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La vaccination contre la Covid-19 poursuit son envol en France. Après Pfizer et Moderna, le vaccin AstraZeneca a été proposé aux Français, tous comme le Janssen. Si des effets secondaires ont été recensés par l’ANSM pour chacune des injections, c’est AstraZeneca qui a suscité la panique générale.

Suite à plusieurs cas de thromboses (caillot sanguin), de nombreux pays européens dont la France, ont décidé de suspendre momentanément AstraZeneca. "La France suspend l'utilisation du vaccin contre la Covid-19 du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca à titre préventif après le signalement d'effets secondaires, en attendant un avis de l'autorité européenne du médicament, qui sera rendu mardi", annonçait Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à Montauban.

Trois jours plus tard, alors que l’Agence européenne du médicament (EMA) a mené son enquête, les injections ont repris en France. Si l’EMA juge AstraZeneca "sûr et efficace", l'ANSM confirme toutefois le lien de cause à effet entre la vaccination et les événements thromboemboliques.

À la suite de ces rebondissements, les Français sont mitigés et ne cachent pas leur appréhension. En réalité, ils ne savent plus quoi penser. Medisite a rencontré Céline, Elisabeth, Marie-France et Patrick. Ils nous parlent de leurs ressentis vis-à-vis de AstraZeneca et nous racontent pourquoi ils se sont fait vacciner, ou au contraire, pourquoi ils ont changé d’avis.

AstraZeneca : "Je me demandais comment mon corps allait réagir"

Mon mari et moi avons 84 ans, et selon moi, au vu de notre âge, la vaccination est la meilleure façon de nous protéger contre la pandémie. Nous n’avons pas été malade cette année et si nous avons attrapé la Covid-19, nous ne l’avons pas su. Nous avons donc accepté de nous faire vacciner avec AstraZeneca qui venait de nous être proposé. Je fais le vaccin contre la grippe depuis plus de 20 ans et tout s’est toujours bien passé. Je n’avais donc aucune raison de me méfier du vaccin contre la Covid-19. De toute façon, si on avait eu peur, on n’y serait pas allés (rire) !

Or, deux jours après la vaccination, j’ai appris la suspension du vaccin AstraZeneca en France. L’inquiétude est montée. Je me demandais comment mon corps allait réagir. J’admets m’être posée des questions.

Pour le moment, je n’ai aucun effet secondaire à signaler, qu’il s’agisse de moi ou de mon mari. Ni douleur, ni fièvre. Après les rebondissements des derniers jours, ma fille a demandé l’avis de son médecin traitant concernant AstraZeneca. Il l’a rassurée en lui disant que "ce vaccin ne nous fera pas mourir, ils se valent tous [les vaccins, ndlr]".

Plus les jours passent, plus mon inquiétude disparait. Je me dis que les autorités ne prennent pas les risques à la légère et que s’ils ont choisi de maintenir ce vaccin, c’est qu’ils ont leurs raisons et qu’il doit être sérieux.

Céline, 84 ans

AstraZeneca : "j’ai eu l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur"

AstraZeneca : "j’ai eu l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur"© Istock

Je fais partie des personnes vaccinées avec AstraZeneca. J’ai plus de 55 ans et aucune comorbidité, mais j’ai eu l’opportunité de me faire vacciner grâce à ma fille qui est médecin. Elle m’a appelé en me disant que 10 doses étaient sur le point d’être jetées. Suites aux derniers rebondissements liés à ce vaccin, les patients de plus en plus réticents ne se s’étaient pas présentés pour l’injection.

Pour ma part, je n’avais aucune crainte particulière. J’ai confiance en nos autorités de santé. J’ai donc accepté la proposition de ma fille.

Je ne pouvais même plus décoller ma tête de mon oreiller

Je n’ai pas échappé aux effets indésirables. Les premiers sont survenus dans la nuit. Je suis passée par une sensation de fièvre et le lendemain, je me suis réveillée avec un violent mal de tête. Elle était tellement lourde qu’il m’était impossible de sortir de mon lit. Je ne pouvais même plus décoller ma tête de mon oreiller, tant, c'était douloureux.

