombre de doses”, précise le communiqué.

Pourquoi se faire vacciner si on a déjà eu la Covid-19 ?

Ainsi, les personnes qui ont déjà été malades ont donc tout intérêt à se faire vacciner - avec au moins une dose - pour être immunisées contre les variants. “En augmentant les taux d'anticorps neutralisants, le vaccin contre le SARS-CoV-2 peut renforcer leur capacité protectrice, en particulier contre les variants hébergeant des mutations d'échappement d'anticorps comme le variant sud-africain”.

"Cette étude réalisée sur une grande cohorte fournit pour la première fois des informations cruciales sur la persistance des anticorps circulants contre le SARS-CoV-2 après un Covid-19 léger et sur le risque de réinfection à long terme”, souligne la Pr Samira Fafi-Kremer. L’étape suivante ? Poursuivre ces travaux pour évaluer la persistance des anticorps sur 18 et 24 mois.

Sources

http://www.chru-strasbourg.fr/sites/default/files/communiques_presse/210518_CP_SerocovHUS.pdf

https://science.sciencemag.org/content/371/6529/eabf4063

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