Manger du poisson peut-il impacter votre risque de cancer de la peau ? Oui si on en croit les chercheurs de l'Université Brown, aux États-Unis. Selon leur dernière étude publiée le 9 juin dernier dans la revue Cancer Causes & Control, la consommation régulière de poisson augmentait le risque de mélanome.

L’étude démontre qu'il existe un lien entre la consommation de poisson et le développement d'un cancer de la peau. Manger des grandes quantités de poissons, notamment de thon et de poisson non frit, est associé à un risque plus élevé de mélanome malin. Les chercheurs de l'université de Brown ont constaté que le risque de mélanome malin était 22% plus élevé chez les personnes dont la consommation quotidienne médiane de poisson était de 42,8 grammes, par rapport à celles dont la consommation quotidienne était de 3,2 grammes.

Poisson : quelle quantité vous met en danger ?

Ils ont également observé que les personnes dont la consommation quotidienne médiane de poisson était de 42,8 grammes présentaient un risque accru de 28% de développer des cellules anormales dans la couche externe de la peau uniquement (mélanome de stade 0 ou mélanome in situ) par rapport aux personnes dont la consommation quotidienne médiane était de 3,2 grammes de poisson.

À noter qu’une portion de poisson correspond à environ 140 grammes de poisson cuit. En pratique, pour examiner la relation entre la consommation de poisson et le risque de mélanome, les auteurs ont analysé les données recueillies auprès de 491 367 adultes recrutés à travers les États-Unis dans le cadre de l’étude NIH-AARP Diet and Health Study entre 1995 et 1996.

Les participants, âgés de 62 ans en moyenne, ont ainsi indiqué la fréquence à laquelle ils avaient consommé du poisson frit, du poisson non frit et du thon au cours de l'année précédente, ainsi que la taille de leurs portions. Les chercheurs ont donc calculé l'incidence des nouveaux mélanomes qui se sont développés sur une période médiane de 15 ans en utilisant les données obtenues des registres du cancer.

Ils ont pris en compte les facteurs sociodémographiques, ainsi que l'IMC des participants, leur niveau d'activité physique, leurs antécédents de tabagisme, leur consommation quotidienne d'alcool, de caféine et de calories, leurs antécédents familiaux de cancer et les niveaux moyens de rayonnement UV dans leur région. Résultat, 5 034 participants (1,0%) ont développé un mélanome malin pendant la période d'étude et 3 284 (0,7%) un mélanome de stade 0.

Cancer de la peau : un risque de mélanome malin supérieur de 20 %

Les chercheurs ont constaté qu'une consommation plus importante de poisson non frit et de thon était associée à un risque accru de mélanome malin et de mélanome de stade 0. Les personnes dont la consommation quotidienne médiane de thon était de 14,2 grammes présentaient un risque de mélanome malin supérieur de 20% et un risque de mélanome de stade 0 supérieur de 17%, par rapport à celles

dont la consommation quotidienne médiane de thon était de 0,3 g. Une consommation médiane de 17,8 g de poisson non frit par jour était associée à une augmentation de 18 % du risque de mélanome malin et de 25% du risque de mélanome de stade 0, par rapport à une consommation médiane de 0,3 g de poisson non frit par jour. Les chercheurs n'ont pas identifié d'association significative entre la consommation de poisson frit et le risque de mélanome malin ou de mélanome de stade 0.

Les contaminants dans le poisson en cause ?

Eunyoung Cho, auteur principal de l’étude, suppose que les biocontaminants contenus dans le poisson pourraient être liés à ce risque accru de cancer de la peau.

"Nous spéculons que nos résultats pourraient éventuellement être attribués aux contaminants présents dans le poisson, tels que les biphényles polychlorés, les dioxines, l'arsenic et le mercure. Des recherches antérieures ont montré qu'une consommation élevée de poisson est associée à des niveaux plus élevés de ces contaminants dans le corps et ont identifié des associations entre ces contaminants et un risque plus élevé de cancer de la peau. Cependant, nous notons que notre étude n'a pas examiné les concentrations de ces contaminants dans le corps des participants et que des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour confirmer cette relation", précise-t-il.

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Sources

Fish intake and risk of melanoma in the NIH-AARP diet and health study, Cancer causes Control, juin 2022.

https://link.springer.com/article/10.1007/s10552-022-01588-5 

mots-clés : Mélanome
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