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Les pesticides favorisent-ils le risque de cancer du sein chez les femmes après la ménopause ? Dans une étude parue ce 15 mars dans la revue International Journal of Epidemiology, les chercheurs d’une équipe mixte INRAE, Inserm, Cnam et Université Sorbonne Paris Nord assurent qu'il pourrait y avoir un lien entre l'exposition aux pesticides via l'alimentation et l'apparition de cancers du sein chez les femmes ménopausées. Comme le rapporte l'Inserm, "actuellement en Europe, certains pesticides utilisés en grande quantité dans l'agriculture sont suspectés d’effets délétères sur la santé humaine reproductive, et pourraient avoir un rôle notamment dans la survenue de cancers du sein".

La nouvelle étude des chercheurs, menée sur quatre ans, a commencé en 2014. Les participantes ont répondu à un questionnaire permettant d’évaluer leur consommation d’aliments biologiques et conventionnels. Un total de 13 149 femmes ménopausées a été inclus dans l’analyse, constituant l’échantillon de cette étude, et 169 cas de cancers ont été signalés. "Grâce à une base de données de contamination des aliments selon leur mode de production, les chercheurs ont mesuré l'exposition à 25 substances actives entrant dans la composition de pesticides autorisés en Europe, incluant ceux utilisés en agriculture biologique", explique l'Inserm.

Une augmentation du risque de cancer du sein en post-ménopause

Une méthode qui a permis d’établir quatre profils d’exposition aux pesticides, traduisant des mélanges différents de pesticides auxquels nous sommes exposés via l’alimentation. Ensuite, des modèles statistiques ont été utilisés pour analyser ces profils, afin d’explorer le lien potentiel avec le risque de survenue d’un cancer du sein. Le premier profil est caractérisé par une exposition élevée aux chlorpyriphos, imazalil, malathion et thiabendazole, des pesticides de synthèse. Dans ce profil, les chercheurs noten t une augmentation du risque de cancer du sein en post-ménopause chez les femmes en surpoids (IMC entre 25 et 30) ou obèses (IMC>30). À l’inverse, le troisième profil est lui caractérisé par une exposition faible à la plupart des pesticides de synthèse et ils ont constaté une diminution de 43% du risque de cancer du sein en post-ménopause. Les deux autres profils identifiés n’étaient pas associés au risque de cancer du sein.

"Ces résultats suggèrent un lien entre certains profils d'exposition aux pesticides et la survenue de cancers du sein en survenue de cancers du sein en post-ménopause. Mais pour confirmer ces données, il est primordial d'une part de mener des études expérimentales pour éclaircir les mécanismes impliqués, et d'autre part de confirmer ces résultats dans d'autres populations", conclut l'Inserm. Ces chercheurs, s'appuyant sur les enquêtes de la cohorte NutriNet-Santé portant sur la consommation alimentaire, avaient déjà établi que les consommatrices d'aliments issus de l'agriculture biologique présentaient un moindre risque de cancer du sein en post-ménopause.

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