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Le controversé professeur Didier Raoult a eu de vifs échanges avec David Pujadas, lors d'un entretien sur LCI. Alors qu'une deuxième vague du COVID-19 frappe l’Hexagone et qu’un reconfinement se profile, le scientifique a défendu les annonces qu'il avait faites ces derniers mois, pourtant dénoncés par de nombreux confrères.

Didier Raoult : “je ne fais pas de prédictions”

Que cela soit dans les médias, la presse scientifique ou sur les réseaux sociaux, le professeur Didier Raoult a fait de nombreuses prédictions concernant le nouveau coronavirus ces derniers mois. Interrogée sur ces dernières, l’infectiologue a assuré : "je ne fais pas de prédictions" puis il a poursuivi : "pourquoi croyez-vous qu’on m’écoute ? C’est parce que je dis toujours ce qui se passe au moment où ça se passe." Il assure ainsi n’avoir fait aucune erreur lors de la crise du nouveau coronavirus : “tout ce que je vous ai dit, je l’ai écrit, je l’ai publié et c’est vrai. Point final".

Il n’y a pas réellement de seconde vague selon l’infectiologue marseillais

Alors que de la France a enregistré son plus mauvais bilan journalier depuis le mois d'avril avec 523 morts et plus de 30 000 nouveaux cas de Covid-19 ce mardi 27 octobre, le professeur Didier Raoult estime que l’on ne peut pas parler de second vague. "Pour moi, ce n'est pas la même chose. Les coronavirus se recombinent et donnent des variants. Des gens ont fait des infections en mai, puis en août, alors qu'ils avaient des anticorps. Quand je vous avais répondu, ce n'était pas décrit, on ne pouvait pas s'y attendre." Ainsi pour lui : "le virus du printemps a disparu", et nous faisons aujourd’hui face à un autre virus.

Il reconnait toutefois : "ce que je n’avais jamais vu et que donc je ne prédisais pas, c’est qu’une population qui avait vu passer une épidémie puisse faire, dans les trois mois qui suivent, une autre épidémie (...)".

Didier Raoult dénonce la “dramatisation perpétuelle."

Lors de ses échanges houleux avec David Pujadas, le scientifique a estimé que ses annonces rassurantes - comme le faible risque d’avoir une seconde vague - n'avaient pas participé au laisser-aller observé chez certains Français ces derniers mois. Agacé, il a répondu au journaliste : "vous êtes devenus cinglés, vous êtes fou, vous n'avez pas à me dire si je dois être pessimiste et optimiste". Il a également expliqué : "Moi je ne veux pas faire peur aux gens. Je pense que ce pays vit une erreur dramatique qui est la dramatisation perpétuelle." Puis, il s’est défendu : "J'ai été un des premiers à dire que le lavage de mains était primordial pour endiguer la transmission des maladies respiratoires. On ne peut pas sans arrêt sur stimuler la population".

Didier Raoult : il n’est pas sûr que le confinement soit efficace

Didier Raoult : il n’est pas sûr que le confinement soit efficace

Alors que la France attend les annonces Président Emmanuel Macron sur un potentiel reconfinement, Didier Raoult émet des doutes sur l’utilité de la mesure. “Autant je ne suis pas sûr que le confinement avait une efficacité autant je pense que la fermeture des frontières en avait une”, a-t-il répondu au journaliste.

Concernant les stratégies à suivre, le scientifique opiniâtre préfère ne pas se prononcer. “Je suis un scientifique donc j’ai trop d’interrogations pour prendre des décisions simples de nature sociale (...)”, explique-t-il sur LCI. Il ajoute par la suite : "à l’heure actuelle, je ne me prononce pas là-dessus, je vois les différentes stratégies se mettre en place, en Suède, en Allemagne. Je ne suis ni journaliste, ni politique, je n'ai pas la solution miracle. Je ne sais pas évaluer les stratégies à ce point. Personne ne sait.".

En revanche bien qu’une partie de la communauté scientifique ait contesté ses résultats et ses publications, le professeur défend toujours ses essais sur l’hydroxychloroquine. "On n’a pas eu de mort injustifiable chez les gens qui ont été traités. Ce n’est pas arrivé", assure-t-il.

Pour lui, le rejet du médicament antipaludique aurait avant tout des explications financières. "Nous avons une civilisation qui est en train de changer, on se sent obligé de découvrir de nouvelles solutions pour les nouveaux problèmes, mais depuis 20 ans, ça n'a marché qu'une seule fois", estime-t-il.

Hydroxychloroquine : l’ANSM interdit son utilisation pour le covid

Hydroxychloroquine : l’ANSM interdit son utilisation pour le covid

Le professeur Didier Raoult s’est fait connaître médiatiquement en assurant que l’hydroxychloroquine était un traitement prometteur contre le nouveau coronavirus. Les travaux publiés par le scientifique semblaient confirmés ses propos. Toutefois, de nombreux scientifiques ont pointé du doigt de nombreuses faiblesses dans ses données.

Par ailleurs, d’autres études ont souligné de leur côté plusieurs effets secondaires inquiétants : signes aigus de psychose, des troubles cardiaques, des atteintes hépatiques ou encore des décès. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’ANSM se sont prononcées contre ce médicament dans le cadre du COVID-19 en mars dernier. L’agence du médicament française n’est pas revenue sur sa décision. Elle a refusé la demande de l’infectiologue de mettre en place un cadre temporaire autorisant l’utilisation de l'hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19.

L’organisation a indiqué sur son site internet : "Nous ne pouvons pas répondre favorablement à la demande de RTU (Recommandation Temporaire d'Utilisation, NDLR) de l'hydroxychloroquine dans la prise en charge de la maladie Covid-19". Elle explique "à ce jour, les données disponibles, très hétérogènes et inégales, ne permettent pas de présager d'un bénéfice de l'hydroxychloroquine, seule ou en association, pour le traitement ou la prévention de la maladie Covid-19". "Dans ce contexte et au regard des données de sécurité disponibles faisant apparaître des risques majorés, notamment cardio-vasculaires, il ne peut être présumé d'un rapport bénéfice/risque favorable de l'hydroxychloroquine quel que soit son contexte d'utilisation", conclut l’ANSM.

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

Didier Raoult sur LCI : "Je ne suis pas Nostradamus", LCI, 27 octobre 2020

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