Calculs rénaux ou colique néphrétique : quelle eau minérale choisir ?
La colique néphrétique touche près de 10 % de la population française au cours de l'existence, avec un risque de récidive estimé à 50 % dans les dix ans en l'absence de mesures préventives. Selon les recommandations du Comité Lithiase de l'Association française d'urologie (AFU), plus de 70 % des calculs analysés sont composés d'oxalate de calcium, une hausse directement liée à l'évolution de l'alimentation moderne. Et cela concerne aussi l’eau.
Étiquette des bouteilles : quels repères sur l’étiquette ?
Le résidu à sec à 180°C indique la quantité totale de minéraux recueillie après évaporation complète d'un litre d'eau. Cette valeur permet de repérer facilement les eaux très faiblement minéralisées (moins de 50 mg/l), les eaux faiblement minéralisées (entre 50 et 500 mg/l) et les profils très riches en sels minéraux (au-delà de 1 500 mg/l).
L'examen attentif du calcium permet d'identifier les eaux pauvres en cet élément (moins de 150 mg/l) et les sources très concentrées (plus de 400 mg/l). La présence de bicarbonates module l'acidité de l'environnement urinaire, tandis que le sodium exige une vigilance particulière : une surconsommation de sel amplifie la fuite de calcium dans les urines, ce qui favorise l'agrégation des cristaux.
Calcium et oxalates : à ajuster selon votre alimentation
Supprimer complètement le calcium est une erreur diététique fréquente. L'AFU rappelle qu'un adulte sujet aux lithiases doit maintenir un apport de 800 à 1 000 mg de calcium par jour. Une étude publiée dans The New England Journal of Medicine a démontré qu'un régime sans calcium majore l'absorption intestinale des oxalates libres, augmentant paradoxalement le risque de récidive.
Si vous consommez régulièrement deux à trois produits laitiers par jour, privilégiez des eaux peu calciques comme Volvic, Mont Roucous ou Evian. En revanche, en cas d'intolérance au lactose ou de régime végétalien, des eaux riches en calcium comme Hépar, Courmayeur ou Contrex assurent une couverture optimale des besoins sans nécessiter de suppléments pharmaceutiques.
Bicarbonates et équilibre acido-basique : les effets sur l'acidité urinaire
Les bicarbonates contribuent à élever le pH urinaire vers une zone neutre située entre 6,5 et 7. Cette action stimule l'excrétion de citrate, un inhibiteur naturel du développement cristallin. Des eaux gazeuses comme Vichy Célestins ou Saint-Yorre sont ainsi préconisées lors d'urines très acides (pH inférieur à 5,5) ou d'antécédents de calculs d'acide urique.
Une alcalinisation trop forte comporte cependant des effets indésirables. Un pH urinaire durablement supérieur à 7 favorise la précipitation de phosphate de calcium, créant un autre type de calcul. En raison de leur apport sodique notable, ces eaux gazeuses ne doivent pas devenir une boisson exclusive et doivent alterner avec une eau plate.
Eaux quotidiennes et eaux d'appoint : quelles bouteilles privilégier ?
Le socle de votre hydratation quotidienne doit reposer sur des eaux plates à faible résidu sec, comme Mont Roucous, Cristaline ou Volvic. Ce volume de base permet de diluer efficacement les urines tout au long de la journée sans surcharger les fonctions rénales.
Les eaux plus minéralisées s'emploient en appoint : un à deux verres de Saint-Yorre corrigent une acidité passagère, tandis qu'une eau magnésienne comme Rozana aide à freiner la formation des cristaux oxalo-calciques. Évitez de consommer exclusivement des eaux hyperminéralisées sans avis médical, un bilan métabolique et une analyse plus poussée du calcul restent indispensables pour personnaliser vos apports.
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- Borghi, L., Schianchi, T., Meschi, T., Guerra, A., Allegri, F., Maggiore, U., & Novarini, A. Comparison of two diets for the prevention of recurrent stones in idiopathic hypercalciuria. The New England Journal of Medicine, volume 346, numéro 2, pages 77-84, 10 janvier 2002. DOI : 10.1056/NEJMoa010369.
- Hubert, J., Hubert, C., Jungers, P., Daudon, M., & Hartemann, P. Eaux de boisson et lithiase calcique urinaire idiopathique. Quelles eaux de boisson et quelle cure de diurèse ? Progrès en Urologie, volume 12, numéro 4, pages 692-699, septembre 2002.
- Carpentier, X., Bazin, D., Combes, C., Traxer, O., & Daudon, M. Recommandations du Comité Lithiase de l'AFU : prise en charge médicale des calculs urinaires. Progrès en Urologie, volume 32, numéro 16, pages 1059-1075, décembre 2022. DOI : 10.1016/j.purol.2022.09.003.