Cancer colorectal : deux plats pour le prévenir, proposés par l'oncologue

Publié par Céline Willefrand
le 14/10/2026
couple qui mange à table
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Photo d'illustration
Que ton alimentation soit ta première médecine ! C’est en tout cas vrai pour la prévention du risque de cancer colorectal. Mais que manger au juste ? La Dre Ravindhi Murphy, oncologue, dévoile deux plats protecteurs pour choyer son microbiote et prévenir le cancer colorectal.
 

Selon Santé publique France, 47 582 nouveaux cas de cancer colorectal ont été diagnostiqués en 2023, entraînant plus de 17 000 décès annuels. Ce cancer se positionne au deuxième rang des causes de mortalité par tumeur dans le pays. Et une alimentation adaptée permettrait d'éviter jusqu'à un tiers des diagnostics.

Cancer colorectal : le rôle protecteur de l'alimentation face à la maladie

Dans un entretien accordé le 12 octobre au quotidien britannique Daily Mail, la Dre Ravindhi Murphy rappelle l'impact direct du contenu de l'assiette sur l’ensemble du système digestif en général et sur le risque de cancer du côlon en particulier : « Ce que nous mangeons est primordial pour façonner le risque de cancer du côlon [...] Les recherches montrent de manière constante que notre microbiote – ces milliers de milliards de bactéries présentes dans nos intestins – joue un rôle clé soit pour nous protéger, soit pour favoriser la maladie ».

En effet, les micro-organismes intestinaux transforment les nutriments absorbés et fabriquent des composés protecteurs pour la paroi intestinale. À l'inverse, un déficit chronique en végétaux prive ces bactéries de carburant et expose l'intestin à des mécanismes inflammatoires répétés.

Prévention du cancer : quels sont les deux plats du soir recommandés par l'oncologue ?

Pour allier diversité végétale et apaisement digestif, la praticienne met en avant deux dîners simples. Le premier associe un pavé de saumon au beurre d'ail, citron et asperges rôties. Les acides gras oméga-3 apportés par le saumon atténuent l'inflammation intestinale, tandis que l'ail et les asperges fournissent des prébiotiques naturels qui nourrissent les souches bactériennes bénéfiques. Ce plat s'accompagne avantageusement de brocolis ou de patates douces. Selon la Dre Murphy, « si vous cuisinez à partir d'ingrédients bruts, vous avez beaucoup plus de chances d'obtenir suffisamment de fibres que si vous consommez des produits industriels emballés ».

La seconde option consiste en un curry de poulet au dahl de lentilles et riz complet. Les aiguillettes de volaille sont pochées dans du lait de coco infusé au curcuma, au gingembre et à l'ail, puis complétées d'épinards (ou de brocolis) et de lentilles corail, le tout servi avec un peu de riz complet. Une portion de dahl fournit 12 grammes de fibres, ce qui fait grimper le total de l'assiette à près de 20 grammes. « Le dahl est excellent car les lentilles regorgent de fibres. Ce repas est particulièrement favorable car il combine des fibres solubles (dans les lentilles) et des fibres insolubles dans le riz et les légumes », précise l'oncologue. Les premières alimentent la flore, tandis que les secondes accélèrent le transit intestinal.

Petit déjeuner et déjeuner : priorité aux fibres et aux probiotiques

L'équilibre intestinal se construit dès le réveil. La Dre Murphy suggère un bol de flocons d'avoine agrémenté de yaourt grec et de baies, ou deux tranches de pain complet tartinées de pur beurre de cacahuète et de rondelles de banane, totalisant 11 grammes de fibres dès le premier repas.

Au déjeuner, la spécialiste met en avant un toast complet aux graines surmonté d'œufs pochés, d'avocat et de kimchi, ce chou fermenté stimulant les acides gras protecteurs de la muqueuse. Un bol associant quinoa, pois chiches et légumes arrosés d'huile d'olive constitue une autre alternative efficace. Selon une étude parue dans Clinical Nutrition, les régimes à forte dominance végétale diminuent de 14 % le risque d'atteinte colorectale par rapport aux alimentation qui contiennent trop régulièrement de la viande.

Charcuterie, viande rouge et alcool : les facteurs avérés de risque

Si certains aliments protègent la muqueuse intestinale, d’autres au contraire l’abîment. Le Centre international de recherche sur le cancer classe les viandes transformées comme cancérogènes avérés : une consommation de 50 grammes de charcuterie par jour majore le risque de 18 %.

L'Anses et le Fonds mondial de recherche contre le cancer préconisent également de ne pas dépasser 500 grammes de viande rouge par semaine. Le fer héminique et les cuissons excessives favorisent la production de composés nocifs pour l'épithélium digestif. Enfin, la Dre Murphy rappelle la toxicité de l'alcool : chaque verre supplémentaire de 100 ml de vin par jour accroît le risque de 7 %.

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