Cancer du poumon : une application peut le détecter à temps

Publié le 04 Juin 2019 à 15h28 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Un questionnaire de 13 questions délivré par l’application Smokecheck permet de repérer précocement les signes d’un éventuel cancer du poumon. Un enjeu de taille, puisque dans 80 % des cas, ces cancers pris trop tard son incurables.
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Des questions simples qui peuvent pourtant sauver des vies. "Toussez-vous depuis 3 semaines ? Etes-vous essoufflé ? Avez-vous perdu du poids récemment ?" : voici le genre de questionnaire capable de détecter un cancer du poumon à temps. A l’origine de Smokecheck, on retrouve le Dr François Goupil pneumologue, et le Dr Fabrice Denis, cancérologue au Mans (Sarthe). En utilisant leur nouvelle application, les patients pourront ainsi savoir s’ils doivent consulter pour des examens approfondis.

"Nous, pneumologues, nous voyons des cancers à des stades évolués alors que les symptômes avaient débuté quelques mois auparavant, témoigne le Dr Goupil à France Bleu. Si nous avions pu prendre ces patients en charge plus tôt, le pronostic aurait pu être changé". En effet, dans 80 % des cas, les cancers du poumon sont décelés bien trop tard et deviennent, de ce fait, incurables.

Chaque année, 30 000 personnes succombent à un cancer du poumon en France. Pourtant, détecté précocement, la tumeur pourrait être éradiquée dans 90 % des cas. D’où l’intérêt d’une telle application, développée par deux experts des maladies pulmonaires, basés au CHU du Mans.

Un outil dédié particulièrement aux fumeurs

Le Dr Fabrice Denis n’est pas à son coup d’essai. Il avait déjà créé une autre application, destinée à repérer les rechutes chez les patients traités pour un cancer du poumon. Ses derniers résultats avaient montré un allongement de 7 mois en moyenne de la survie des malades.

L’idée lui est alors venue de concevoir une application dédiée aux fumeurs. C’est là que Smokecheck voit le jour. "Du fait de leur dépendance au tabac, les fumeurs sont souvent dans le déni ou dans la culpabilité. Résultat : beaucoup de gens consultent trop tard", insiste le cancérologue. Pourtant, si on détectait le cancer du poumon précocement, la chimiothérapie pourrait, dans certains cas, être évitée.

En outre, les fondateurs de l’application espèrent parvenir à une prise de conscience de la part des fumeurs. Des études menées à l’étranger ont démontré que la participation à ce genre de dépistage facilite l’arrêt du tabac. "En répondant au questionnaire régulièrement, les fumeurs prendront peut-être davantage conscience des risques auxquels ils s’exposent", partage Fabrice Denis au sein du journal l’Express.

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