Covid-19 : pourquoi perdre l'odorat n'est pas forcément une mauvaise nouvelle

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Vous venez de perdre le goût et l'odorat ? Vous avez sans doute été infectés par la Covid-19. Mais la bonne nouvelle, c'est que ce symptômes révèlerait un bon pronostic, selon un chercheur. En d'autres termes, vous devriez être à l'abri de complications.
Covid-19 : pourquoi perdre l'odorat n'est pas forcément une mauvaise nouvelleIstock

Au cours des derniers mois, des spécialistes ORL et infectiologues européens ont observé que les patients infectés par le coronavirus présentaient des troubles de l’odorat et du goût.

On parle d'anosmie - disparition brutale de l'odorat, mais sans nez bouché - et d'agueusie - disparition du goût. Ils sont désormais considérés comme des symptômes du coronavirus. La société française des ORL avait lancé une alerte sur la recrudescence de ces cas. Plusieurs médecins ont continué à mettre en garde la population.

D'après une étude parue au sein de la revue European Archives of Oto-Rhino-Laryngology, 88 % d'un panel de 417 patients développant des symptômes légers ou modérés et pris en charge dans une dizaine d'hôpitaux européens souffrent d'altération du goût.

Fait plutôt rassurant, 44 % de ces malades ont précisé avoir retrouvé le goût (et/ou l'odorat) moins de deux semaines après, selon cette recherche coordonnée par les Pr Jérôme Lechien (hôpital Foch, à Suresnes) et Sven Saussez (université de Mons, en Belgique).

Covid-19 : "la perte de l'odorat est un facteur de bon pronostic"

Interrogé par le Parisien, le Dr Jérôme Lechien a tenu des propos rassurants pour les patients concernés par l'anosmie ou l'agueusie. "La perte de l'odorat est un facteur de bon pronostic, dans l'évolution d'un Covid", détaille-t-il.

En d'autres termes, si vous perdez l'odorat, cela signifierait que la maladie ne serait pas trop grave. Attention, il existe toutefois des exceptions avec des complications sévères.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont examiné l'évolution de l'état de santé de 1300 patients atteints par le coronavirus. Ils les ont divisés en quatre groupes, selon le niveau de gravité.

On note les "légers" qui ont pu rester à leur domicile, les "modérés", avec quelques difficultés à respirer, les "sévères" qui ont eu besoin d'apports ponctuels en oxygène à l'hôpital, et les "très sévères" qui se sont trouvés en soins intensifs et en réanimation.

"Les résultats montrent que parmi les patients qui étaient dans les groupes 3 et 4, soit les plus fortement atteints, seuls 10 à 15 % d'entre eux avaient une perte d'odorat. En revanche, ils étaient 70 à 85 % avec ce symptôme dans les groupes 1 et 2, soit les cas les plus bénins", démontre le Dr Lechien.

Perte de l'odorat : "le virus est alors contenu par le système immunitaire"

Pour rappel, il a déjà été expliqué par une étude chinoise (parue au sein du Journal of Clinical Virology) que la perte des deux sens s'expliquerait par la capacité du coronavirus à s'attaquer à notre système nerveux, en endommageant les zones traitant les informations olfactives (relative à l'odorat).

De son côté, le Dr Lechien explique aussi que la perte d'odorat signifie que le virus arrive non seulement dans le nez, mais aussi dans le système nerveux central. "Des images IRM montrent alors une atteinte du bulbe olfactif, une région située à la base cerveau et qui a un rôle majeur dans l'odorat. Le virus est alors contenu par le système immunitaire. Cela lui évite un passage trop important dans les poumons et dans le sang, ce qui est le cas dans les cas les plus graves", ajoute le médecin.

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