Cancer des testicules : symptômes, causes, diagnostic, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLa découverte d’une masse suspecte au niveau d’un testicule doit faire craindre la présence d’un cancer. Le cancer du testicule, plus souvent unilatéral, répond bien aux traitements et à un taux de guérison élevé, malgré un risque de stérilité ultérieure. Ce qu'il faut savoir de ce cancer masculin : symptômes, survie, traitements...

Définition

Le cancer du testicule peut être de plusieurs types. On distingue les séminomes et les tumeurs non séminomateuses. Les séminomes touchent plutôt l’homme plus âgé, tandis que les tumeurs non séminomateuses atteignent l’homme jeune. Ces tumeurs sont quasiment toujours unilatérales. Ce cancer est souvent découvert à l’occasion de la palpation du masse au niveau du testicule, ce qui permet de le diagnostiquer relativement tôt. De plus s réponse au traitement est bonne, ce qui lui confère un très bon taux de guérison. Le risque principal après un caner du testicule est la stérilité, d’autant qu’il s’agit souvent d’un cancer de l’homme jeune.           

Photo : séminome de 7.4 × 5.5-cm séminome (coupe après orchiectomie)

Photo : séminome de 7.4 × 5.5-cm séminome (coupe après orchiectomie)© Creative Commons

Crédit : Ed Uthman, MD. — https://www.flickr.com/photos/euthman/267781611/in/set-72057594114099781/ © CC/Domaine Public - Licence :https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Seminoma_of_the_Testis.jpg

Chiffres

Le cancer du testicule est un cancer relativement rare (un homme sur 2 000 en France) mais c’est le cancer le plus fréquent de l’homme jeune, entre l’adolescence et 45 ans. L’âge moyen du diagnostic du cancer du testicule est d'environ 37 ans. Cependant sont taux de mortalité est très faible puisqu’il est inférieur à 1%, car il répond très bien au traitement.

Le docteur Béguier précise, qu’"en France, son incidence est relativement stable".

Symptômes

Les principaux symptômes du cancer du testicule sont :

  • Une boule ou une masse perçue dans un testicule, à la palpation. La masse est indurée au toucher et indolore ;
  • une sensation de gêne ou de pesanteur dans le scrotum, avec parfois une augmentation de volume d’un testicule;
  • l’apparition de liquide dans les bourses, prédominant d’un côté;
  • une douleur dans les bourses, mais ce signe est plus rare car le cancer n’entraîne généralement pas de douleur ;
  • un gonflement et une sensibilité au niveau des seins peut être observé mais reste exceptionnel ;
  • une infertilité, avec la découverte du cancer lors du bilan d’infertilité ;
  • la palpation de ganglions persistant s au niveau de l’aine.                         

Causes

Il n’existe pas de réelle cause de cancer du testicule mais plutôt des facteurs de risque. On sait que le cancer du testicule n’est pas d’origine sexuelle et ne constitue pas une maladie sexuellement transmissible.

Certains polluants chimiques perturbateurs endocriniens sont suspectés d’être responsable de la survenue de cancers du testicule.                                               

Facteurs de risques

Les facteurs de risque de développer un cancer du testicule sont les suivants :

  • la cryptorchidie : celle-ci correspond à la stagnation du testicule dans l’abdomen au lieu de descendre dans les bourses. Celle-ci est détectée dans l’enfance et une intervention chirurgicale simple permet de mettre le testicule en bonne place. La cryptorchidie multiplie par 35 le risque de développer un cancer du testicule, malgré l’intervention dans l’enfance ;
  • l’atrophie testiculaire : un testicule diminué de taille, après une infection comme les oreillons par exemple, augmente le risque de cancer du testicule ;
  • un traumatisme du testicule ;
  • la séropositivité (VIH) constitue un risque plus élevé de cancer du testicule ;
  • un antécédent de cancer du testicule d’un côté augmente le risque d’en avoir un de l’autre côté. C’est pourquoi la palpation de dépistage est fondamentale dans ces cas ;
  • Un antécédent familial de cancer du testicule chez le père ou chez un frère.           

Personnes à risque

Les personnes les plus à risque de cancer du testicule sont des hommes jeunes ayant un antécédent de cryptorchidie, opérée ou non et, ayant déjà eu un cancer du testicule ou ayant un antécédent familial direct de cancer du testicule. Chez ces individus, le dépistage par auto-palpation testiculaire régulière est fondamental pour dépister au plus tôt une masse sur un testicule.

Les autres sujets à risque sont ceux qui ont une activité professionnelle les exposant à des substances chimiques comme le benzène ou les hydrocarbures.

