Cancer du pancréas (pancréatique) : symptômes, espérance de vie, causes, traitement

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe cancer du pancréas, même s’il est rare est un cancer agressif. Il atteint surtout les hommes de plus de 50 ans, présentant des facteurs de risque. Le point sur son diagnostic, son traitement et son pronostic.

Définition

Le pancréas est une glande qui a des fonctions digestives. Elle mesure une quinzaine de centimètres et se loge dans l’hypochondre gauche, en profondeur et en arrière de l’estomac. Sa tête entoure le duodénum, correspondant au début de l’intestin grêle. Le pancréas a deux fonctions :

  • Une fonction exocrine (qualifie une glande qui sécrète ses produits à la surface de la peau ou par un canal) par sa sécrétion d’enzymes pancréatiques impliquées dans la digestion ;
  • une fonction endocrine (se dit des glandes à sécrétion interne, dont les produits sont déversés directement dans le sang) par la sécrétion d’insuline (hormone) et de glucagon (hormone) participant à la régulation de l’absorption du glucose (sucre) et donc à la glycémie.

Les tumeurs malignes du pancréas sont provoquées par la multiplication rapide de cellules anormales capables de disséminer dans d’autres organes. La plupart des tumeurs pancréatiques cancéreuses sont des adénocarcinomes, qui se développent aux dépends du pancréas exocrine, c’est-à-dire assurant les fonctions digestives. Il s’agit de plus de 90% des cas.

Les autres tumeurs du pancréas sont beaucoup plus rares. Il s’agit des tumeurs neuro-endocrines ou des cystadénocarcinomes et, encore plus rarement, des pancréatoblastomes, des tumeurs acineuses ou des oncocytomes malins.

Photo : adénocarcinome de la tête du pancréas visible par scanner

Photo : adénocarcinome de la tête du pancréas visible par scanner© Creative Commons

Crédit : MBq sur Wikipédia allemand — Travail personnel (Transféré de de.wikipedia à Commons.) © CC/Domaine public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:MBq_cystic-carcinoma-pancreas.jpg

Chiffres

Le cancer du pancréas est relativement peu fréquent  mais son incidence est en constante augmentation, sans qu’aucune raison ne soit clairement connue. Environ 9 000 nouveaux cas sont détectés annuellement en France. Les populations les plus touchées sont les hommes  de plus e 50 ans. La survie à 5 ans du cancer du pancréas est de 9% ce qui en fait l’un des cancers les plus agressifs et les plus difficiles à traiter.

Symptômes

Le cancer du pancréas reste longtemps asymptomatique, en raison de la localisation profonde de la glande, c’est pourquoi il est souvent découvert à un stade évolué, ce qui assombrit son pronostic.

Lorsqu’il provoque des symptômes, le cancer du pancréas se manifeste par :

  • Des douleurs abdominales persistantes de la partie supérieure médiane gauche de l'abdomen, pouvant irradier dans le dos.
  • Un ictère ou jaunisse : le teint et les yeux sont jaunes.
  • Des selles décolorées et des urines foncées si la tumeur comprime les voies biliaires.
  • Une diarrhée avec stéathorrée, c’est-à-dire des selles grasses.
  • Une sensation de ballonnement gastrique.
  • Des nausées et des vomissements.
  • Une perte de poids inexpliquée.
  • Un manque d’appétit.
  • Une fatigue importante et inhabituelle.
  • La découverte d’un diabète.
  • Une thrombose veineuse.
  • Une augmentation de volume du foie et/ou de la rate.

Causes           

Les causes du cancer du pancréas sont peu connues. On en connaît plutôt des facteurs de risque comme le tabac ou l’obésité.

Les pancréatites chroniques peuvent précéder un cancer du pancréas.             

Facteurs de risques et personnes à risque

Certains facteurs sont connus comme susceptibles d’augmenter le risque de cancer du pancréas. Les personnes à risque sont :

  • Les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer du pancréas.
  • Les sujets issus de familles ayant certaines pathologies comme la pancréatite chronique héréditaire, le cancer colorectal ou le cancer du sein héréditaire, le syndrome de Peutz-Jeghers ou le syndrome de naevus multiples familiaux.
  • Les personnes atteintes de diabète.
  • Les fumeurs qui font doubler leur risque d’avoir un cancer du pancréas.
  • Les obèses, qui ont une alimentation trop riches en graisses.
  • Les personnes alcooliques atteintes de pancréatites chroniques.
  • Les personnes exposées aux hydrocarbures aromatiques, aux insecticides organophosphorés et celles travaillant dans l’industrie pétro-chimique.

Le cancer du pancréas peut toutefois survenir sans qu’aucun de ces facteurs de risque ne soit présent.         

