Triglycérides élevés : les deux formes

A partir de quel taux de triglycérides dans le sang souffre-t-on d’hypertriglycéridémie ? Quelles sont les deux formes de cette maladie, et quels en sont les risques ? Medisite fait le point avec les explications du professeur Michel Krempf, endocrinologue.

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© Adobe StockVotre dernier bilan lipidique affiche un taux de triglycérides plus élevé que la norme. Mais qu’est-ce que cela signifie ? Les triglycérides sont des graisses qui circulent dans le sang et selon la société européenne de l’athérosclérose (EAS), le taux de ces lipides pose un problème médical à partir de 1,5 gramme par litre de sang (g/L). Plus précisément, "il existe deux formes d’hypertriglycéridémie : la forme majeure, et la forme modérée", selon le professeur Michel Krempf, endocrinologue et responsable du service Endocrinologie et métabolismes au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nantes.

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À chaque hypertriglycéridémie ses conséquences sur la santé

La forme modérée concerne les personnes dont le taux de triglycérides sanguin varie entre 1,5 et 10 g/L selon l’EAS. "La première conséquence de cette forme d’hypertriglycéridémie est un inconfort, une baisse de la qualité de vie et une somnolence après les repas", détaille le professeur Krempf. "Si elle constitue un facteur de risque moins important que le cholestérol LDL (ou 'mauvais' cholestérol), l’hypertriglycéridémie modérée reste une cause de maladie cardiovasculaire car elle participe à l’obstruction des artères", avertit l’endocrinologue. Elle augmente ainsi les risques d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique.
La forme majeure de l’hypertriglycéridémie est quant à elle est déclarée à partir d’un taux de triglycérides de 8 ou 10 g/L. Elle occasionne un risque important de pancréatite, une inflammation du pancréas. "Très souvent, l’hypertriglycéridémie majeure possède des facteurs génétiques avec des histoires identiques dans la famille", précise le professeur Krempf.
Au sein de ces formes, certains sujets sont plus à risque que d’autres : il s’agit des personnes qui ont un taux de cholestérol HDL (le "bon" cholestérol) bas. Un cercle vicieux s’enclenche alors, puisqu’un excès de triglycérides diminue le bon cholestérol.

Alimentation et activité physique contre l’excès de triglycérides

Quels traitements existent contre l’excès de triglycérides ? "Les triglycérides sont très sensibles à l’alimentation et au mode de vie", révèle le professeur Krempf. "Une part importante du traitement repose donc sur la diététique et l’augmentation de l’activité physique, qui participe à la régulation pondérale", précise-t-il. "Les trois ennemis majeurs du taux de triglycérides sont en effet le surpoids (notamment l’excès de graisse abdominale), la consommation excessive d’aliments sucrés (y compris le fructose utilisé comme édulcorant) et la consommation d’alcool, car toute boisson alcoolisée fait grimper le taux de triglycérides", nous apprend l’endocrinologue. En deuxième intention, si l’hygiène de vie ne suffit pas à abaisser le taux de triglycérides, un traitement médicamenteux est envisagé. Le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la prise en charge des dyslipidémies publié en février 2017 préconise la prescription defibrates (notamment de lipanthyl) si le taux de triglycérides dépasse les 5 g/L. "En fonction du risque cardiovasculaire, on pourra y associer une statine", précise le professeur Krempf. Si le taux est inférieur à 5 g/L, le traitement sera une statine éventuellement associé à des fibrates. Au cours du traitement, le patient devra réaliser des bilans lipidiques réguliers. "Mais généralement, les triglycérides sont très fluctuants d’un jour sur l’autre. Les nouvelles recommandations préconisent par ailleurs de réaliser le bilan sanguin quand le patient n’est pas à jeun pour capter un maximum de perturbation possible", relève enfin l’endocrinologue.

 
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