Au moindre doute et en présence de facteur de risque, il est conseillé de consulter son médecin traitant.

Comment autopalper correctement ses testicules ?

Mon conseil de médecin généraliste  : 

"L’auto-examen des testicules, pratiqué mensuellement permet aux hommes de dépister très tôt un cancer du testicule et ceci est encore plus important chez les hommes présentant des facteurs de risque. L’examen est plus facile après un bain ou une douche chaude car la peau du scrotum est détendue. Le sujet doit faire rouler le testicule entre le pouce et les autres doigts à la recherche d’une masse ou d’une irrégularité. En faisant régulièrement ce geste, il se familiarise et peut détecter les différences éventuelles entre chaque auto-palpation."

Durée

Le cancer du testicule répond très bien aux traitements et son taux de guérison et de survie est très bon. Le pronostic varie selon le stade et l’extension du cancer du testicule. La précocité du diagnostic du cancer du testicule améliore considérablement le pronostic, ce qui conforte encore l’intérêt de pratiquer régulièrement l’autopalpation, notamment chez les sujets à risque.

Contagion

Le cancer du testicule n'est pas contagieux.

Qui, quand consulter ?

Lorsqu’une anomalie est constatée au niveau d’un testicule (masse palpable, gonflement, rougeur, douleur), une consultation chez le médecin traitant s’impose. Il pratiquera un examen clinique complet à la recherche de ganglions dans l’aine ou d’une fièvre, et programmera les examens complémentaires nécessaires, comme une échographie qui permettra de visualiser l’allure de la masse palpée.                                                

Examens et analyses

Lorsqu’une masse est perçue au niveau d’un testicule, des examens complémentaires s’imposent pour d’abord en définir le caractère cancéreux ou non et si oui, réaliser un bilan d’extension dans le but de proposer un traitement optimal au patient.

L’échographie

L’échographie scrotale ou testiculaire est le premier examen de référence à pratiquer en cas de doute sur un cancer du testicule. La sonde d’échographie est placée directement sur le scrotum et cette technique par ultra-sons permet de voir si la masse est évocatrice d’une tumeur cancéreuse et d’évaluer sa taille. Cet examen est simple, rapide et indolore.

Le dosage des marqueurs du cancer du testicule

En cas de forte suspicion de cancer du testicule après la réalisation de l’échographie scrotale, un dosage de marqueurs tumoraux permet d’orienter le diagnostic. Il existe trois bio-marqueurs du cancer du testicule : l’alpha-foeto-protéine, l’HCG, et les LDH. L’augmentation des ces marqueurs dans le sang ne signe pas la présence d’un cancer mais, associés à une masse douteuse à l’échographie, ils vont constituer un faisceau d’arguments pour s’orienter vers une chirurgie d’ablation testiculaire.

L’examen anatomopathologique

Après l’ablation chirurgicale du testicule, les cellules de la tumeur seront analysées par un médecin anatomo-pathologiste, qui va confirmer le diagnostic de cancer et en préciser le type. Il peut également observer les ganglions qui ont pu être enlevés au cours de l’intervention afin de savoir si le cancer s’est étendu jusqu’à eux ou non.

Le scanner et l’IRM

Le scanner et /ou l’IRM thoracique et abdominopelviens est pratiqué à la recherche de métastases à distance (pulmonaire ou hépatiques) et de ganglions augmentés de volume. Ces examens font partie du bilan d’extension une fois le diagnostic de cancer du testicule confirmé.

Les critères permettant d’établir un pronostic relativement précis sont :

  • les antécédents du sujet ;
  • le type de cancer du testicule ;
  • le stade du cancer du testicule ;
  • l’extension régionale et /ou à distance du cancer du testicule ;
  • les traitements utilisés ;
  • la réponse du cancer au traitement.

Lorsque le cancer reste localisé au testicule, la survie à 5 ans avoisine les 99%.

Lorsque le caner est locorégional, c’est-à-dire qu’il s’est étendu aux ganglions abdominaux, en arrière du péritoine, la survie à 5 ans est de 96%.

En revanche, si le cancer s’est étendu par des métastases à distance, notamment aux poumons, la survie à 5 ans diminue à 73%, ce qui reste cependant un bon taux de guérison pour un cancer métastatique.                                                 

Traitements

Le choix du traitement du cancer du testicule dépend du type de la tumeur, de son évolution, de son extension, de l’âge et de l’état général du maladie. Ce cancer touchant préférentiellement l’homme jeun, l’état général est souvent bon, ce qui permet d’élargir le choix des traitements et d’augmenter ainsi les chances de survie.

