Coronavirus : 78 % des pharmaciens craignent une pénurie de médicaments

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Si l’on salue quotidiennement le rôle du personnel hospitalier, d’autres soignants sont, eux aussi, mis à rude épreuve depuis le début de l’épidémie. C’est notamment le cas des pharmaciens de ville. Une enquête leur donne la parole.
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Les pharmaciens de ville font partie des métiers en première ligne dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Et pour cause, la fréquentation des officines a doublé depuis le début de la crise. Une enquête leur a donc donné la parole, afin de connaître leur vécu sur le terrain.

Les pharmacies, confrontées à la pénurie

Tout d’abord, on peut noter que la quasi-totalité des pharmacies a connu une explosion des demandes de masques, puisque 97 % d’entre elles se sont retrouvées en rupture de stock. 98 % des établissements ont aussi connu une pénurie de gel hydroalcoolique, et un tiers a ont dû en fabriquer eux-mêmes ou ont songé à le faire.

Mais les ruptures de stocks pourraient aussi bientôt s’étendre à certains traitements. 78 % des professionnels interrogés redoutent une potentielle pénurie de médicaments à moyen terme, notamment ceux fabriqués hors d’Europe ; et 74 % de leurs patients partagent ce sentiment. Pour rappel, la production des médicaments et de leurs matières premières est souvent effectuée en Asie.

Les pharmaciens continuent à exercer, malgré la peur du virus

Par ailleurs, la propagation du coronavirus en France inquiète 56 % de ces professionnels. Mais malgré un contact direct avec des clients potentiellement infectés, 87 % des pharmaciens ont continué leur exercice au comptoir. Plus des trois quarts d’entre eux ont tout de même mis en place des mesures d'aseptisation des lieux (gel hydro-alcoolique à disposition des patients, nettoyage des lieux plus fréquent…).

48 % des patients ne suivraient pas les recommandations sanitaires

Les pharmaciens sont aussi des témoins directs de la réaction des Français face à l’épidémie. D’après eux, 34 % de la population serait en proie à la panique et 41 % dans l’incertitude. Environ un quart de leurs clients ont un sérieux besoin d’explications.

Près d’un pharmacien sur deux pensent que les patients ne suivent pas correctement les recommandations sanitaires, et presque autant estiment qu’ils ne sont pas suffisamment bien informés. Un problème qu’ils tentent de pallier, puisque 93 % de ces professionnels assument leur rôle de conseil et d’accompagnement, et tentent d’apporter des explications aux patients.

Ils demandent une meilleure reconnaissance de leur rôle de soignant

Si les pharmaciens se sentent relativement informés, ils estiment ne pas avoir été suffisamment impliqués par le gouvernement dans la gestion de cette crise.

Ainsi, 61 % des pharmaciens pensent que la communication envers les professionnels de santé est suffisamment détaillée et à jour, au regard de l’avancement de la propagation. 78 % de ces professionnels disent aussi recevoir des mises à jour et des informations régulièrement, afin de pouvoir répondre aux patients qui viennent chercher l’information en officine.

Mais la moitié de ces praticiens affirme ne pas avoir été suffisamment impliquée par le gouvernement, et 47 % estiment que les mesures prises à leur égard ont été insuffisantes. La crise n’a pas non plus renforcé leur lien avec les médecins généralistes, puisque 59 % disent ne pas travailler en collaboration plus étroite sur la gestion de l’épidémie.

Selon les pharmaciens interrogés, les deux actions à mettre en œuvre en urgence pour prévenir la propagation du Covid-19 seraient de :

  • Faire respecter davantage le confinement.
  • Équiper le personnel des pharmacies de matériel de protection (masques, gants, gel).

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Source(s):

Étude qualitative menée par l’institut Pharmed’Insight du 12 au 17 mars 2020, auprès de 100 titulaires d’officines en France. 

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