Je crois que c’est la première fois que cela se produit dans l’histoire du cancer”, a déclaré le Dr Luis A. Diaz Jr. du Memorial Sloan Kettering Cancer Center. Avec d’autres confrères, il a publié un article dimanche dernier dans le New England Journal of Medicine pour révéler les résultats prometteurs d’un essai clinique mené sur 18 patients atteints d’un cancer colorectal. Ce type de cancer est assez fréquent, autant chez l’homme que chez la femme et représente “la deuxième cause de décès par cancer tous sexes confondus”, selon Santé publique France.

Vers un médicament universel pour traiter le cancer ?

Les 18 participants de l’étude avaient tous déjà subi des traitements antérieurs pour le cancer colorectal avant ce nouvel essai clinique, y compris la chimiothérapie et des chirurgies à risque, sans résultats significatifs.

Pendant six mois, les patients volontaires ont reçu une dose toutes les trois semaines de Dostarlimab, un médicament qui “démasque les cellules cancéreuses, permettant au système immunitaire de les identifier et de les détruire”, détaille le New York Times. Les résultats ont alors stupéfaits les scientifiques qui ne s’attendaient pas à autant d’efficacité. Un an après la fin de l’essai, plus aucune trace de cancer n’a été observée dans l’organisme des patients qui semblent tous être en rémission. Autre avantage non négligeable : très peu d’effets secondaires du médicament ont été observés.

Bien que l’essai clinique soit petit, il est source de grand espoir pour les chercheurs. Selon le Dr Diaz, ces résultats ne sont “que la pointe de l’iceberg”. Avec ses collègues, ils tentent de savoir si ce médicament peut être utile pour d’autres cancers. “Nous recrutons actuellement des patients atteints de cancers gastriques (estomac), de la prostate et du pancréas.”

Dostarlimab, un anticorps monoclonal déjà utilisé pour traiter certains cancers

Le Dostarlimab est un médicament d’immunothérapie déjà connu. “Ces médicaments ne fonctionnent pas en attaquant directement le cancer lui-même, mais font en sorte que le système immunitaire d’une personne fasse l’essentiel du travail”, explique à NPR la cancérologue Dr Hanna Sanoff de l’Université de Caroline du Nord. “Ce sont des traitements qui existent depuis longtemps pour le mélanome et d’autres cancers.”

En France, il est connu sous le nom de Jemperli. Il est indiqué dans le traitement du cancer de l’endomètre, récidivant ou avancé. Cependant, en novembre 2021, la Haute Autorité de Santé, avançait “l’absence de données comparatives robustes”, “le caractère très préliminaire des données d’efficacité disponibles”, et “une prise de risque plus importante que pour les médicaments dont l’efficacité est fondée”, et avait alors émis un avis défavorable à son remboursement par la Sécurité sociale. A 6 798 euros la dose (sur Internet), la plupart des mutuelles ne le remboursent pas non plus.

Sources

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2201445 

https://www.dailymail.co.uk/health/article-10890467/Doctors-left-shocked-clinical-trial-cancer-drug-cures-disease-participant.html 

https://www.npr.org/2022/06/06/1103372622/an-experimental-treatment-made-rectal-cancer-tumors-disappear-for-a-small-trial-

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3296883/fr/jemperli-500-mg-dostarlimab 

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancer-du-colon-rectum

mots-clés : Cancer
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