L’Hédyote diffuse, une herbe médicinale très prometteuse pour soigner le cancer de l’estomac selon une nouvelle étude

Publié par Sandrine Coucke-Haddad
le 16/01/2026
herbes médicinale cancer gastrique
Istock
Connaissez-vous le Scleromitrion diffusum, plus connue sous le nom d’Hédyote diffuse ou herbe d’Hédyote ? Cette jolie fleur blanche pourrait révolutionner la prise en charge du cancer de l’estomac selon les résultats très prometteurs d’une nouvelle étude. 

 

La pharmacopée traditionnelle, utilisée dans les médecines ancestrales, peut cacher des trésors. C’est le cas de l’herbe Hedyotis diffusa (Bai Hua She She Cao, de son nom chinois) qui se révèle une arme de poids contre les cellules cancéreuses, plus particulièrement pour certains cancers digestifs, comme le cancer de l’estomac. Cette “plante anticancéreuse reconnue en médecine traditionnelle chinoise, a démontré un potentiel clinique prometteur contre le cancer de l'estomac”, indiquent les chercheurs chinois à l’origine d’une étude publiée il y a quelques semaines dans la revue Oncology Advances. 

Hedyotis diffusa aussi utile pour booster l’effet des chimiothérapies ? 

Des résultats qui s’ajoutent à ceux de travaux similaires, menés par une équipe de pharmacologues indiens, et publiés dans la revue Biomedical and Pharmacology Journal il y a quelques mois : “Ses composés bioactifs, comme les polysaccharides et les flavonoïdes, ont amélioré l'efficacité de la chimiothérapie et de la radiothérapie tout en atténuant leurs effets secondaires”, concluent les chercheurs du Département de chimie pharmaceutique et du Département de pharmacologie de la ville de Chennai, située sur la côte Est de l’Inde. 

Une herbe miracle ? En tout cas prometteuse, car les cancers gastriques se classent au quatrième rang de la mortalité par cancer. Avec un taux de survie à cinq ans qui peine à dépasser les 36 % pour les stades avancés.

Herbe d’Hédyote contre le cancer : 3 familles de composés actifs identifiés

Traditionnellement utilisée pour ses vertus détox, l'herbe Scleromitrion diffusum est particulièrement intéressante ici grâce à sa structure biochimique. Les chercheurs ont en effet isolé plusieurs composants actifs herbacés pour le traitement du cancer du foie et de l'estomac. Parmi eux, les flavonoïdes jouent un rôle prépondérant. Les chercheurs mettent en avant l'efficacité de la quercétine et du kaempférol contre la prolifération cellulaire, ces molécules agissant en synergie pour freiner l'expansion tumorale. On retrouve également des terpénoïdes, comme l'acide oléanolique. Ce dernier a montré des résultats notables en inhibant la cancérogénèse hépatique sur les souris. 

Mais surtout, ces substances ne travaillent pas isolément, et c’est la force d’une telle plante : elles forment un réseau synergique qui perturbe la biologie du cancer. En intervenant sur plusieurs fronts, cette plante semble ainsi capable d’agir simultanément sur la division cellulaire et l'environnement de la tumeur.

Cancers de l’estomac : surmonter les défis de la biodisponibilité

Si les résultats en laboratoire sont très encourageants, le passage au traitement clinique va se confronter à des ajustements techniques. Certains composés puissants, comme l'acide ursolique, sont difficilement absorbés par l'organisme humain, ce qui limite leur efficacité par voie orale simple. La recherche actuelle, détaillée dans la revue Oncology Advances, se concentre sur des formulations avancées pour la mise au point de nouveaux médicaments. Ces avancées ouvrent la voie à des combinaisons prometteuses avec les immunothérapies, une lueur d'espoir pour les patients atteints de cancers digestifs avancés.

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Zhang YX, Qin JJ, Guan XQ. Pharmacological Insights into Scleromitrion diffusum (Willd.) Against Gastric Cancer: Active Components and Mechanistic Pathways. Oncology Advances. 2025;3(2):87-100. doi: 10.14218/OnA.2025.00011

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