Chirurgie

L’ablation du testicule, ou orchidectomie, est souvent le premier geste proposé en cas de cancer du testicule. Elle peut être accompagnée d’un curage des chaines ganglionnaires adjacentes. Ce traitement est bien souvent suffisant pour obtenir la guérison. L’ablation d’un testicule ne provoque normalement pas de dysfonction érectile et la mise en place d’une prothèse testiculaire est souvent proposée pour les aspects esthétiques et psychologiques.  La préservation du sperme est toujours associée à la chirurgie, au cas où une chimiothérapie ou une radiothérapie complémentaires soient nécessaires et en raison du risque de développement d’un cancer sur l’autre testicule, même si un testicule unique permet tout aussi bien d’avoir des enfants.

Radiothérapie

La radiothérapie peut être proposée en complément après la chirurgie pour prévenir la dissémination cellules cancéreuses aux ganglions de l’abdomen. La radiothérapie est efficace sur les séminomes qui sont des tumeurs dites radio-sensibles. La radiothérapie peut laisser des séquelles comme une infertilité. Elle ne provoque normalement pas de dysfonction érectile.

Chimiothérapie

La chimiothérapie peut être proposée en complément de la chirurgie pour consolider le traitement et éviter la dissémination des cellules cancéreuses à distance. Elle a surtout un rôle de prévention. Les effets secondaires de la chimiothérapie sont nombreux et lourds : nausées, fatigue, perte d’appétit et de poids, chute des cheveux, infertilité et risque élevé d’infections récurrentes.

Autoconservation du sperme

L’autoconservation du sperme est systématiquement proposée au patient atteint d’un cancer du testicule, compte tenu du risque d’infertilité lié aux traitements, notamment en cas de radiothérapie pelvienne et/ou de chimiothérapie, et au risque de cancer sur le deuxième testicule. L’ablation d’un testicule n’empêche pas la reproduction mais la conservation du sperme, pendant plusieurs années assure au sujet d’avoir des spermatozoïdes de bonne qualité en cas de désir d’enfant.

Graphique : nombre d'enfants par classe d'âge, faits par des patients ayant déclaré (orange) un cancer des testicule, comparé au nombre d'enfants de cas témoins n'ayant pas déclaré ce cancer (en jaune), au Danemark, pour 514 hommes ayant un cancer et 720 cas-témoins

Graphique : nombre d'enfants par classe d'âge, faits par des patients ayant déclaré (orange) un cancer des testicule, comparé au nombre d'enfants de cas témoins n'ayant pas déclaré ce cancer (en jaune), au Danemark, pour 514 hommes ayant un cancer et 720 cas-témoins© Creative Commons

Crédit : Lamiot — Travail personnel © CC/Domaine Public - Licence : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Cancer_testicules_fertilit%C3%A9.jpg

Autres traitements

Le cancer du testicule n’est pas un cancer très douloureux, mais en cas d’extension à distance, la prise en charge de la douleur peut-être nécessaire. Enfin, un soutien psychologique peut être proposé, pour aborder, notamment, les questions de la fertilité et de la sexualité.

Surveillance

La surveillance après traitement d’un cancer du testicule doit être rapprochée et durer plusieurs années en raison du risque de récidive contro-latérale ou de dissémination, même si le taux de guérison de ce cancer est très élevé. Celle-ci comporte des examens radiologiques et des bilans sanguins réguliers.

Prévention

Il n’existe pas de cause définie de cancer du testicule mais la connaissance des facteurs de risque permet, chez certains sujets, de prévenir le cancer en pratiquant une auto-palpation régulière. Les hommes présentant des antécédents de cryptorchidie, d’atrophie testiculaire, de séropositivité VIH ou de cancer du testicule personnel ou familial doivent pratiquer l’auto-palpation des testicules tous les mois et consulter leur médecin traitant au moindre doute. Plus le cancer sera découvert rapidement, plus les chances de guérison seront importantes. 

Sites d’informations et associations

Des sites d’intérêt et d’informations sur le cancer du testicule sont consultables sur internet :

  • le site de la ligue nationale contre le cancer ;
  • le site « Jeunes solidarité cancer » : ce site propose des forums pour les jeunes atteints d’un cancer ainsi que des activités leur permettant de sortir de leur isolement de jeunes malades ;
  • le site des CECOS (centres d'études et de conservation des œufs et du sperme humains). Le site donne des informations sur la conservation du sperme avant un traitement pour un cancer et un annuaire des centres par région ;
  • le site Orphanet, portail des maladies rares, pour les cancers rares du testicule
  • le site de l’association France Lymphome Espoir, pour les lymphomes testiculaires ;
  • le site d’information sur les sarcomes : pour les sarcomes testiculaires.