Mélanome : plus de risques d’en mourir après le décès du conjoint

Les personnes dont le conjoint est décédé ont plus de risques de mourir d’un mélanome, révèle une nouvelle étude. Le partenaire joue, en effet, un grand rôle dans la détection des premiers signes de ce cancer de la peau.

Nous le savions déjà, la solitude n’est guère bénéfique pour la santé. Une nouvelle étude vient de révéler que les personnes dont le conjoint est décédé sont moins susceptibles de recevoir un diagnostic de mélanome… Mais ont plus de risque d’en mourir ! Ces travaux ont été publiés le 3 mars dans le British Journal of Dermatology.

Les veufs ont 17 % plus de risque de mourir d’un mélanome

Des chercheurs ont analysé les données issues d’études démographiques menées au Royaume-Uni et au Danemark entre 1997 et 2017. Ils ont découvert que les personnes ayant perdu leur partenaire avaient 12 % moins de chance de recevoir un diagnostic de mélanome que les autres. En revanche, ils étaient 17 % plus susceptibles de mourir de cette forme particulièrement grave de cancer de la peau.

Plus précisément, ils ont enregistré 620 et 1 667 endeuillés diagnostiqués d’un mélanome respectivement au Royaume-Uni et au Danemark en 20 ans, contre 6 430 et 16 166 parmi les personnes toujours en couple.

Mais si les personnes endeuillées sont moins diagnostiquées, cela ne veut pas forcément dire qu’elles sont moins malades. C’est plutôt, généralement, parce que le diagnostic arrive plus tardivement. Ce qui explique d’ailleurs le plus fort taux de mortalité, face à ce cancer.

Cancer de la peau : des premiers signes souvent détectés par le partenaire

“De nombreux facteurs peuvent influencer la survie au mélanome. Nos travaux suggèrent qu’il peut prendre plus de temps à être décelé chez les personnes endeuillées, potentiellement parce que les partenaires jouent un rôle important dans la détection des premiers signes de cancer de la peau”, explique Angel Wong, auteur principal de l’étude et chercheur à la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Or, plus le dépistage se fait tard, plus il y a de risque que le cancer ait progressé à des stades supérieurs au moment du diagnostic. Il est alors plus agressif et plus difficile à traiter. Une détection et un traitement précoces sont essentiels pour améliorer la survie.

Des examens renforcés pour les personnes endeuillées

“Accompagner les personnes récemment endeuillées, notamment en leur montrant comment surveiller correctement leur peau, pourrait être vital pour la détection précoce du cancer de la peau, et ainsi améliorer la survie des patients”, ajoute le Dr Wong.

Les chercheurs ont donc proposé plusieurs pistes allant dans ce sens. Ils encouragent ainsi les proches et les soignants à examiner la peau des personnes ayant récemment perdu leur conjoint. Quant aux professionnels de santé, ils devraient abaisser le seuil établi pour pratiquer des examens renforcés.

Les personnes seules doivent surveiller leur peau plus attentivement

“Ceux qui n’ont pas de partenaire doivent surveiller attentivement leur peau, en particulier dans les zones difficiles d’accès tels que le dos, le cuir chevelu et les oreilles”, a commenté le Dr Walayat Hussain, de la British Association of Dermatologists, qui n’a pas participé à l’étude.

“Le cancer de la peau est une maladie particulièrement courante chez les personnes âgées, qui sont également plus susceptibles d’être veufs ou veuves. Cibler cette population lorsqu’on donne des conseils sur la meilleure façon de surveiller sa peau devrait donc être une priorité”.

Qu’est-ce qu’un mélanome et à quoi est-il dû ?

Le mélanome est une maladie des cellules de la peau, appelées mélanocytes, explique l’Institut National du Cancer sur son site. “Il se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie de façon anarchique pour former une lésion appelée tumeur maligne”. On en distingue quatre types :

  • le mélanome superficiel extensif ;
  • le mélanome de Dubreuilh ;
  • le mélanome nodulaire ;
  • le mélanome acrolentigineux.

Dans 70 à 80 % des cas, le mélanome cutané apparaît sur une peau saine. Le reste du temps, il est lié à la transformation maligne d’un nævus - également appelé “grain de beauté”.

Entre 1980 et 2012, le nombre de cancers de la peau a plus que triplé. Les mélanomes cutanés représentent 10 % d’entre eux, avec 15 404 nouveaux estimés en 2017, en France métropolitaine. Cette même année, 1 783 personnes en sont décédées.

Photo d'un mélanome sur la peau d'un patient

Photo d'un mélanome sur la peau d'un patient© Creative Commons

© CC - Auteur : inconnu - Licence : domaine public - Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Melanoma.jpg?uselang=fr

Comment reconnaître un mélanome cutané ?

Comme nous l’avons signalé plus haut, examiner sa peau régulièrement est essentiel pour détecter précocement un mélanome, et ainsi améliorer le pronostic. En effet, le taux de survie à 5 ans des patients au stade 1 est supérieur à 90 %.

Une fois par mois, vous pouvez pratiquer un auto-dépistage, grâce à la règle ABCDE. Il consiste à repérer sur votre peau les éventuels signes précoces d’un mélanome.

  • Asymétrie : la lésion est de forme asymétrique, ses deux moitiés ne collent pas ensemble.
  • Bordure : ses bords sont irréguliers, encochés, mal délimités.
  • Couleur : sa couleur est hétérogène.
  • Diamètre : son diamètre est généralement supérieur à 6 mm (environ celui d’un crayon).
  • Évolution : la lésion change d’aspect, de taille, de couleur ou d’épaisseur.

Si vous constatez une lésion qui correspond à plusieurs de ces critères, consultez votre médecin ou un dermatologue. Ce dernier effectuera des examens complémentaires qui pourront confirmer - ou infirmer - le diagnostic.

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mots-clés : Mélanome
Source(s):

The association between partner bereavement and melanoma: cohort studies in the U.K. and Denmark, BJD, 3 mars 2020. 

Le mélanome de la peau : points clés, Institut National du Cancer, 28 septembre 2016. 

La méthode ABCDE, Dermato-Info, 13 mars 2020. 

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