Covid-19 : on sait pourquoi il y a plus de décès en Île-de-France

L’Ile-de-France fait partie des régions les plus sévèrement frappées par le Covid-19. Toutefois, des disparités semblent émerger au sein des départements qui la composent, avec une surmortalité particulièrement marquée en Seine-Saint-Denis, notamment. Zoom sur la surmortalité dans cette région, et les causes qui peuvent l’expliquer.
Covid-19 : on sait pourquoi il y a plus de deces en Ile-de-France

L’Ile-de-France fait partie des régions qui regroupent le plus de personnes contaminées au Covid-19, et donc, de décès. Depuis plusieurs semaines, la direction générale de la Santé rappelle chaque soir dans son communiqué de presse que l’Ile-de-France, le Grand-Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France regroupent à elles seules plus de 70 % des patients hospitalisés en réanimation.

Une surmortalité particulièrement marquée en Ile-de-France

En outre, une étude publiée le 11 mai par l'Observatoire régional de santé Ile-de-France, qui s’appuie sur les données de l’Insee, a mis en exergue la surmortalité liée au coronavirus dans cette région, et apporté des éléments d’explications. En cause, les disparités préexistantes dans une partie des départements franciliens - en particulier en Seine-Saint-Denis, qui compte 1,6 million d’habitants.

Dans ce diaporama, nous revenons plus en détail sur les différentes causes pouvant expliquer le nombre important de décès et de cas dans la région. Pour y accéder, cliquez sur l’image en haut de l’article.

+ 118,4 % de décès en Seine-Saint-Denis, versus 2019

D’après cette étude, la surmortalité est particulièrement importante en Seine-Saint-Denis, avec + 118,4 % de décès entre le 1er mars et le 10 avril 2020, par rapport à la même période en 2020. La partie nord de ce département, le plus pauvre de métropole, est sensiblement touchée.

Les autres départements denses qui entourent la capitale enregistrent également une hausse, avec + 101,5 % de décès dans les Hauts-de-Seine, + 94,1 % dans le Val-de-Marne et + 92,6 % à Paris.

À l’inverse, les niveaux de surmortalité semblent diminuer dès qu’on s’éloigne de la capitale, puisqu’ils sont moins forts en grande couronne - hormis dans le Val-d’Oise, qui se démarque avec + 90,1 % de morts.

+ 118,4 % de décès en Seine-Saint-Denis, versus 2019

© INSEE - ORS Ile-de-France

“Une approche infra-départementale est impérative”

Sur son site, l’Observatoire régional de santé précise que l’analyse de ces données “montre qu’une approche infra-départementale est impérative, puisque les différents établissements publics territoriaux (EPT) de Seine-Saint-Denis présentent des niveaux de surmortalité très sensiblement différents les uns des autres”.

En outre, le lieu de décès n’est pas un indicateur fiable pour calculer la mortalité des populations sur les territoires, puisque de nombreux patients sont décédés à l’hôpital, qui ne se situe pas forcément dans leur ville ou département de résidence. “Les habitants de Seine-Saint-Denis par exemple fréquentent largement les hôpitaux parisiens et val-de-marnais”, précise l’ORS. C’est pourquoi 22,1 % des décès Séquano-Dionysiens ont été enregistrés dans un autre département que la Seine-Saint-Denis.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.