La douleur a fini par s’estomper, laissant place à des vilaines courbatures dans l’après-midi, seulement 24 heures après l’injection. J’avais l’impression d’être passé sous un rouleau compresseur. Les courbatures ont persisté jusqu’au lendemain matin, puis se sont apaisées grâce au Paracétamol.

Tout est revenu à la normale au bout de 48 heures. Je ne regrette en rien d’avoir fait ce vaccin. Je suis persuadée d’être protégée contre la Covid-19. Je pense que si AstraZeneca est déployé en France, c’est qu’on peut l’utiliser. Mon mari, qui a fait l’injection en même temps que moi, n’a subi aucun effet secondaire de son côté. J’attends la deuxième dose dans deux mois.

Elisabeth, 55 ans

Vaccin : "c’était comme si j’avais attrapé une nouvelle fois le covid"

Vaccin : "c’était comme si j’avais attrapé une nouvelle fois le covid"© Istock

Je tenais à me faire vacciner, car j’ai déjà eu la Covid-19 et je sais ce que c’est. J’ai dû être hospitalisée fin 2020 et je ne veux pas revivre ça.

AstraZeneca : "ce vaccin, je n'en voulais pas"

Toutefois, après avoir entendu les potentiels risques liés à AstraZeneca à la TV, j’étais catégorique : ce vaccin, je n’en voulais pas. Certes, il n’y a pas eu de drame après l’injection et les effets sont rares, peut-être n’ont-ils rien à voir avec ce vaccin… Mais tous ces rebondissements ont suffi à me rendre réticente. J’ai donc fait en sorte de me faire vacciner avec Pfizer.

Le lendemain, j’ai subi des effets secondaires relativement violents. On m’avait prévenu que c’était possible, mais je n’imaginais pas ça. Fatigue, fièvre, douleurs… J’avais l’impression d’avoir la Covid pour la deuxième fois. Le soir, j’ai eu des frissons terribles. C’était comme si le cauchemar recommençait. Heureusement, le surlendemain, j’allais mieux. Mes anticorps ont bien travaillé. Aujourd’hui, je vais bien.

Marie-France, 70 ans

AstraZeneca : "Malgré mon diabète, j’ai renoncé au dernier moment"

AstraZeneca : "Malgré mon diabète, j’ai renoncé au dernier moment"© getty

J’ai voulu me faire vacciner contre la Covid-19 pour réduire mes risques et surtout parce que j’ai du diabète. Je fais donc partie des personnes vulnérables et je ne voudrais pas être victime d’une forme grave. Grâce à ma belle-sœur, j’ai pu obtenir une place pour recevoir une injection AstraZeneca.

"Je suis allé au rendez-vous, mais j'ai décliné au dernier moment"

Plus la date approchait, plus j’étais réticent. Il faut dire qu'au même moment, les suspensions s’enchaînaient en Europe. On parle de caillots sanguins et de thrombose… je dois dire que ça m’a refroidi. Je me suis quand même rendu au rendez-vous pour la vaccination. Mais au dernier moment, j’ai décliné.

Cruel hasard ou coup du destin, le lendemain, AstraZeneca est suspendu en France. Je suis donc intimement convaincu d’avoir fait ce qu’il fallait. Je n’ai pas de regret. Si aujourd’hui, ce vaccin est à nouveau disponible en France, je n’ai pas changé d’avis pour autant. Dans l’immédiat, je ne souhaite pas le faire.

Toutefois, je ne renonce pas à la vaccination. Elle semble, selon moi, être un moyen de se protéger et peut-être de sortir de cette crise. J’attends donc l’arrivée d’autres vaccins, comme Janssen de Johnson & Johnson.

Patrick, 62 ans

> Un expert santé à votre écoute !

Sources

Merci à Céline, Elisabeth, Marie-France et Patrick pour leurs témoignages

mots-clés : Diabète
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