Qui, quand consulter ?

Si des symptômes susceptibles d’être ceux d’un cancer du pancréas apparaissent, surtout chez une personne à risque, il est nécessaire de consulter son médecin traitant qui va réaliser un bilan biologique et une échographie abdominale pour évaluer la possibilité d’un cancer. Au besoin, il pourra adresser le sujet à un gastro-entérologue qui une fois le diagnostic posé proposera une prise en charge par un oncologue et éventuellement un chirurgien.

Une équipe paramédicale constituée d’une diététicienne et de psychologues participera également à la prise en charge, ainsi qu’une assistante sociale si besoin.

Durée

Plutôt que de durée, on parle de pronostic (cf plus bas).

Contagion

Le cancer du pancréas n'est pas contagieux.

Examens et analyses

Le cancer du pancréas n’est pas toujours facile à détecter car le pancréas est un organe profond.  Les examens permettent de le repérer sont l’échographie abdominale et le scanner abdominal. Ces examens sont complétés par l’endoscopie des voies biliaires et pancréatiques qui peut permettre de visualiser la tumeur et, dans certains cas, d’en prélever un échantillon pour l’analyser.  Des marqueurs tumoraux sont également recherchés à l’aide d’une prise de sang. Il s’agit du CA19-9 qui est une protéine produite par les cellules cancéreuses du pancréas.

Cancer du pancréas : y-a-t-il un dépistage ?

Ma réponse de médecin généraliste :

"Il n’existe pas de méthode de dépistage réelle du cancer du pancréas, c’est pourquoi le moindre symptôme chez un sujet à risque de plus de 50 ans, doit déclencher des investigations, car plus la tumeur sera détectée et traitée précocement plus les chances de survie à 5 ans augmenteront."

Pronostic

Le pronostic du cancer du pancréas fait partie des plus sombre puisque sa survie à 5 ans n’excède pas 9%. Il dépend du stade de la tumeur, de sa rapidité d’évolution, de l’état du sujet et des maladies associées. Les possibilités thérapeutiques (de traitements) seront décidées en fonction de ces critères. La chirurgie n’est pas toujours possible quand l’état général est altéré et le recours à des traitements de confort est parfois nécessaire, ce qui réduit l’espérance de vie.

Les principaux facteurs réduisant l’espérance de vie au cours d’un cancer pancréatique sont :

  • L’altération de l'état général.
  • L'âge supérieur à 65 ans.
  • Une albuminémie basse qui est le marqueur d’une dénutrition importante.
  • Une qualité de vie altérée.
  • La présence de métastases au moment de la découverte de la tumeur.
  • La localisation hépatique des métastases.
  • Le nombre d’atteintes métastatiques.
  • Un taux sanguin élevé de CA 19-9

Cependant, selon le Docteur Béguier, radiothérapeute : "Les progrès de la chimiothérapie permettent d’espérer une survie plus prolongée."

Traitements

Plusieurs types de traitements sont possibles dans le cas d’un cancer du pancréas. Le choix du type de traitement sera fait en fonction de certains critères que sont l’état général du maladie, le stade évolutif de la tumeur, son agressivité, la présence ou non de métastases, son accessibilité chirurgicale et la présence d'autres maladies associées. La décision thérapeutique est réalisée au cours de réunions multi-disciplinaires auxquelles participent le gastro-entérologue, l’oncologue, le chirurgien digestif et le radiothérapeute. La décision est prise en accord avec la personne.

Image : coupe d'unfoie humain montrant plusieurs tumeurs (structures de couleurs claire) qui sont ici des métastases issues d'un cancer du pancréas

Image : coupe d'unfoie humain montrant plusieurs tumeurs (structures de couleurs claire) qui sont ici des métastases issues d'un cancer du pancréas© Creative Commons

Crédit : Haymanj — Photographie personnelle © CC/Domaine Public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Secondary_tumor_deposits_in_the_liver_from_a_primary_cancer_of_the_pancreas.jpg

La chirurgie

La chirurgie reste le traitement de choix du cancer du pancréas mais elle n’est pas toujours réalisable. Elle est réservée aux tumeurs non métastatiques, non étendue aux organes voisins ou aux gros vaisseaux. Dans ces derniers cas, la chirurgie s’avérerait trop risquée.

La chirurgie du pancréas est une intervention très lourde qui ne peut pas être proposée à tous les patients. La décision sera prise en concertation avec le médecin, le chirurgien et l’anesthésiste. Elle nécessite de retirer le pancréas partiellement ou totalement, et parfois certaines parties d’organes voisins.

