Il se met à boiter après une chute… c’est en fait le signe d’un rare cancer de l’os

Publié le 23 Avril 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Un enfant de neuf ans a commencé à boiter après une chute dans son jardin. Inquiète, sa mère consulte un médecin… et découvre que son fils est en réalité atteint d’un grave cancer de l’os.
Publicité

Il se met à boiter après une chute… c’est en fait le signe d’un rare cancer de l’os© Istock

Parfois, ce sont les symptômes les plus anodins qui doivent nous alerter… Et dans le cas de ce petit garçon anglais, c’est une chute dans le jardin qui lui aura permis de découvrir qu’il souffrait d’un cancer.

Publicité

Les médecins pensent d’abord à des lésions ligamentaires

En 2015, Frankie n’a que neuf ans lorsqu’il tombe dans son jardin, et se met à pleurer. Un fait plutôt rare, à en croire sa maman, Alison Biggs. Ce jeune joueur de rugby que l’on surnomme “Frank the Tank” est plutôt un dur à cuire, et n’est pas du genre à se plaindre.

C’est pourquoi lorsque son fils se met à boiter, Alison sent tout de suite que quelque chose ne va pas. Elle l’emmène chez son médecin traitant, qui lui diagnostique des lésions ligamentaires. Au cours des neufs semaines qui suivent, Frankie est ausculté par quatre généralistes, avant d’être renvoyé vers un physiothérapeute.

Mais lorsqu’elle surprend son fils en train de descendre les escaliers sur les fesses, tellement son genou lui fait mal, sa mère l’emmène à l’hôpital local d’Epsom, en espérant qu’il pourra bénéficier d’examens plus poussés. Une fois de plus, les médecins lui disent qu’il s’agit de simples lésions ligamentaires. Alison refuse de partir avant que son fils ait passé une radio, et un médecin finit par lui donner raison. “A partir de ce moment, tout s’est accéléré”.

Publicité

Une IRM révèle un ostéosarcome - un cancer de l’os

La radiographie révèle que Frankie a la rotule cassée. L’équipe soignante lui prélève un échantillon de sang avant de lui plâtrer la jambe - un détail qui laisse Alison un peu perplexe. Peu après, on lui retire le plâtre pour lui faire passer une IRM. Le diagnostic est alors accablant. “En début de soirée, mon mari, Lee, et moi avons appris qu’il s’agissait d’un cancer”.

Publicité

Le jeune Frankie souffre, en effet, d’un ostéosarcome, une forme de cancer des os plutôt rare, qui touche principalement les enfants et les adolescents. En France, on enregistre chaque année 4,8 nouveaux cas par millions d’habitants de moins de 20 ans. La tumeur qu’il présentait à la jambe gauche lui avait cassé la rotule en deux. Et le temps que la maladie soit diagnostiquée, elle s’était étendue aux deux genoux, et le garçon présentait vingt petites tumeurs aux poumons.

Une terrible nouvelle pour les parents, sous le choc. D’autant que leur fils n’a jamais présenté aucun autre symptôme, tels que l’apparition d’ecchymoses ou un gonflement des ganglions lymphatiques. “Et comment peut-on dire à un enfant de neuf ans qu’il a un cancer ?” s’interroge sa maman.

Publicité

Entre espoirs et rechutes : le début d’un terrible ascenseur émotionnel

Le petit garçon commence la chimiothérapie fin octobre, juste avant son dixième anniversaire. Trois mois plus tard, les médecins lui retirent la moitié de l’os, de sa cuisse jusqu’au milieu du tibia, et le remplacent par une jambe bionique. “Il aurait dû être le premier enfant de Surrey à posséder deux jambes bioniques”, indique sa maman. “Malheureusement, son premier cycle de chimio n’a pas bien fonctionné. Au lieu de sa seconde opération, il a dû commencer un traitement beaucoup plus agressif pour empêcher la propagation des tumeurs”.

Ce second traitement semble plus efficace, et redonne espoir à la famille. “Mais l’ostéosarcome est très intelligent, et les choses ont vite dérapé”. Fin 2017, peu avant Noël, Alison prépare son fils aîné pour aller à l’école lorsqu’elle entend Frankie tousser. “Je suis allé le voir. Il y avait du sang partout. Une tumeur avait fait éclater un vaisseau sanguin dans son poumon”. Les médecins lui retirent le lobe inférieur du poumon gauche, mais une semaine après sa sortie de l’hôpital, le garçon subit une autre crise. Un scanner révèle alors que le cancer s’est étendu au cerveau.

Un traitement à base de cannabis permet à l’enfant d’éviter la douleur liée à la maladie

Lorsque les soignants lui envoient une équipe de soins palliatifs, la maman veut continuer à se battre. “Nous avons commencé à le traiter avec du cannabis, une méthode trouvée par Lee après des semaines de recherche. Cela n’a pas permis de guérir le cancer, mais a très bien fonctionné pour soulager la douleur”, précise Alison. Son petit garçon lui avait fait promettre de ne pas le renvoyer à l’hôpital, et la maman refusait de le voir à l’agonie, comme la plupart des enfants souffrant de ce type de cancer.

Publicité

“S’il y a bien une chose que je peux tirer de cette expérience, c’est que Frankie n’est pas mort dans la douleur”. Le garçon s’est éteint le 31 janvier 2018, dans l’ambulance qui le conduisait à l’hôpital. “Il adorait les voitures et c’est ce qu’il aurait voulu : partir à 100 km/h, avec les gyrophares bleus clignotants”.

La rédaction vous recommande sur Amazon :
Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !
X