Cancer : 7 femmes d’une même famille se font retirer les ovaires... pour rien !

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C’est une histoire qui fait froid dans le dos. Suite à des tests, sept femmes d’une même famille ont subi diverses chirurgies pour réduire leurs risques de cancer. Or, elles n’en avaient point besoin.

Les erreurs médicales peuvent s’avérer dramatiques. Dernièrement, sept femmes issues de la même famille en on fait les frais.

Des tests qui se sont révélés faux

"J'ai traité mes résultats de test comme la Bible", a déclaré Katy Mathes, une enseignante de l'école primaire du Colorado âgée de 37 ans au Wall Street Journal. "Il n'y avait pour moi aucun doute sur le rapport."

Les résultats de ces tests, réalisés dans les années 1990, montraient que la jeune femme avait 84 % de risque d’attraper le cancer du sein en vieillissant. À titre de comparaison, le risque pour la population de cet âge est d'environ 7,3 %.

Katy Mathes, sa sœur cadette, sa mère et quatre autres filles de la famille ont donc été opérées afin d'éviter toute forme de cancer. Elles ont subi "une ovariectomie", c’est-à-dire une ablation d'un ou deux ovaires.

Photo d'un cancer de l'ovaire :

Photo d'un cancer de l'ovaire :© Creative Commons

Auteur : Nephron. 25 juillet 2009. CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/deed.en.

Katy Mathes et sa sœur ont également subi une double mastectomie.

Mais, en 2019, tout bascule. La famille apprend que les résultats des tests “Myriad Genetics” se sont avérés mensongers.

La société a reclassé la variante génétique de la famille (le gène BRCA) de "pathogène" à "inconnue". Autrement dit – les risques liés à ce gène sont quasi nuls.

La victime, Katy Mathes, a été particulièrement choquée par cette révélation.

Une erreur médicale reconnue par la société

La société à l’origine de ce test, basée à Salt Lake City, a déclaré qu'elle reconnaissait cette erreur.

“Ce sont des situations très difficiles”, admet Susan Manley, vice-présidente principale des services médicaux chez Myriad. “C’est pourquoi nous essayons d’effectuer ces reclassements très soigneusement, car la science évolue.”

L’entreprise de diagnostic moléculaire a déclaré que le changement d'une classification de nocif à incertain "est un événement rare".

La victime a déclaré dans la presse qu'elle avait récemment apprise “que seulement 38 personnes dans la base de données de Myriad avaient un gène "d'une signification inconnue".

Cette mention est un problème pour les laboratoires de test, car bien que le terme “inconnu” ne signifie pas “dangereux”, il reste toujours une part de risque.

À quel moment pratique-t-on une ovariectomie ?

Cette intervention peut être préconisée dans plusieurs cas :

  • Cancer de l’ovaire ;
  • Cancer de l’endomètre ;
  • Cancer du col de l’utérus ;
  • Dans certains types de cancer du sein (en particulier lorsqu’on soupçonne une tumeur d’origine génétique) ;
  • Lorsqu’on détecte des tumeurs bénignes mais que leur évolution est imprévisible ;
  • Pour certains kystes, en fonction de la taille (plus de 15 cm) et de l’âge de la patiente (si la patiente a plus de 45 ans, par exemple) ;
  • En cas d’infection caractérisée de l’ovaire ;
  • En cas de grossesse extra-utérine localisée près de l’ovaire ;
  • En cas de torsion de l’ovaire (cas rare).

Selon les cas, l’ovariectomie peut s’accompagner d’une ablation des trompes (annexectomie) et de l’utérus (hystérectomie).

L'opération peut entraîner une ménopause précoce (chez les femmes non ménopausées) : sueurs nocturnes, bouffées de chaleur, troubles de l’humeur, insomnie, prise de poids, baisse de la libido, sécheresse vaginale, troubles cutanés… Ce cortège de symptômes peut affecter plus ou moins intensément la vie des patientes après une ovariectomie, a fortiori si elles sont jeunes.

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mots-clés : Cancer