L'augmentation du nombre de malades Covid-19 entraîne une déprogrammation d'opérations chirurgicales dans les hôpitaux. Et les patients en attente de greffe font partie des premiers concernés. Explications.

Covid-19 : des patients dans l'attente d'une greffe

Morgane, 26 ans, ne cache pas son agacement face au Covid-19.

"Ce n’est pas normal que le Covid-19 passe en priorité alors qu’il y a des maladies plus graves qu’on laisse de côté", déplore-t-elle au journal 20 minutes.

La jeune femme, lyonnaise, souffre d’une maladie auto-immune depuis plusieurs années. Après une greffe en 2015, puis un rejet, elle attend (patiemment) un rein depuis 2018. Mais elle craint aujourd'hui de faire partie des personnes "reléguées" au dernier rang, derrière les malades Covid-19.

Rappelons en effet que durant le premier confinement, 220 greffons rénaux ont été perdus faute de pouvoir les transplanter.

À cette période, l'Agence de la biomédecine recommandait de "reprendre l'activité de greffe rénale uniquement dans les départements où la circulation du virus était limitée". C'est-à-dire de privilégier les opérations dans les départements "verts" et non dans les départements "rouges".

Mais aujourd'hui, la situation est un peu plus complexe. Toutes les régions sont fortement impactées par le virus.

Et pour les patients dans l'attente - notamment les 16 000 personnes nécessitant une greffe de rein - l’angoisse liée à leur "perte de chance" grandit.

Une "perte de chance" réelle

Par perte de chance, on entend les préjudices subis par la victime, qui à cause d'un événement extérieur ou d'une personne, voit sa santé se dégrader. L'espérance de vie des patients peut également diminuer et Morgane, 26 ans, en a pleinement conscience.

"Pendant cette deuxième vague, les hôpitaux veulent arrêter l’activité de greffe de rein, avance Morgane. Cela m’embête et je ne suis pas la seule ! Imaginer que ce rein va atterrir à la poubelle [car il n'est pas prélevé sur un donneur décédé] et devoir attendre deux, trois ans avant d’être greffée, non, je ne le prends pas bien… On n’a déjà pas beaucoup de chance d’obtenir une greffe, alors que ça change notre vie !".

Toujours selon 20 minutes, ces patients ont en effet du mal à travailler ou à avoir une qualité de vie optimale quand ils doivent se rendre plusieurs fois par semaine dans un centre de dialyse.

La dialyse est, à titre de rappel, un traitement qui n'assure qu'incomplètement le remplacement de la fonction rénale. Elle débarrasse le sang des déchets et des toxines accumulés en excès dans le corps. Chaque séance dure entre trois et cinq heures et elle cause souvent des effets secondaires, dont les maux de tête, la nausée et la fatigue.

Les avantages de la greffe de rein

Pour le receveur, la greffe d’un rein provenant d’un donneur vivant présente des avantages très importants :

  • C’est le traitement le plus efficace de l’insuffisance rénale terminale ;
  • C’est le traitement qui permet la meilleure qualité de vie ;
  • C’est le traitement qui permet la plus longue espérance de vie.

À noter : la durée de vie d’un greffon provenant d’un donneur vivant est supérieure à la durée de vie d’un greffon provenant d’un donneur décédé.

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