Le type d'intervention est proposée en fonction de la localisation de la tumeur,(tête, corps ou queue du pancréas). Elle concerne  la partie du pancréas atteinte, ainsi que selon les cas, une partie de l'intestin grêle, de l'estomac, de la vésicule biliaire ou de la rate.

L’intervention la plus classique est la duodéno-pancréatectomie céphalique, encore appelée opération de Whipple. Au cours de cette intervention, le chirurgien retire la tête du pancréas, en contact avec le duodénum, le canal de Wirsung, une partie du duodénum, la vésicule biliaire et les ganglions lymphatiques.

En cas de  tumeur située dans la queue du pancréas, le chirurgien pratique une pancréatectomie distale en enlevant seulement la partie postérieure du pancréas et les ganglions.

La pancréatectomie totale consiste à retirer la totalité du pancréas, mais cette intervention est lourde de conséquence car elle entraîne insuffisance pancréatique et diabète.

D’autres gestes chirurgicaux peuvent être pratiqués en cas de compression des organes voisins par la tumeur. Si les voies biliaires sont comprimées, le chirurgien peut mettre en place une prothèse pour faciliter le passage de la bile. Si la tumeur comprime le duodénum, une dérivation de l’estomac directement vers l’intestin grêle peut être proposée.

Les suites opératoires sont souvent lourdes, suivies d’un séjour de quelques jours aux soins intensifs et alimentation parentérale, c’est-à-dire par voie intra-veineuse. La reprise de l’alimentation orale sera très progressive. Les glycémies seront surveillées de très près en raison du risque d’apparition d’un diabète.

La chimiothérapie

La chimiothérapie  consiste à administrer des médicaments anti-cancéreux par voie intra veineuse. Ces médicaments peuvent endommager aussi les cellules saines, c’est pourquoi leurs effets secondaires sont fréquents et lourds : nausées, vomissements, fatigue, perte d’appétit, chute des cheveux et risque augmenté d’infection bactériennes et virales.

La chimiothérapie peut être employée après la chirurgie pour consolider cette dernière ou lorsque la chirurgie n’est pas possible pour diminuer la taille de la tumeur et ralentir l’évolution du cancer.

La radiothérapie

La radiothérapie ne constitue pas un traitement de choix dans le cancer du pancréas. Elle peut être utilisée comme traitement adjuvant pour diminuer certains symptômes comme les douleurs abdominales. Elle expose le maladie à des effets secondaires comme des troubles digestifs, des nausées ou des diarrhées.

Les autres traitements

Il existe de nouveaux traitements qui donnent de bons espoirs pour soigner le cancer du pancréas. Il s’agit des thérapies ciblées. Leur objectif : aller inactiver les protéines qui se trouvent à la surface des cellules cancéreuses et qui permettent leur croissance.  Les résultats pour le cancer du pancréas ne sont pas encore satisfaisants, mais les recherches sont prometteuses. Les traitements anti PDL1, qui sont déjà utilisés pour le traitement du cancer du poumon ou du rein, sont à l’étude pour le traitement du cancer du pancréas. Ces molécules inactivent la protéine PDL1 qui permet au cancer de ne pas être reconnu par le système immunitaire du sujet et de se développer.

Le traitement de la douleur

Le cancer du pancréas est un cancer qui peut provoquer d’importantes douleurs lorsqu’il évolue. La prise en charge de la douleur est donc indispensable en complément du traitement principal. Les médicaments antalgiques peuvent aller du paracétamol à es antalgiques de pallier 4 comme les morphiniques

La prise en charge diététique

Le suivi diététique est indispensable au cours d’un traitement contre le cancer du pancréas, à la fois pour limiter les troubles digestifs et pour lutter contre la dénutrition fréquente au cours de cette maladie et qui assombrit le pronostic. Un traitement par complément d’enzymes pancréatiques et parfois d’insuline peut être nécessaire.

Le suivi du cancer du pancréas

Le suivi du cancer du pancréas dépend du stade de la maladie et du traitement qui a été entrepris. Des consultations régulières, associés à des bilans biologiques et des scanners sont nécessaires, ainsi que des dosages réguliers des marqueurs tumoraux. Un soutien psychologique du patient et de son entourage sont également d’une grande utilité.

Prévention

Il n’existe pas de moyen de prévention du cancer du pancréas. Cependant les mesures de base d’hygiène de vie peuvent en diminuer le risque :

  • Ne pas fumer.
  • Avoir une alimentation équilibrée, pauvre en graisses.
  • Avoir une activité physique régulière.

Sites d’informations et associations 

Des sites d’information sur le cancer du pancréas, ainsi que des forums d’entraide peuvent apporter un soutien aux patients et à leur entourage :