AVC : le venin d’une araignée mortelle aiderait à réduire les lésions cérébrales

Publié le 03 Avril 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Un médicament élaboré à partir du venin d’une mygale australienne pourrait éviter aux victimes d’accidents vasculaires cérébraux de souffrir de lésions trop importantes. 
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L’araignée australienne dite “à toile-entonnoir” (famille des Atracinae) est l’une des plus dangereuses du monde. Une simple morsure suffirait à tuer un humain en seulement 15 minutes, le poison s’attaquant directement à son système nerveux. Pourtant, des scientifiques ont découvert que son venin aurait aussi des propriétés bénéfiques. Il pourrait, en effet, être utilisé dans la confection d’un médicament pour prévenir les lésions cérébrales après un AVC.

Une peptide issue du venin protègerait le tissu cérébral

Cet usage serait possible grâce à la découverte d’une peptide dans le venin de cette mygale, par le Professeur Glenn King et son équipe de l’Université de Queensland. Connue sous la formule Hi1a, cette peptide bloque les récepteurs ASIC du système nerveux, qui jouent un rôle déterminant dans l’apparition de lésions cérébrales après une attaque.

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“Lorsque vous subissez un accident vasculaire cérébral, l’oxygène n’irrigue plus certaines parties du cerveau. Ce dernier change donc sa manière de s’alimenter, ce qui entraîne une acidose lactique : le cerveau devient alors plus acide”, explique le chercheur. “Le venin d’araignée permet de couper une liaison ionique spécifique du cerveau, qui déclenche habituellement la mort de nombreuses cellules suite à un AVC”.

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Les lésions cérébrales pourraient être réduites de 80 %

Le chercheur précise que si ce remède ne permet pas de ranimer des neurones déjà morts, il peut tout de même être administré jusqu’à huit heures après une attaque cérébrale, et protéger le cerveau de manière efficace, avec des lésions cérébrales réduites de 65 %. Ce chiffre monte à 80 % lorsque la peptide a été donnée deux heures après l’AVC. Les études précliniques ont aussi montré qu’une seule dose de Hi1a suffirait à protéger le tissu cérébral et à améliorer de manière significative les performances neurologiques des patients.

Le Professeur Glenn King rappelle que “60 % des victimes d’accidents vasculaires cérébraux arrivent aux urgences plus de deux heures après l’attaque”, ce qui rend ce médicament particulièrement prometteur, notamment pour les habitants des zones rurales. L’équipe de chercheurs vient donc de lancer une campagne de financements visant à accélérer le développement du remède.

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